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Journées des Territoires – 26 & 27 novembre à Paris

 

Nous sommes heureux d’avoir partagé avec vous deux journées de rencontres et d’échanges pour construire les territoires urbains et ruraux de demain !!

Un grand merci aux participantes et participants, ainsi qu’aux personnes qui sont intervenu en témoignant ou animant un atelier.

Vous trouverez ici les éléments constituants le dossier de participation :

Retrouvez aussi dans le programme ci-dessous les différents éléments de synthèse disponibles à ce jour (en orange !) et quelques photos. Plus d’éléments arriveront en début d’année.


26 Novembre :

Rencontre des territoires

Ouverture

L’introduction de Claude Grivel, Président de l’Unadel

Les territoires se racontent : partageons nos expériences !

Présentation du Carrefour des Métiers par Philippe CARBASSE

Paper-bord de chaque des groupes à venir…

Ateliers de l’après-midi : récits d’expérience et leviers des transitions

La coopération entre collectivités, acteurs socio-économiques et partenaires institutionnels au cœur des transitions,

  • Animation : Mathilde VANDERUSTEN, CNFPT

  • Territoires : CC du Grand Figeac (Fausto ARAQUÉ), PTCE PHARES (Arthur LAUVERGNIER)

Présentation du PHARES / Présentation des Coopératives Éphémères de Jeunesse

 Le rôle primordial de l’animation territoriale : passer d’une ingénierie de programme à des réseaux d’animation,

  • Animation : Isabelle BIZOUARD, Cap Rural

  • Territoires : CC du Bocage Bourbonnais (Magalie DECERLE), Plaine Commune (Michel BOURGAIN)

Renouveler la gouvernance : quelles méthodologies ? Quelles postures des Élu·es ?

  • Animation : Séverine BELLINA

  • Territoires : CC des Crêtes Préardennaises (Jean-Marie OUDART et Nadia DJEMOUAI), CC du Val d’Ille – Aubigné (Claude JAOUEN)

Coproduire et co-investir : passer de la participation à l’implication citoyenne

  • Animation : Cécile DE BLIC, Experte associée à l’UNADEL

  • Territoires : Loos-en-Gohelle (Julian PERDRIGEAT), Conseil de développement PETR Albigeois et Bastides (François ETEVENON et Fanny MIRA)

Vidéo de présentation des Écoutes citoyennes du PTAB

Des démarches apprenantes : évaluer et adapter l’action en continu…

  • Animation : Vincent CHASSAGNE, Territoires Conseils

  • Territoires : Département de Gironde (Julie CHABAUD), Syndicat Canigo Grand Site (Emily GUNDER)

Transitions et dynamiques territoriales – Retour de Anne et Patrick BEAUVILLARD

Les enseignements de l’Institut des Territoires Coopératifs.

Table-ronde : Politiques publiques, engagements citoyens et transitions territoriales : quelles coopérations ?

Avec la participation de :

  • Jean-François CARON, Maire de Loos-en-Gohelle et Président du Cd2e (Création et Développement d’Eco-Entreprises)

Support utilisé – Code Source

Présentation Démonstrateur ADEME

  • Charles FOURNIER, 3e Vice-Président délégué à la Transition écologique et citoyenne et de la coopération, Région Centre – Val de Loire

Diapo Transition démocratique, transition écologique

Prezi Démocratie Permanente en Région Centre – Val de Loire

  • Eric LAJARGE, Directeur de Cabinet du Commissaire Général à l’Égalité des Territoires

  • Frédéric AUDRAS, Directeur de Territoires Conseils, représentant de la CDC

  • Vaia TUUHIA, Déléguée Générale de 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable)

  • Géraud GUIBERT, Président de la Fabrique Écologique

Animation : Claude GRIVEL, Président de l’UNADEL (Union Nationale des Acteurs du Développement Local)

Apéro convivial à l’association Espoir 18


27 Novembre :

Les transformations de l’ingénierie territoriale

Ateliers du matin :

