Retour sur les Rencontres de l’interrogation Démocratique de Kingersheim (2ème édition- mai 2019)

Le maire de Kingersheim, Joseph SPIEGEL est un compagnon de route de l’Unadel. C’est aussi un passionné du fonctionnement démocratique et des expériences qui font sens. Il parle souvent de son expérience locale de la démocratie d’implication. Pour la 2ème année consécutive, il accueille dans sa commune les Rencontres de l’interrogation Démocratique. Jean Maillet, Axel Othelet et Claude Grivel y étaient en 2018. Axel y est retourné cette année avec Citoyens et Territoires-Grand Est. Cora Klein, qui a connu l’Unadel par Odile-Alsace, a accepté de nous faire un petit retour après son passage à Kingersheim et nous propose de nous transformer en crapauds fous.

Un texte de Cora KLEIN

Ambiance chaleureuse et sentiment de communauté lors de la 2ème édition des Rencontres de l’Interrogation Démocratique organisées par la ville de Kingersheim en mai dernier.

On pourrait se dire pourquoi, encore et toujours, échanger sur la démocratie, la co-construction…

Quoi de neuf au final dans ces rencontres ? Paroles de participants : « nous étions enthousiastes à se redire ensemble que les expériences présentées nous font du bien parce qu’elles permettent de montrer que l’humanité, quand on ouvre ses portes, est en capacité de coconstruire, de collaborer ». Un vieux monsieur est revenu aux Rencontres, malgré une prise de parole qui laisse paraître une démotivation: « je voudrais m’excuser, dit-il, j’étais beaucoup engagé dans ma vie. Mais aujourd’hui je suis fatigué et j’ai du mal à y croire encore ».

Est-on dans un optimisme béat ? Non, bien entendu, s’appuyer sur le positif n’empêche en aucun cas de s’intéresser aux questions de fond et notamment la suivante :

Par quoi commencer ? Comment sensibiliser aux démarches collaboratives et de co-construction toute une frange de population non intéressée à priori et pourtant concernée par les défis de la planète ?

Des réponses partagées :

  • Partir des besoins réels des gens, une clé pour réussir à engager les habitants et l’expérience de Solucracy : http://www.solucracy.com/

  • Pour créer du bien commun : L’importance du trans… : transgénérationnel, transfrontières, transculture,… Ne pas hésiter dit Thanh Nghiem à créer des groupes improbables qui travaillent ensemble

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, cela se passe toujours ainsi », cette citation de Margaret Mead fait écho aux propos de Thanh Nghiem, co-fondatrice du mouvement des Crapauds fous, qui préconise la transformation sociale et écologique en partant des idées novatrices portées par des personnes à contre-courant. Elle était l’invitée phare lors des RID ce 10 mai à Kingersheim.

Ce nom des « crapauds fous » est une analogie qui s’appuie sur l’observation de ces batraciens dans leur environnement : lors de la saison des amours, ils vont dans l’eau pour se reproduire et traversent les routes. Certains de ces crapauds font bande à part : des originaux, des fous…, qui inventent de nouvelles voies, et qui sont souvent ceux qui, parce qu’ils ne meurent pas écrasés sur les routes, assurent la survie de l’espèce. Le « Crapaud fou » traduit l’idée que la survie d’une espèce donnée passe par un changement des comportements.

S’appuyant sur cette analogie dans la nature, l’association des « crapauds fous » invite au pas de côté, à penser autrement et à réhabiliter les utopies face aux 3 tsunamis planétaires qu’elle identifie et qui peuvent toucher (mobiliser) beaucoup de monde :

  • Le péril écologique 

  • Le péril démocratique face aux phénomènes de viralité des Fake news et des silos communautaires apparus avec les réseaux sociaux et qui menacent la démocratie. « Une fake new est 6 fois plus virale qu’une information orale : comment lutter contre ce fléau ? »

  • L’Intelligence artificielle susceptible d’échapper à tout contrôle. Les écrans sont partout comment se les réapproprier ?

Il est nécessaire de provoquer un déclic, une prise de conscience et donner des clés pour que chacun puisse devenir acteur de ce nouveau monde qui arrive. Aujourd’hui sur les territoires en France, des « cohortes » de gens s’emparent des problèmes locaux et cherchent des solutions différentes. « Il faut des groupes de fous qui disent que c’est possible ! » s’exclame Thanh Nghiem. https://crapaud-fou.org/

L’association des crapauds fous partage tout ce qui se fait selon cette idée : « Je sais quelque chose qui marche pour moi, pourquoi ne pas le partager avec les autres » : Copier pour faire boule de neige et rendre viral les choses positives ?

Un temps apprenant où les participants ont pu se questionner sur les ressources et les obstacles pour construire une démocratie de participation en partant de leur expérience sous la forme d’histoires apprenantes. Ils n’ont pas hésité à proposer des thèmes ou des projets à explorer ensemble en sous-groupes avec des méthodes du co-développement pour faciliter ce cheminement du « je » au « nous » sur les territoires. Voici quelques exemples de projets ou thèmes :

  • Préparer les élections de 2020 avec l’approche de participant

  • Comment faire reconnaître la vérité aux climato-septiques ?

  • Comment développer le pouvoir d’agir des personnes fragiles ?

  • Comment créer du lien à Kingersheim dans les endroits où cela manque ?

  • Comment un territoire peut-il se mobiliser avec les citoyens sur un projet climatique ?

  • Etc…

Il reste du chemin à parcourir : utopiste et un peu fou, pourquoi pas vous ?

NDLR : si comme Cora KLEIN, vous participez à un évènement, une rencontre, une action en région qui peut intéresser le réseau et les acteurs du développement local, n’hésitez pas à nous proposer vos notes…pour que nous puissions les diffuser dans notre newsletter. Vos analyses, vos contributions peuvent aussi intéresser le réseau.

Contrat de ruralité : entre annonces et réalité

Article paru dans la revue Transrural (n°474 de mai-juin 2019)

Claude Grivel, président de l’Union nationale des acteurs du développement local, revient sur le bilan de la mise en place des contrats de ruralité1.

