A t’on encore besoin d’animateurs ?

C’est la question que l’on peut se poser à la lecture des différentes maquettes financières proposées par le gouvernement à la négociation, tant en ce qui concerne les futurs Contrats de Projets Etats Régions pour que la mise en oeuvre des prochaines programmations des fonds structurels européens.

Depuis, plusieurs semaines, l’Unadel se mobilise avec ses adhérents en région, ses partenaires nationaux pour que cette question ne soit pas évacuée, sous couvert de restrictions budgétaires, de priorisations compétivives, de dérives équipementières. L’on nous rassure, de temps en temps, en nous écrivant que le soutien à l’ingénierie territoriale est explicitement prévu dans le cadre de telle mesurette, qu’elle est souhaitable, pertinente, efficiente. Mais, si gouverner c’est choisir, les choix budgétaires faits interrogent.

C’est pourquoi nous nous remettons en ordre de bataille pour sauver ce qui peut encore l’être. C’est le sens du texte d’analyse que vous trouverez dans les dossiers en dessous de cet éditorial. C’est aussi pour cela qu’une tribune sera publiée dans l’hebdomadaire, La Gazette des Communes, la semaine prochaine.

Nous pouvons témoigner que, sur les vingt dernières années, les territoires qui se sont développés ont été ceux qui ont été animés. Tout comme, les territoires les plus en difficulté sont ceux qui ont été "suréquipés". Pourtant, on sacrifie les uns au proft des autres. Etrange conception de l’évaluation des politiques publiques, surprenant usage des capitalisations de bonnes pratiques.

Pour être politiquement corrects, nous parlons d’investir sur l’ingénierie territoriale. Cela fait sérieux, compétent, efficace. Mais nous savons bien, finalement, que les territoires ont plus besoin de génie que d’ingénieur, de supplément d’âme plus que d’équipements dits structurants. L’animation n’est pas une grossièreté, même si l’on a le plus grand mal à le faire entendre !