Se former autrement

  • Animation : Sophie AOUIZERATE, Experte associée à l’UNADEL

  • Intervention Chantal TALLAND, Ecole de la Rénovation urbaine / Claudine PILTON « Formation- action : Institut de Management des pratiques locales » (ARADEL) / Elsa PIOU « Participation des personnes concernées dans les formations en travail social » (IRTS)

Renouveler les coopérations :

  • Animation : Guillaume DEJARDIN, Pôle Ressources Ville et Développement Social
  • Intervention : Anne et Patrick BEAUVILLARD (Institut des territoires coopératifs) / Françoise BERNON (Le LABO de l’ESS)

Le récit de territoire comme outil de mobilisation collective

  • Animation : Philippe CARBASSE, Carrefour des Métiers du développement territorial
  • Intervention : Julian PERDIGEAT (Loos en Gohelle) / Marc MONNERAYE (quartier des Hautes Bruyères à Villejuif, MDSL)

Vidéo de présentation de la Fabrique Commune du MDSL

Participation et initiatives citoyennes : Comment favoriser la coproduction des politiques publiques ?

  • Animation : Pierre Alain CARDONA, ARDL PACA
  • Intervention : Collectif Quartier de la Bottière à Nantes / Conseils citoyens Plaine commune (J. PICARD, accompagnant) / Conseillers citoyens membres du CNV

Faire évoluer les organisations : individus en transition dans des organisations en transitions ?

  • Animation : Pierre-Edouard MARTIN, IREV
  • Intervention : Louise GUILLOT (27ème Région)

Valoriser autrement les ressources individuelles et collectives des territoires

  • Animation : Cécile DE BLIC, Experte associée à l’UNADEL
  • Intervention : Bernard ARRU (Mauléon) / Agnès THOUVENOT (Villeurbanne)

Table-ronde : Renouveler les relations entre acteurs des territoires : vers une ingénierie de la coopération ?

Avec la participation de :

  • Laurent GRANDGUILLAUME (Président de l’association TZCLD)

  • Yannick BLANC (Président de la FONDA)

  • Elodie JULLIEN (Le RAMEAU)

  • Pierre-François BERNARD (CLUS’TER JURA)

Animation : Axel OTHELET, Citoyens et Territoires Grand Est

Ateliers de l’après-midi : Mettre en pratique de nouvelles méthodes, postures et compétences…

Prendre des décisions collectives

Intervention : Aurore BIMONT et Thomas SIMON, Système D (Démocratie Ouverte)

Favoriser la coproduction avec les habitant·es

Intervention : Sylvain ADAM, Alternative Pour des Projets Urbains Ici et à l’International (APPUII)

Renouveler l’animation de réunion

Intervention : Axel OTHELET, Citoyens et Territoires Grand Est

Atelier découverte de l’atlas relationnel

Intervention : Stéphanie CABANTOUS, Cités, Territoires, Gouvernance (CITEGO)

Aller vers les habitant·es

Intervention : Gabrielle BEYL, Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC)

Les postures professionnelles pour accompagner le changement

Intervention : Valérie DESCOMBES, Conseil et accompagnement et IRDSU

Diaporama utilisé

Table-ronde conclusive : Les métiers et pratiques du développement territorial en question : des pistes pour demain !

Introduction : Hélène HATZFELD, Chercheuse au LAVUE (Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement)

Avec la participation de :

  • Rainier HODDE, réseau SUD (ENSA)

  • Dominique BLIN, UNAFORIS

  • Khalid IDA-ALI, IRDSU

  • Claudine PILTON, ARADEL

  • Bernard ALIX, CNFPT

Animation : Philippe CARBASSE (Carrefour des Métiers du développement territorial)


Pour plus d’info, n’hésitez pas à nous contacter !