“Le contenu des contrats dépend beaucoup de la capacité et de la volonté des hommes et des femmes de faire projet commun”

Dans quel contexte les contrats de ruralité ont-ils émergé ?

Claude Grivel : Il était une fois une ministre qui avait commandé il y a quelques années un rapport sur le thème de l’égalité des territoires2. Les ministres passent, les tiroirs gardent la mémoire des écrits et les fonctionnaires de quelques éléments de diagnostic, dont celui-ci : les politiques de l’État et de l’Europe servent d’abord les métropoles. La ruralité se sent abandonnée, voire maltraitée et réclame une politique dédiée. À un an des Présidentielles de 2017, le gouvernement décide d’agir et propose de signer avec les intercommunalités3 des contrats de ruralité pour programmer la réalisation d’actions dès 2017 et jusqu’en 2020, fin de la mandature municipale en cours, sans prévoir, au-delà des annonces, de financements spécifiquement dédiés.

Quel est leur sens général ?

C. G. : Qui dit contrat dit projection – comment se projeter dans un avenir désirable et avec quelles priorités ? – et engagement de l’État et du local sur des actions qui répondent à des objectifs communs. En filigrane, on retrouve la question de l’aménagement et du développement des territoires. L’enjeu est de sortir, par la contractualisation, des effets de clientélisme. C’est aussi un moyen pour l’État de cibler des priorités de financement selon quelques axes, en fléchant mieux ses dispositifs.

Quels sont ces axes et que permettent concrètement ces contrats ?

C. G. : L’État a proposé six axes d’investissement figurant dans une circulaire adressée par le Commissariat générale à l’égalité des territoires aux préfets : accès aux services et aux soins ; revitalisation des bourgs-centres ; attractivité du territoire ; mobilités ; transition écologique et cohésion sociale. D’où des projets de revitalisation de centres-bourgs, le soutien à la création de commerces multi-services ou de centrales photovoltaïques, l’adaptation de bâtiments publics aux normes d’accessibilité, le développement d’espaces de co-working ou l’aide à l’équipement numérique de zones d’activités. Peu de contrats comportent des actions sur la cohésion sociale et ils n’ont pas empêché la fermeture de certains services, comme des maternités…

Les intercommunalités se sont-elles engagées massivement ?

C. G. : 485 contrats de ruralité ont été signés, parfois avec des territoires qui contractualisaient pour la première fois. La question de la généralisation reste posée : on n’a jamais une proposition qui concerne tous les territoires. Ainsi, la contractualisation dépend beaucoup des relais locaux de l’État et de la capacité du territoire à se mobiliser dans un délai court avec des dossiers prêts à être engagés.

Existe-t-il une diversité de contenus dans les contrats de ruralité ?

C. G. : Quand les périmètres des territoires sont stabilisés, les projets de territoire solides et les moyens d’ingénierie conséquents, il a été plutôt facile de contractualiser. Quand la réorganisation territoriale a été subie [du fait de la loi NOTRe d’août 2015 notamment, ndlr], que le travail entre acteurs est difficile, le contrat devient alibi, une addition de dossiers et d’actions plutôt qu’une structuration de projet. La prégnance du calendrier électoral et les délais courts pour le paiement des actions à engager ont précipité la signature des contrats et le recyclage d’actions sorties des tiroirs. Dans un contexte national mouvant, les territoires qui ont des priorités stratégiques utilisent le contrat comme une opportunité. Le contenu des contrats dépend beaucoup de la capacité et de la volonté des hommes et des femmes de faire projet commun.

Les moyens engagés sont-ils importants ou suffisants ?

C. G. : Les financements classiques aux collectivités sont en diminution et l’État choisit de réorienter des lignes de crédits existantes et dédiées aux territoires vers les contrats de ruralité. Il n’y a donc pas eu de nouveaux fonds dédiés aux acteurs locaux. L’annonce d’enveloppes allouées, de l’ordre d’un million d’euros par contrat, puis par département, laissent finalement peu de latitude aux préfets et sous-préfets qui ont pris des engagements parfois prématurés. La réalité des chiffres est celle des fonds classiques disponibles dans l’année budgétaire, déterminés par la loi de finances. On est donc loin du compte. Quelle que soit la volonté de l’État d’accompagner, le territoire doit pouvoir mobiliser sa part d’autofinancement sur les projets, allant de 20 à 30 %. Et ce n’est pas toujours possible ! Avec un contrat signé, un dossier prêt, une subvention notifiée, rien ne se passe dans les deux ans qui suivent parce que la collectivité ne parvient pas à budgétiser sa contribution. Encore un décalage entre les annonces et la réalité.

Ces contrats sont-ils vecteurs de progrès social et les habitants y sont-ils associés ?

C. G. : Pour travailler sur un projet de territoire, il faut se demander comment améliorer la vie des gens, leur donner envie de se maintenir sur place, continuer à y habiter, y travailler, éduquer leurs enfants… Mais si les politiques publiques traitaient efficacement les problèmes des gens, cela se saurait. Faisons preuve de beaucoup d’humilité, méfions-nous des effets d’annonce et de l’arrogance qui entretiennent le sentiment de mépris. Le financement de quatre ou cinq projets sur un territoire d’une superficie énorme fait-il réellement naître chez les habitants un sentiment de vivre mieux ? Il faut pouvoir développer une culture de la chose publique et de la responsabilisation de chacun pour associer davantage les gens aux actions et aux politiques publiques.

Quelles pistes suivre pour améliorer une probable nouvelle génération de contrats ?

C. G. : D’abord investir dans l’ingénierie, c’est-à-dire la matière grise qui peut aider à construire une contractualisation de bon niveau avec des projets structurants. C’est un art de faire travailler ensemble les représentants de l’État, du Département, de la Région et les autres acteurs. Il faut constituer une équipe opérationnelle qui anime le territoire, capable d’aller chercher les élus et la société civile pour déterminer des priorités stratégiques et construire des accords sur les objectifs. Le plan d’actions, dans sa mise en œuvre, doit continuer à soutenir la dynamique du projet.

 

Propos recueillis par Sylvain Adam (délégué national de l’Unadel)

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1/ Voir à ce sujet la synthèse de l’Unadel : https://unadel.org/wp content/uploads/2017/12/UNADEL-contrats-de-ruralite-avec-soutien-financier-CGET.pdf

2/ Rapport public remise par l’économiste Éloi Laurent le 13 février 2013 au ministère de l’Égalité des territoires et du logement : www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/134000131.

3/ Les contrats de ruralité sont conclus entre l’État (représenté par le préfet de département) et les pôles d’équilibre territorial et rural ou établissement public de coopération communale.

Lire également Mohamed Chahid et Gwénaël DORE, Le renouvellement de la contractualisation territoriale de L’État français : les contrats de ruralité : https://www.sfer.asso.fr/source/jrss2018/articles/E32_Dore.pdf

La Communauté de communes Alpes Provence Verdon et quatorze partenaires ont signé un contrat de ruralité avec l’État pour la période 2017-2020, suivi par un comité de pilotage comportant un collège de citoyens / crédits : Unadel

Grand Est #2 / Rencontre avec avec Xavier Loppinet (Colombey-les-Belles et Sud Toulois)

Xavier Loppinet est directeur de la Communauté de Communes du Pays de Colombey-les-Belles et du Sud Toulois. Sylvain Adam, délégué national de l’Unadel, a pu le rencontrer à Colombey-les-Belles le 25 février 2019.

Sylvain Adam, pour l’Unadel / mars 2019

Durant notre entretien, Xavier Loppinet revient sur l’histoire du développement local de ce territoire depuis 40 ans. Une multitude de projets ont pu naître et cette dynamique est toujours bien vivante, avec notamment les créations récentes d’un centre de retraitement textile et de « la Fabrique », entreprise à but d’emploi du dispositif « territoire zéro chômeur de longue durée ». Comment garder le cap et porter des projets qui font sens (à la fois pour la démocratie, l’emploi, l’écologie, le culturel, la santé, la solidarité…) dans un contexte global marqué par un manque d’horizon commun et désirable, une technicisation croissante et un éloignement entre institutions et habitants ?

La nécessité de contrer l’exode rural

La démarche intercommunale est ancienne ici, elle date de 1978. Élu au Conseil général de Meurthe et Moselle, Michel Dinet lance une démarche de diagnostic territorial et publie un livre blanc (un livre noir !) avec écrit sur la première page « Votre canton est en train de mourir, le savez-vous ? ». S’ensuit une série de rencontres qui vont préciser des axes prioritaires d’intervention pour contrer la désertification de ce territoire rural. A partir de cette étape naissent une multitude d’initiatives : aide à la reprise d’exploitations agricoles, développement d’une offre en d’habitat locatif en milieu rural, organisation d’événements culturels pour développer le vivre ensemble, création de l’association « Avenir et défense du canton de Colombey », mise en place de services pour les personnes âgées…

Dès le début des années 80, l’intercommunalité se structure sous la forme d’un SIVOM (syndicat intercommunal à vocations multiples, qui s’appellera EPCI, Établissement public de coopération intercommunale et deviendra plus tard communauté de communes). Les groupes de travail mis en place incluent des habitants du territoire et les décisions sont prises par celles et ceux qui participent à ces groupes de travail, pas uniquement par des élus.

Des projets plutôt que de la gestion

Aujourd’hui la Communauté de communes est constituée de 38 communes (en Meurthe et Moselle et Vosges) et de près de 12 000 habitants. Même si Michel Dinet a passé la main en 1998, la dynamique de développement local est toujours bien présente, avec le souhait de trouver un équilibre entre l’adaptation nécessaire aux contraintes réglementaires et l’évolution de la société tout en restant en continuité avec l’esprit d’origine. Colombey tente ainsi de rester un territoire de projets plus qu’un territoire de services.

Parmi les projets structurants depuis les années 1990, on peut citer :

– la MARPA (Maison d’accueil rurale pour les personnes âgées, étendue aujourd’hui avec une unité Alzheimer) ;

– deux crèches intercommunales et bientôt trois;

– trois maisons de santé,

– un Relais Familles (lieu d’écoute parents-enfants et relais d’assistances maternelles ainsi qu’un projet de mobilité solidaire avec transport bénévole ;

– un ESAT (Établissements et services d’aide par le travail) avec une soixantaine de travailleurs handicapés ;

– un Centre Européen de Recherches et de Formation aux Arts Verriers avec, en plus des activités de formation et de recherches, un Fab Lab, un lieu d’hébergement et de restauration ainsi que de sensibilisation du public (à Vannes-le-Châtel, à côté de la Compagnie Française du Cristal Daum) ;

– un centre de tri textile ;

– une agence de développement économique Terres de Lorraine (Pays) avec l’accompagnement des porteurs de projets et l’aide pour l’immobilier d’entreprise ;

– trois compagnies de théâtre professionnelles avec une grosse programmation culturelle, une trentaine de spectacles par an et un festival de contes…

Pour que la Communauté de communes reste dans le développement et le travail partenarial, la gestion de chacun de ces lieux et projets est en général confiée à d’autres structures (les groupements d’intérêt public pour les crèches, la MARPA, et l’ESAT ; Familles rurales pour le Relais familles, des associations…). L’opération programmée d’amélioration de l’habitat, en direction des propriétaires bailleurs et occupants, est en revanche animée en interne.

La vitalité en milieu rural

Cette dynamique a permis de stopper l’exode rural : en perte de population en 1978 à l’arrivée de Michel Dinet, la Communauté de communes est désormais attirante. L’accroissement de sa population est ainsi deux fois supérieur à celui du département.

De réputation internationale, Le CERFAV (Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers) par exemple est un attracteur puissant.