Philippe Carbasse : philippe.carbasse [at] laposte.net

Valérian Poyau : valerianpoyau [at] unadel.org

Jean Maillet : jeanmaillet [at] unadel.org

 

Des territoires en transition : expériences et enseignements des Écoutes territoriales

Depuis l’automne 2014, l’UNADEL conduit un travail d’enquête et de témoignages autour de démarches locales fondées sur des « objectifs de transition ». Ces “Écoutes territoriales”, menées en France métropolitaine, se construisent autour de temps de rencontre et d’entretiens avec les protagonistes de ces dynamiques (élues, techniciennes, associations, entrepreneureuses, citoyennes). Elles se sont poursuivies dans certains cas par des ateliers réflexifs conduits avec les territoires.

Ces Écoutes, selon la méthode développée par l’UNADEL et de Territoires Conseils, visent moins à comptabiliser des résultats qu’à appréhender et partager avec les interlocuteurs des territoires concernés les différents aspects de la gouvernance de la transition, son portage, son pilotage, son déploiement en direction des acteurs économiques et sociaux, son appropriation par les habitants…

La réflexion engagée dans chaque territoire, donne lieu à de nombreux échanges, à l’écriture d’une « fiche-reportage », puis à une « restitution miroir » sur les modes de faire et la conduite du changement.

Le mois de septembre a été marqué par la parution de notre nouvelle publication sur les Écoutes territoriales ! Vous pouvez consulter le document complet qui contient des fiches-reportages sur 11 territoires qui œuvrent chaque jour pour mener à bien les transitions appelées par les enjeux actuels. Une synthèse reprenant les enseignements essentiels de cette observation des territoires en transition est aussi disponible !

Le premier semestre 2018 a aussi été l’occasion pour l’Unadel et le PETR de l’Albigeois et des Bastides d’expérimenter de nouvelles façons de concevoir l’action publique avec les habitants lors d’une « Écoute citoyenne » réalisée dans le cadre de l’élaboration d’un PCAET. Plus d’infos par ici !

Les 26 et 27 novembre 2018, nous avons organisé des Journées des Territoires avec des représentantes des territoires écoutés, ainsi que des professionnelles du développement territorial en partenariat avec le Carrefour des Métiers autour du thème suivant :

Transitions et conduites coopératives du changement.

En 2018, de nouvelles Écoutes commencent, avec le soutien de Territoires Conseils ainsi que celui du CGET.

Les fiches-reportages des Écoutes réalisées en 2016 et 2017 sont accessibles :

Celles des réécoutes aussi :

Vous pouvez aussi retrouver les 9 premières écoutes réalisées en 2015, rassemblées en un seul document édité par la Caisse des Dépôts et Territoires Conseils en suivant ce lien.

Et individuellement pour chaque territoire :

Un document tirant les analyses et enseignements des écoutes de 2015 est également disponible ici.

Contacts : Valérian POYAU, chargé de mission Écoutes territoriales : valerianpoyau[at]unadel.org

Merci à nos partenaires :

        

Carrefour des Métiers – retour sur la journée de travail – 11 décembre

Le Carrefour des Métiers, porté par l’UNADEL et l’IRDSU avec le concours du CGET, a organisé le 11 décembre une journée de travail pour préparer son programme de travail 2018-20. L’occasion de travailler sur les nouveaux enjeux du développement local et la multiplication des initiatives citoyennes.

retrouvez tous les éléments de cette journée programmes, documents remis, propos introductifs, questionnements sur la page du site du Carrefour des Métiers.

TEPCV et CTE – l’actualité !

actualisé le 20 décembre….

une actualité plus souriante le rendu des 7èmes rencontres TEPOS à Figeac

sur Localtis, l’article sur l’avis du CESE sur le contrat de transition écologique que propose de manière expérimentale de gouvernement.

 le rapport du CESE sur la transition écologique

sur Localtis les précisions de Sébastien Lecornu qui apporte des assouplissements à la circulaire du mois de septembre et redonne des informations plus positives.