Le travail partenarial se traduit par une habitude de « se causer » même si on n’est pas toujours d’accord et permet de continuer d’exister avec une petite taille, en conservant ses spécificités. C’est aussi ce qui permet de surmonter des difficultés souvent rencontrées en milieu rural : ici les maisons de santé ouvrent alors qu’ailleurs elles ont tendance à fermer.

En contrepoint, ces réussites n’éclipsent pas totalement des tendances lourdes : le repli sur soi et le sentiment d’abandon continuent d’exister. On manque d’un horizon qui fait rêver à l’échelle planétaire et européenne et l’État est désormais plus dans un rôle de sanction que d’accompagnement. Sur l’entretien des routes par exemple, le laisser faire entraîne une dégradation visible (la facture sera salée si rien n’est fait) et une perte de savoir-faire. Pour la Communauté de communes, la mise en place de projets est de plus en plus complexe avec la lourdeur bureaucratique des dossiers à monter et la raréfaction des financements.

Le rôle d’animateur et de médiateur

Le directeur de la Communauté de Communes est à l’interface entre les élus et les techniciens. Il participe à entretenir la dynamique de développement local qui existe ici depuis trente ans. Ce n’est pas toujours simple : une fois que beaucoup de choses ont été mises en place, la nouvelle idée qui surgit n’est plus exceptionnelle. Michel Dinet disait à ce propos que “l’on remarque plus une fleur qui pousse dans le désert qu’un arbre dans une forêt “.

Il faut toujours être vigilant pour ne pas s’enfermer dans une logique de gestion, qui prend de fait de plus en plus de temps. Le principe de contractualisation avec l’État par exemple n’est pas mauvais en soi, mais on assiste bien à une « technocratisation » des dossiers : le remplissage monotone d’une série de cases et d’objectifs au détriment du fond. Dans ce contexte de déshumanisation, il est impératif de garder du temps pour l’innovation et la mobilisation de l’ensemble des habitants et acteurs du territoire.

Ainsi, le festival de contes s’appuie sur des groupes de lecture très dynamiques et mobiles. Sur le sujet de l’habitat et de l’urbanisme, un gros travail est fait en lien avec les référents habitat de chaque commune pour repérer les logements vacants, et inciter à lancer des travaux de rénovation et les remettre sur le marché. L’expérimentation « Territoire zéro chômeurs de longue durée » mobilise aussi de nombreuses personnes, autour de la Fabrique à Bulligny. L’intuition qui prévaut de partir des compétences des gens pour un retour durable à l’emploi est une bonne logique qui s’inscrit pleinement dans la philosophie du développement local.

Le lien entre l’intercommunalité et les mairies des 38 communes fonctionne bien, au moins dans 80 % des cas. Il permet notamment la mutualisation des services. Peu importe aux habitants de savoir qui a initié tel ou tel projet, du moment que ces projets voient le jour. Avec la région, le lien est quant à lui plus distendu depuis l’émergence de la nouvelle Région Grand Est : au lieu des déplacements à Metz, il faut désormais se rendre à Strasbourg, ce qui prend plus de temps. Cette nouvelle région regroupe trois anciennes régions (Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne) aux fonctionnements très différents, avec un nouvel équilibre à construire : on est toujours en phase de transition. Le chantier le plus tangible aujourd’hui est la connexion à venir de tous les foyers à la fibre optique.

Le développement local, passé et avenir

Aujourd’hui le développement local n’est plus forcément repris dans les politiques publiques (l’intitulé de la nouvelle Agence nationale met heureusement en avant la « cohésion territoriale » et non la « compétitivité des territoires » comme ça a été le cas à une époque). Faut-il garder ce terme et ce qu’il renferme ou le déconstruire et se battre autrement ? En tout cas, la philosophie est toujours là et les initiatives attirent le grand public et les média : en témoigne le succès de l’Entreprise à but d’emploi (EBE) « De laine en rêves » qui permet de nouvelles embauches et la valorisation de la laine locale, auparavant bradée sur les marchés asiatiques, pour la fabrication locale de matelas. Ce projet a du sens !

La communauté de communes du Pays de Colombey-les-Belles et du Sud Toulois a prouvé qu’il était possible de faire beaucoup avec peu de moyens, à condition de se retrousser les manches et de mouiller collectivement sa chemise. C’est avant tout dans les territoires aux ressources financières limitées, que ce soit en ville ou dans les secteurs ruraux, que le développement local s’est le plus développé.

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Grand Est #1 / Rencontre avec Kristell Juven de C&T Grand Est

Fin février, Sylvain Adam, délégué national de l’Unadel a pu rencontrer et s’entretenir avec Kristell Juven, directrice adjointe de Citoyens & Territoires – Grand Est.

Sylvain Adam, pour l’Unadel / Mars 2019

L’association Carrefour des pays lorrains, née en 1994, a été rebaptisée “Citoyens & Territoires – Grand Est” (CTGE) en 2016 suite à la création de la nouvelle région Grand Est. Membre du réseau national l’UNADEL, elle accompagne élus et acteurs du développement local dans la région. Fin février, j’ai pu m’entretenir avec Kristell Juven, directrice adjointe de CTGE, et j’ai participé à un débat organisé à Velle-sur-Moselle : « Demain, la commune ? ».

Développement local au Sénégal puis en Lorraine

Titulaire d’un diplôme en sciences économique, Kristell Juven a d’abord travaillé sur des projets de développement local au Sénégal avant de revenir en France. Après un passage à Paris, elle rejoint en 2000 la Lorraine et le Carrefour des pays lorrains (association devenue Citoyens et territoires Grand Est en 2016, réseau des acteurs du développement local dans la région) à l’origine pour une mission de coopération décentralisée et de solidarité internationale ainsi que sur le développement du programme Emploi-Jeunes. En charge de l’animation des réseaux, son poste actuel de directrice adjointe rejoint les 4 quatre missions de l’association : capitalisation et transmission d’expériences, organisation de rencontres multi-acteurs ou multi-thèmes, accompagnement et formation auprès des acteurs des territoires, propositions auprès des pouvoirs publics (ex : programmes européens, schémas régionaux…).

Pour être au fait des réformes territoriales, elle a beaucoup lu, s’est formée auprès de collègues plus expérimentés et a profité de son expérience d’élue locale (adjointe sur la commune de Pierre-la-Treiche depuis 2008 et présidente de la communauté de communes du Toulois de 2013 à 2016). Au moment des débats parlementaires sur la loi NOTRe de 2015 (considérée comme l’acte 3 de la décentralisation), elle était ainsi en capacité de former son propre avis. Si elle est montée en compétence sur les questions fiscales et juridiques notamment, elle tient à rester généraliste : « il en faut, la vision globale est nécessaire ».

Du Carrefour des pays lorrains à Citoyens et territoires Grand Est

Quand Kristell est arrivée au Carrefour des pays lorrains, il y avait davantage de militance sur les territoires, aussi bien du côté des agents de développement que des élus locaux. Mais la fusion des territoires s’est accélérée depuis et la façon de faire réseau n’est plus la même aujourd’hui : chacun cherche sa connexion directe avec le préfet dans l’espoir d’être entendu et le lien avec les associations est davantage sur le mode prestataire de services – consommateur. En réponse à un besoin toujours actuel, Citoyens et territoires Grand Est (CTGE, ex-Carrefour des pays lorrains) reste sur des champs larges comme la santé, l’alimentation, la transition énergétique, l’économie de proximité, les services, dans une perspective innovante. Avec ses collègues, elle a ainsi organisé des rencontres et a travaillé sur la mobilité, l’habitat des jeunes ou sur les tiers lieux. Elle alimente aussi une banque d’expériences. Dans l’activité de mise en réseau, CTGE a beaucoup œuvré pour faire se rencontrer les conseils de développement, les animateurs de GAL LEADER, les professionnels du développement social urbain local.

L’association travaille en partenariat avec l’État et ses services, la Région, les départements, la Caisse des dépôts et consignation, ainsi qu’avec des associations d’élus, comme l’assemblée des communautés de France (AdCF), l’association Nationale des Pôles d’équilibre territoriaux et ruraux et des Pays (ANPP) et l’association des maires de France et des présidents d’intercommunalités (AMF).

Les défis actuels

Lors de la réunion du CA de CTGE le 25 février 2019 sont ressortis quelques défis auxquels l’association est confrontée.

Le premier est lié à la création de la nouvelle région Grand Est qui regroupe désormais la Lorraine, l’Alsace et la Champagne-Ardenne. CTGE, historiquement ancré en Lorraine, souhaite travailler au mieux avec la Région (plus de 57 000 km² et 5,5 millions d’habitants) et toutes ses composantes, ayant déjà une culture partagée du développement local, ou pas encore. On trouve des exemples notables aussi bien en Champagne-Ardenne (avec par exemple les Crêtes préardennaises) que du côté de l’Alsace (pionnière en France sur l’habitat coopératif et durable, et avec des expériences locales notables comme à Kingersheim ou Ungersheim…). La réorganisation est encore en cours au sein des nouvelles régions : on ne sait pas à l’heure actuelle ce que deviendront les contrats qui les lient à l’État.

Le deuxième défi est lié au changement de modes de pensée et modèles économiques qui affectent les réseaux associatifs. CTGE équilibre son budget grâce à des prestations de plus en plus nombreuses, notamment pour dispenser des formations. Le monde associatif n’est épargné ni par le découpage thématique (au niveau de l’État par exemple, les actions inter-ministérielles sont loin d’aller de soi), ni par la technicisation croissante (la boîte à outils sans questionnement du sens des projets), ni par la généralisation du système d’appels à projets, d’offres et à manifestation d’intérêt. Dans ce contexte, l’approche globale et transversale, ainsi que la structuration d’un réseau (partage de connaissances et de compétences) sont rendues bien plus difficiles : les subventions se font rares. Ce changement de modèle a un impact fort sur les activités et l’équipe de CPTE, qui ne veut pas se transformer en bureau d’études, mais est de fait fortement contrainte par la réponse à des commandes.

Causer sur la place publique : le couarail

CTGE continue pourtant à organiser des débats sur des enjeux larges, avec la participation de publics variés et en s’affranchissant le plus possible des cadres contraignants de la commande. La rencontre à Velle-sur-Moselle proposée le 26 février 2019 en est une bonne illustration. Évelyne Mathis, maire de cette commune de 300 habitants, a commencé par faire le tour du village et la visite des projets récents et en cours. Parmi ceux-ci, la reconversion d’un ancien corps de ferme en habitat pour personnes âgées, alternatif à la maison de retraite : dessiné par l’agence nancéienne GENS et livré en 2016, le projet a été primé à la 15e Biennale internationale d’architecture de Venise. Dans la salle Georges Chepfer (conteur lorrain), le débat qui a suivi, intitulé « demain, la commune ? », a rassemblé 45 participants : élus (dont sénateur, maires, présidents de communautés de communes ou de pays), professionnels et associatifs, à l’image de la composition du CTGE. . Il a beaucoup été question des rapports souvent compliqués entre communes et intercommunalités et des difficultés rencontrées par les élus locaux. Un pourcentage important de ceux-ci ne souhaitent pas se représenter lors des élections municipales de 2020, tout en restant persuadés que l’engagement local reste fondamental. Le 6 avril, CTGE a également organisé un débat sur l’Europe et la citoyenneté, quelques semaines avant les élections européennes.

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Le 26 février 2019, C&T a organisé à Velle-sur-Moselle, avec Évelyne Mathis maire de cette commune de 300 habitants, un débat intitulé « demain, la commune ? ».