Et la réaction du CLER, qui anime le réseau TEPOS, sur les futurs contrat de transition écologique (CTE) annoncé pour 2018 sur une vingtaine de territoires expérimentaux.

***

Le Ministre d’Etat, Nicolas Hulot, en charge de la transition écologique, remet en question, en cette fin d’année, les crédits du programme TEPCV….

Cela cause beaucoup d’inquiétudes chez les élus locaux et les acteurs des projets engagés pour la croissance verte et le développement des énergies renouvelables….

Avec d’autres réseaux et associations, l’Unadel s’en fait l’écho auprès du gouvernement dans un un courrier au Ministre d’Etat Nicolas Hulot.

Découvrez également la réaction du CLER le réseau qui anime les territoires TEPOS et TEPCV ainsi que celle de la Fédération des Parcs naturels régionaux

(R)Appel de Carcassonne… 21 octobre .. vers un réseau régional en Occitanie

Le samedi 21 octobre dernier s’est déroulé, dans les locaux du conseil général de l’Aude, une rencontre d’acteurs du développement local en Occitanie.

Cette journée, baptisée le R-Appel de Carcassonne 21 octobre 2017 , s’est voulue un moment fondateur, 20 ans après la rencontre  “Térritoires d’Avenir” qui avait réuni plus de 1500 personnes en 1997, pour amorcer un travail de réseau dans la grande région entre militants et professionnels de développement.

Avec la volonté de se revoir rapidement autour d’une plate forme de travail et un support associatif.

Sortir d’une démocratie à la Ponce Pilate, par Abdenour Bidar

REGARD. Le philosophe, spécialiste de l’islam et des évolutions contemporaines de la vie spirituelle, appelle à une inversion du rapport entre le pouvoir et le peuple, “infantilisé” par le système actuel.

L’ObsPublié le 09 octobre 2016 à 17h08

“Pour réenchanter la société, le pouvoir doit être animé par l’ambition d’encourager, d’alimenter la capacité à faire des citoyens.” Cette phrase prononcée il y a quelques années par le socialiste Michel Dinet, promoteur de la décentralisation, devrait nous interpeller de manière particulièrement urgente.

L’indifférence, la défiance et le rejet qui s’expriment à l’égard de la classe politique démontrent que nous avons depuis trop longtemps oublié de nous poser ensemble ce type de question. Comme si le rôle des politiques continuait d’aller de soi. Or justement non, il ne va plus du tout de soi. Et c’est bien là que le bât blesse.

La campagne qui s’ouvre ne nous fait que des propositions aussi classiques que dépassées : la publicité d’un “homme providentiel” qui “rassemble”, et la litanie de ses promesses menton levé. On reste ainsi dans le schéma qui précisément ne fonctionne plus : un pouvoir qui montre la voie, ou qui est censé le faire, et un peuple qui suit.

Une démocratie à la Ponce Pilate : nous confions la responsabilité des affaires publiques à des chefs puis nous nous en lavons les mains. Nous votons comme on se débarrasse, pour nous dessaisir de questions censées nous dépasser. Le gouvernement berger guide et garde le troupeau de ses administrés.

Un système infantilisant

Combien de temps encore va-t-on supporter de rester dans cette enfance de la démocratie ? Dans ce système infantilisant qui maintient le peuple sous tutelle, qui maintient, en le transférant sur le plan politique laïque, le modèle religieux d’une caste d’”élus” tout-puissants capables d’ouvrir devant tous les autres la mer Rouge de l’intérêt général ?

Si cela ne nous convient plus du tout, c’est que nous sommes prêts en réalité pour tout autre chose, qu’il faut bien appeler un renversement démocratique. Non pas une révolution mais l’inversion du rapport qui a prévalu jusqu’ici entre le pouvoir et le peuple.