C’est un paradoxe : d’un côté les sondages successifs montrent un fort attachement des français à la commune et de l’autre, un malaise transparaît actuellement chez certains maires, élus municipaux, particulièrement en milieu rural, quant au rôle et à la capacité d’agir de la commune, au rapport à l’intercommunalité, aux citoyens. La moitié d’entre eux pensent ne pas se représenter aux prochaines élections (récente enquête du AMF/CEVIPOF). Dès lors, se poser la question de ce que l’on peut faire et avec qui à l’échelle communale, du lien entre la commune et les autres strates d’organisation territoriale, de l’engagement citoyen à cette échelle, est plus que jamais d’actualité…

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L’effet « gilets jaunes », un coup d’éclat permanent ? – L’édito de Claude Grivel #5

Notre pays fait partie des plus favorisés et des plus riches au monde, mais ce n’est pas ce que ressentent nos concitoyens. Ses valeurs démocratiques, républicaines et humanistes, longtemps inspirantes pour le monde entier, sont trop peu incarnées dans les sphères du pouvoir et encore moins partagées par l’ensemble de la communauté nationale. Il y a un réel danger à parler de cohésion sociale et territoriale en laissant des formes d’expressions et d’actions communautaristes se développer qui laissent place au racisme et à la xénophobie et désignent des boucs émissaires (les migrants, les musulmans, les juifs, l’islam etc…).

Or faire société, c’est faire communauté. Faire société, c’est favoriser la confrontation des idées, en utilisant le conflit comme levier, quand il est là, pour construire sans violence les compromis nécessaires qui permettent la sortie de crise. Toute mise sous le boisseau risque d’alimenter les explosions futures.

Passer du jaune au vert, du rond-point à l’agora

Il y a beaucoup à gagner dans le réinvestissement des citoyens dans la vie publique du pays, il y a beaucoup à perdre en cas d’espoir déçu.

Toutes les échelles de gouvernance, nationales, régionales, locales sont mises au défi de créer les modalités et le cadre qui facilitent l’organisation pérenne de temps et de lieux de débats ouverts à tous. Les plus instruits et les retraités se mobilisent facilement. Mais peut-on se passer de l’avis et des propositions de tous les autres, ceux qui réinventent le bistrot de quartier au bord des ronds-points, comme ceux que l’on désigne comme des invisibles, les plus pauvres, les plus en marge ?

Chacun est une part de la solution.

Le pouvoir de vivre et le pouvoir d’agir

Pouvoirs et contrepouvoirs, gouvernements, élites dirigeantes et corps intermédiaires ont été pris à contrepied par le mouvement des gilets jaunes. Nos réseaux associatifs montrent aussi leurs limites. Or les enjeux sont là : aspiration à plus de justice, à la réduction des inégalités sociales et territoriales, à plus de partage des richesses, mais aussi à plus de considération, de respect et d’écoute.

Quand Notre Dame brûle, on trouve en 24h les moyens de reconstruire. Force et puissance des images et de l’émotion partagée. Mais aussi besoin d’afficher sa contribution à l’effort nécessaire. Tellement d’autres causes le mériteraient, de la lutte contre la pauvreté à l’accueil des migrants en passant par la transformation de notre modèle économique pour donner des chances de survie à l’humanité et pas seulement à la planète.

En signant, au nom du conseil d’administration de l’Unadel, l’appel à un pacte écologique et social regroupant les propositions de nombreuses associations mobilisées par Laurent Berger et Nicolas Hulot (CFDT et Fondation pour la Nature et l’Homme), c’est pour faire entendre la petite musique du développement local : la transformation sociétale ne se fera pas sans les territoires et leurs habitants, ni sans expérimentation de nouvelles formes de gouvernance inspirantes et stimulantes pour développer l’engagement coopératif permanent. Cela nécessite de mobiliser les outils de la formation et de l’ingénierie d’animation du débat, pour redonner toutes ses lettres de noblesse à l’exercice individuel et collectif du pouvoir d’agir responsable et citoyen dont l’espace européen pourrait être le laboratoire d’expérimentation

Venez en débattre avec nous le 6 mai à Paris à l’occasion de la présentation du livre « vous avez dit développement local » et à notre assemblée générale le 17 mai prochain… avant de faire le choix de l’Europe le 26 mai.

13/02 – Deuxième séance du séminaire du Carrefour des Métiers : Le développement territorial d’aujourd’hui et de demain

 Téléchargez le programme de la 2e séance du séminaire

La deuxième séance du Séminaire du Carrefour des métiers, “Le développement territorial d’aujourd’hui et de demain : postures, ingénierie et savoir-faire” se déroulera à la MSH Paris-Nord mercredi 13 février de 14h00 à 17h00.

Autour des pratiques et des postures de la démocratie participative, nous accueillerons à cette occasion Laura Séguin de l’IRSTEA et Jean-Michel Fourniau de l’IFSTTAR.

Retrouvez le programme complet du séminaire

Ce séminaire est un rendez-vous mensuel à partir de janvier 2019, les deuxième ou troisième mercredis du mois, de 14h à 17h.

Il est ouvert à tous sur inscription préalable. L’objectif est de constituer un groupe « régulier » de participants qui soient des contributeurs actifs sur l’ensemble des séances (les conférences et les ateliers) afin de favoriser une progression collective, et de permettre une large participation.

Contacts des organisateurs :
Philippe CARBASSE Animateur du Carrefour des métiers du développement territorial, philippe.carbasse@laposte.net
Johan MILIAN UMR LADYSS, Université Paris 8, johan.milian@univ-paris8.fr
Pascal PETIT UMR CEPN, Université Paris 13, pascal.petit@univ-paris13.fr

 

Journées des Territoires – 26 & 27 novembre à Paris

 

Nous sommes heureux d’avoir partagé avec vous deux journées de rencontres et d’échanges pour construire les territoires urbains et ruraux de demain !!

Un grand merci aux participantes et participants, ainsi qu’aux personnes qui sont intervenues en témoignant ou animant un atelier.

Vous trouverez ici les éléments constituant le dossier de participation :

Retrouvez aussi dans le programme ci-dessous les différents éléments de synthèse disponibles à ce jour (en orange !) et quelques photos. Plus d’éléments arriveront en début d’année.


26 Novembre :

Rencontre des territoires

Ouverture

Introduction de Claude Grivel, Président de l’Unadel

Les territoires se racontent : partageons nos expériences !

Présentation du Carrefour des Métiers par Philippe CARBASSE

Paper-bord de chaque groupes à venir…

Ateliers de l’après-midi : récits d’expérience et leviers des transitions

La coopération entre collectivités, acteurs socio-économiques et partenaires institutionnels au cœur des transitions,

  • Animation : Mathilde VANDERUSTEN, CNFPT

  • Territoires : CC du Grand Figeac (Fausto ARAQUÉ), PTCE PHARES (Arthur LAUVERGNIER)

Présentation du PHARES / Présentation des Coopératives Éphémères de Jeunesse

 Le rôle primordial de l’animation territoriale : passer d’une ingénierie de programme à des réseaux d’animation,

  • Animation : Isabelle BIZOUARD, Cap Rural

  • Territoires : CC du Bocage Bourbonnais (Magalie DECERLE), Plaine Commune (Michel BOURGAIN)

Renouveler la gouvernance : quelles méthodologies ? Quelles postures des Élu·es ?

  • Animation : Séverine BELLINA

  • Territoires : CC des Crêtes Préardennaises (Jean-Marie OUDART et Nadia DJEMOUAI), CC du Val d’Ille – Aubigné (Claude JAOUEN)

Coproduire et co-investir : passer de la participation à l’implication citoyenne

  • Animation : Cécile DE BLIC, Experte associée à l’UNADEL

  • Territoires : Loos-en-Gohelle (Julian PERDRIGEAT), Conseil de développement PETR Albigeois et Bastides (François ETEVENON et Fanny MIRA)

Vidéo de présentation des Écoutes citoyennes du PTAB

Des démarches apprenantes : évaluer et adapter l’action en continu…

  • Animation : Vincent CHASSAGNE, Territoires Conseils

  • Territoires : Département de Gironde (Julie CHABAUD), Syndicat Canigo Grand Site (Emily GUNDER)

Transitions et dynamiques territoriales – Retour de Anne et Patrick BEAUVILLARD

Le texte de l’intervention

Les enseignements de l’Institut des Territoires Coopératifs

Table-ronde : Politiques publiques, engagements citoyens et transitions territoriales : quelles coopérations ?

Avec la participation de :

  • Jean-François CARON, Maire de Loos-en-Gohelle et Président du Cd2e (Création et Développement d’Eco-Entreprises)

Support utilisé – Code Source

Présentation Démonstrateur ADEME

  • Charles FOURNIER, 3e Vice-Président délégué à la Transition écologique et citoyenne et de la coopération, Région Centre – Val de Loire

Diapo Transition démocratique, transition écologique

Prezi Démocratie Permanente en Région Centre – Val de Loire

  • Eric LAJARGE, Directeur de Cabinet du Commissaire Général à l’Égalité des Territoires

  • Frédéric AUDRAS, Directeur de Territoires Conseils, représentant de la CDC

  • Vaia TUUHIA, Déléguée Générale de 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable)

  • Géraud GUIBERT, Président de la Fabrique Écologique

Animation : Claude GRIVEL, Président de l’UNADEL (Union Nationale des Acteurs du Développement Local)

Apéro convivial à l’association Espoir 18


27 Novembre :

Les transformations de l’ingénierie territoriale

Ateliers du matin :

Se former autrement

  • Animation : Sophie AOUIZERATE, Experte associée à l’UNADEL

  • Intervention Chantal TALLAND, Ecole de la Rénovation urbaine / Claudine PILTON « Formation- action : Institut de Management des pratiques locales » (ARADEL) / Elsa PIOU « Participation des personnes concernées dans les formations en travail social » (IRTS)

Renouveler les coopérations :

  • Animation : Guillaume DEJARDIN, Pôle Ressources Ville et Développement Social
  • Intervention : Anne et Patrick BEAUVILLARD (Institut des territoires coopératifs) / Françoise BERNON (Le LABO de l’ESS)

Le récit de territoire comme outil de mobilisation collective

  • Animation : Philippe CARBASSE, Carrefour des Métiers du développement territorial
  • Intervention : Julian PERDIGEAT (Loos en Gohelle) / Marc MONNERAYE (quartier des Hautes Bruyères à Villejuif, MDSL)

Vidéo de présentation de la Fabrique Commune du MDSL

Participation et initiatives citoyennes : Comment favoriser la coproduction des politiques publiques ?

  • Animation : Pierre Alain CARDONA, ARDL PACA
  • Intervention : Collectif Quartier de la Bottière à Nantes / Conseils citoyens Plaine commune (J. PICARD, accompagnant) / Conseillers citoyens membres du CNV

Faire évoluer les organisations : individus en transition dans des organisations en transitions ?

  • Animation : Pierre-Edouard MARTIN, IREV
  • Intervention : Louise GUILLOT (27ème Région)

Valoriser autrement les ressources individuelles et collectives des territoires

  • Animation : Cécile DE BLIC, Experte associée à l’UNADEL
  • Intervention : Bernard ARRU (Mauléon) / Agnès THOUVENOT (Villeurbanne)

Table-ronde : Renouveler les relations entre acteurs des territoires : vers une ingénierie de la coopération ?