SONDAGE. Comment les Français veulent rénover la démocratie

Cela voudrait dire d’abord qu’à la place de la question habituelle adressée aux candidats : “Qu’allez-vous faire pour nous ?”, nous leur en posions cette fois une toute nouvelle : “Qu’allez-vous nous donner les moyens de faire ?” Allez-vous enfin faire appel à notre initiative et à notre intelligence citoyenne ? Allez-vous enfin mettre votre action au service de la nôtre ?

A ces questions, il ne suffira pas de répondre “oui bien sûr, c’est justement l’originalité de ma candidature” – comme le feront les plus opportunistes.

Un authentique pouvoir citoyen

Cela requiert de décentraliser l’exercice de la responsabilité politique jusqu’à la faire exister au quotidien à l’échelle la plus locale pour la totalité de la population.

Cela implique notamment de repenser complètement la place du travail productif dans notre existence sociale : faire en sorte, comme le préconisait Hannah Arendt, que chacun reçoive un salaire décent pour un temps de travail largement diminué qui lui laisse le loisir actif de participer réellement à la vie publique au sein d’associations, d’instances de délibération collectives investies d’une vraie fonction de décision.

Présidentielle : ces mouvements citoyens qui veulent s’inviter en 2017

Avons-nous d’autre choix désormais que de réclamer ces conditions d’un authentique pouvoir citoyen ? Il n’y a plus aucune lumière qui vienne d’en haut : les programmes sont d’autant plus pléthoriques qu’ils sont vides de toute vision.

Voilà pourquoi nous tous, citoyens de tous bords, devons saisir l’opportunité de cette grande année politique pour revendiquer que soit complètement revu le contrat de l’élection. Plutôt que de nous en laver les mains une fois de plus, une fois de trop ?

Abdennour Bidar

 

Visite dans les Crêtes pré Ardennaises

La CC des Crêtes pré Ardennaises, dont le siège est à Poix Terron entre Charleville-Mézières et Rethel, vient de fêter ses 20 ans.

Un âge de raison ? En tous cas le temps de faire le bilan de tout le travail accompli au service du développement du territoire.

Citoyens et Territoires Grand Est, l’ancien Carrefour des Pays Lorrains, avait choisi mardi 20 septembre d’y faire une visite avec quelques uns de ses adhérents. L’Unadel était du voyage.

Des échanges passionnants autour de deux projets, les éoliennes citoyennes, dont l’éolienne des enfants et le projet de centrale photovoltaïque du village de Signy l’Abbaye …

en avoir plus ?

http://www.cretespreardennaises.fr

Michel Rocard et l’émergence du pouvoir local.

FRA. Michel ROCARD, former Prime Minister.

La notoriété et la réputation des femmes et des hommes qui exercent ou ont exercé des responsabilités publiques dissimulent bien souvent toute la complexité de leur pensée et la richesse de leur action. C’est pourquoi, alors que Michel Rocard et Bertrand Schwartz ont tiré leur révérence cet été, j’ai souhaité que l’Unadel souligne leur apport à la vie des territoires et au mouvement du développement local.

Un premier texte commis par Georges Gontcharoff, rappelle comment Michel Rocard a pensé l’émergence de la décentralisation et favoriser la reconnaissance du développement local en animant des laboratoires d’idées à l’origine de la création de l’Unadel. L’innovation de la pensée a été telle qu’elle a rassemblé dans les territoires et jusqu’au sommet de l’Etat, des hommes et des femmes de bonne volonté, ben au-delà des étiquettes partisanes.

Un second texte rappellera prochainement ce que les politiques publiques en direction de la jeunesse et de l’insertion sociale et professionnelle dans les territoires doivent à Bertrand Schwartz, l’initiateur des missions locales.

La transmission permet de revisiter certains fondamentaux et de saluer au passage la mémoire des précurseurs.

Claude Grivel

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Michel Rocard et l’émergence du pouvoir local.

Michel Rocard vient de nous quitter et je ne suis pas sûr que les jeunes militants du développement local d’aujourd’hui mesurent exactement l’étendue de son apport à notre mouvement. J’ai été son compagnon de route dans de nombreuses circonstances et je voudrais évoquer brièvement ici trois moments qui me semblent particulièrement importants.

En 1959, une poignée d’élus, de hauts fonctionnaires « éclairés » et de militants locaux, dont j’étais, fondent l’Association pour la Démocratie et l’Éducation Locale et Sociale (ADELS) dont Michel Rocard est l’un des premiers présidents. Il anime alors, avec passion, un véritable laboratoire d’idées qui nous semblent aujourd’hui banales mais qui étaient alors très novatrices. Nous pensions que les 500 000 et quelques élus locaux d’alors étaient nettement sous-employés, infantilisés, brimés qu’ils étaient par une centralisation abusive, une tutelle préfectorale trop pesante et un système inflationniste de normes qui tournait à la folie. Il fallait donc responsabiliser les élus locaux en leur donnant plus de compétences, en leur faisant confiance, en libérant leur énergie créatrice. Ils devaient être à la fois des gestionnaires rigoureux et imaginatifs et des animateurs, des pédagogues de « sociétés locales », encourageant le développement d’une véritable citoyenneté locale, préalable à une démocratie participative vivante. Ils devaient donc être formés, informés et animés eux-mêmes par des réseaux stimulants. Pour être disponibles, les élus devaient renoncer au cumul des mandats. Michel Rocard s’engage avec force dans tous ces dossiers, qui dépassent l’utopie intellectuelle et deviennent concrets quand quelques villes commencent à appliquer ce modèle (Grenoble, La Roche-sur-Yon, Hérouville-Saint-Clair, Grande Synthe, Valence, Chambéry et quelques autres…). La revue « Correspondance Municipale » (devenue « Territoire ») dont je suis le rédacteur en chef, joue le rôle de diffuseur d’idées, d’animateur de débats et de raconteur d’expériences exemplaires. Michel Rocard, puis des « rocardiens », sont aussi derrière tout cela.

En 1960, plusieurs petits courants politiques s’unissent pour former le Parti Socialiste Unifié (PSU). Je suis membre du plus petit d’entre eux, « La Jeune République ». Michel Rocard y prend peu à peu des responsabilités croissantes et en devient le secrétaire général. Je fais partie de son bureau, de 1964 à 1971, et je le côtoie quasiment quotidiennement. C’est alors que j’expérimente la « méthode Rocard ». Nous discutons d’un sujet pendant des heures. Chacun a la parole autant qu’il le désire. Michel y veille scrupuleusement et oblige ceux qui restent muets à s’exprimer. Il prend force notes, se donne la parole de temps en temps pour souligner les convergences et les contradictions. Puis, fort tard dans la nuit, il fait une synthèse géniale de tout ce qui a été dit et propose une orientation qu’il fait voter. N’est ce pas comme cela qu’il a résolu l’épineux dossier de la Nouvelle Calédonie, lorsqu’il a été, bien plus tard, premier ministre ? C’est dans ce cadre collectif qu’a été élaboré, en 1966, le premier grand texte relatif à la décentralisation dans la France contemporaine, le rapport « Décoloniser la province », exposé par Michel Rocard dans le cadre des Rencontres socialistes de Grenoble (1). Il y développe un diagnostic impitoyable : la province est écrasée par Paris, économiquement, politiquement, culturellement. Il en résulte un Paris apoplectique et une province impotente. La deuxième partie ouvre des pistes d’action : comment, dans tous les domaines, assurer l’autonomie du développement régional. La troisième partie aligne des propositions précises, notamment sur le plan institutionnel, pour des socialistes qui prendraient le pouvoir central, et en effet c’est ce qu’ils feront avec les premières lois de décentralisation (1982). Il ne faut jamais oublier que la régionalisation a précédé, la décentralisation et lui a servi de moteur. Comme à l’ADELS, il s’agit de responsabiliser des élus locaux, d’établir un dialogue constructif avec toutes les forces vives de la région et notamment les forces économiques (les Conseils Économiques, Sociaux et Environnementaux régionaux –CESER), de mobiliser les citoyens autour d’élections régionales et d’un projet régional… On ne se rend pas compte aujourd’hui à quel point ces idées étaient nouvelles à l’époque et apportaient un dynamisme nouveau à une gauche engourdie qui était jusque là assez pauvre en idées nouvelles, pour ne pas dire complètement à court.