Avec la participation de :

  • Laurent GRANDGUILLAUME (Président de l’association TZCLD)

  • Yannick BLANC (Président de la FONDA)

  • Elodie JULLIEN (Le RAMEAU)

  • Pierre-François BERNARD (CLUS’TER JURA)

Animation : Axel OTHELET, Citoyens et Territoires Grand Est

Ateliers de l’après-midi : Mettre en pratique de nouvelles méthodes, postures et compétences…

Prendre des décisions collectives

Intervention : Aurore BIMONT et Thomas SIMON, Système D (Démocratie Ouverte)

Favoriser la coproduction avec les habitant·es

Intervention : Sylvain ADAM, Alternative Pour des Projets Urbains Ici et à l’International (APPUII)

Renouveler l’animation de réunion

Intervention : Axel OTHELET, Citoyens et Territoires Grand Est

Atelier découverte de l’atlas relationnel

Intervention : Stéphanie CABANTOUS, Cités, Territoires, Gouvernance (CITEGO)

Aller vers les habitant·es

Intervention : Gabrielle BEYL, Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC)

Les postures professionnelles pour accompagner le changement

Intervention : Valérie DESCOMBES, Conseil et accompagnement et IRDSU

Diaporama utilisé

Table-ronde conclusive : Les métiers et pratiques du développement territorial en question : des pistes pour demain !

Introduction : Hélène HATZFELD, Chercheuse au LAVUE (Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement)

Avec la participation de :

  • Rainier HODDE, réseau SUD (ENSA)

  • Dominique BLIN, UNAFORIS

  • Khalid IDA-ALI, IRDSU

  • Claudine PILTON, ARADEL

  • Bernard ALIX, CNFPT

Animation : Philippe CARBASSE (Carrefour des Métiers du développement territorial)


Pour plus d’info, n’hésitez pas à nous contacter !

Philippe Carbasse : philippe.carbasse [at] laposte.net

Valérian Poyau : valerianpoyau [at] unadel.org

Jean Maillet : jeanmaillet [at] unadel.org

 

Des territoires en transition : expériences et enseignements des Écoutes territoriales

Depuis l’automne 2014, l’UNADEL conduit un travail d’enquête et de témoignages autour de démarches locales fondées sur des « objectifs de transition ». Ces “Écoutes territoriales”, menées en France métropolitaine, se construisent autour de temps de rencontre et d’entretiens avec les protagonistes de ces dynamiques (élues, techniciennes, associations, entrepreneureuses, citoyennes). Elles se sont poursuivies dans certains cas par des ateliers réflexifs conduits avec les territoires.

Ces Écoutes, selon la méthode développée par l’UNADEL et de Territoires Conseils, visent moins à comptabiliser des résultats qu’à appréhender et partager avec les interlocuteurs des territoires concernés les différents aspects de la gouvernance de la transition, son portage, son pilotage, son déploiement en direction des acteurs économiques et sociaux, son appropriation par les habitants…

La réflexion engagée dans chaque territoire, donne lieu à de nombreux échanges, à l’écriture d’une « fiche-reportage », puis à une « restitution miroir » sur les modes de faire et la conduite du changement.

Le mois de septembre a été marqué par la parution de notre nouvelle publication sur les Écoutes territoriales ! Vous pouvez consulter le document complet qui contient des fiches-reportages sur 11 territoires qui œuvrent chaque jour pour mener à bien les transitions appelées par les enjeux actuels. Une synthèse reprenant les enseignements essentiels de cette observation des territoires en transition est aussi disponible !

Le premier semestre 2018 a aussi été l’occasion pour l’Unadel et le PETR de l’Albigeois et des Bastides d’expérimenter de nouvelles façons de concevoir l’action publique avec les habitants lors d’une « Écoute citoyenne » réalisée dans le cadre de l’élaboration d’un PCAET. Plus d’infos par ici !

Les 26 et 27 novembre 2018, nous avons organisé des Journées des Territoires avec des représentantes des territoires écoutés, ainsi que des professionnelles du développement territorial en partenariat avec le Carrefour des Métiers autour du thème suivant :

Transitions et conduites coopératives du changement.

En 2018, de nouvelles Écoutes commencent, avec le soutien de Territoires Conseils ainsi que celui du CGET.

Les fiches-reportages des Écoutes réalisées en 2016 et 2017 sont accessibles :

Celles des réécoutes aussi :

Vous pouvez aussi retrouver les 9 premières écoutes réalisées en 2015, rassemblées en un seul document édité par la Caisse des Dépôts et Territoires Conseils en suivant ce lien.

Et individuellement pour chaque territoire :

Un document tirant les analyses et enseignements des écoutes de 2015 est également disponible ici.

Contacts : Valérian POYAU, chargé de mission Écoutes territoriales : valerianpoyau[at]unadel.org

Merci à nos partenaires :

        

Carrefour des Métiers – retour sur la journée de travail – 11 décembre

Le Carrefour des Métiers, porté par l’UNADEL et l’IRDSU avec le concours du CGET, a organisé le 11 décembre une journée de travail pour préparer son programme de travail 2018-20. L’occasion de travailler sur les nouveaux enjeux du développement local et la multiplication des initiatives citoyennes.

retrouvez tous les éléments de cette journée programmes, documents remis, propos introductifs, questionnements sur la page du site du Carrefour des Métiers.

TEPCV et CTE – l’actualité !

actualisé le 20 décembre….

une actualité plus souriante le rendu des 7èmes rencontres TEPOS à Figeac

sur Localtis, l’article sur l’avis du CESE sur le contrat de transition écologique que propose de manière expérimentale de gouvernement.

 le rapport du CESE sur la transition écologique

sur Localtis les précisions de Sébastien Lecornu qui apporte des assouplissements à la circulaire du mois de septembre et redonne des informations plus positives.

Et la réaction du CLER, qui anime le réseau TEPOS, sur les futurs contrat de transition écologique (CTE) annoncé pour 2018 sur une vingtaine de territoires expérimentaux.

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Le Ministre d’Etat, Nicolas Hulot, en charge de la transition écologique, remet en question, en cette fin d’année, les crédits du programme TEPCV….

Cela cause beaucoup d’inquiétudes chez les élus locaux et les acteurs des projets engagés pour la croissance verte et le développement des énergies renouvelables….

Avec d’autres réseaux et associations, l’Unadel s’en fait l’écho auprès du gouvernement dans un un courrier au Ministre d’Etat Nicolas Hulot.

Découvrez également la réaction du CLER le réseau qui anime les territoires TEPOS et TEPCV ainsi que celle de la Fédération des Parcs naturels régionaux