En 1982, la gauche est au pouvoir depuis un an. Un petit groupe de militants locaux et de militants du local, dont plusieurs administrateurs actuels de l’UNADEL et moi-même, pensent que le moment est venu de donner une dimension nationale au mouvement des pays qui se développe sur le terrain depuis 1965 et qui compte alors une centaine de territoires en développement. C’est dans ce cadre que nous organisons, en juin 1982, les États généraux des Pays à Macon. Ils rassemblent 700 élus, agents de développement et personnes-ressources des pays, venus de toute la France. Michel Rocard est alors ministre du Plan et de l’Aménagement du Territoire du gouvernement Mauroy. Je lui demande de conclure notre rencontre et je le vois plusieurs fois pour préparer son discours final (2). C’est un moment absolument crucial pour le développement territorial. L’État reconnaît, pour la première fois, la validité du mouvement « ascendant » et l’encourage. L’action locale est un contre-point incontournable au développement national. Quelques années tard Charles Pasqua et Dominique Voynet donneront un cadre institutionnel à cette reconnaissance. À l’Adels et au PSU, sous l’impulsion de Michel Rocard, nous avions déjà développé l’idée du « contre plan », dans l’esprit de la décentralisation. Les acteurs locaux bâtissent démocratiquement des projets de territoire dans lesquels ils expriment leur volonté et leurs choix et les négocient avec l’État central ou déconcentré. À Macon, Michel Rocard annonce une nouvelle planification : l’État construit son Plan national. Chacune des régions élabore son propre Plan régional. Les contrats de plan constatent et financent les actions convergentes et compatibles entre les deux niveaux. Un dialogue constructif et opérationnel est assuré entre le mouvement ascendant et le mouvement descendant. Attention, Michel Rocard, en haut fonctionnaire qu’il était, n’a jamais prôné la disparition de l’État, mais l’obligation pour celui-ci de passer des compromis avec les volontés locales exprimées dans des plans et des projets. C’est d’un État tout à fait nouveau dont il s’agit dans la pensée de Michel Rocard, toujours novatrice et en avance sur le reste de la classe politique. Les pays ont vécu, pendant de nombreuses années, sur les financements des « volets territoriaux » des contrats de plan État/ région, avant d’entrer dans la période d’incertitude actuelle. Nous devons notre reconnaissance légale et notre développement aux libertés ouvertes au local et aux mécanismes institutionnels dont Michel Rocard a été l’un des grands artisans.

Relisant les textes qui sont cités ici, j’éprouve une grande émotion d’ancien combattant et en même temps une reconnaissance amicale vis-à-vis de Michel Rocard qui nous a tant donné.

Georges GONTCHAROFF, 10 août 2016.

.     L’Institut Tribune Socialiste a réédité le rapport « Décoloniser la province », sous la forme d’un petit livre (Éditions TS/Bruno Leprince) 6 euros. J’y ai rédigé une post-face qui développe le contexte dans lequel ce texte a été élaboré.

  • La revue « Correspondance Municipale » a publié les Actes des États généraux de Macon et l’intégralité du discours final de Michel Rocard. (Supplément au numéro 231, d’octobre 1 982). C’est à la suite de cette rencontre qu’à été créée l’Association Nationale pour le Développement Local et les Pays (ANDLP), devenue, en 1992, l’UNADEL. J’ai assuré le secrétariat national de l’ANDLP, puis de l’UNADEL, de 1982 à 1997.