Archives pour la catégorie Economie territoriale

Visite dans les Crêtes pré Ardennaises

La CC des Crêtes pré Ardennaises, dont le siège est à Poix Terron entre Charleville-Mézières et Rethel, vient de fêter ses 20 ans.

Un âge de raison ? En tous cas le temps de faire le bilan de tout le travail accompli au service du développement du territoire.

Citoyens et Territoires Grand Est, l’ancien Carrefour des Pays Lorrains, avait choisi mardi 20 septembre d’y faire une visite avec quelques uns de ses adhérents. L’Unadel était du voyage.

Des échanges passionnants autour de deux projets, les éoliennes citoyennes, dont l’éolienne des enfants et le projet de centrale photovoltaïque du village de Signy l’Abbaye …

en avoir plus ?

http://www.cretespreardennaises.fr

Le développement local : espoirs et freins

Pour relancer le débat sur le développement local aujourd’hui, l’Unadel propose de relire ce texte de Jean-Louis Guigou,  spécialiste de l’aménagement du territoire . Publié initialement dans Correspondance municipalerevue pour le pouvoir local – en mars 1984, le texte donne des définitions pour le développement local, son émergence, ses rapports avec l’État, et les suites possibles du mouvement. 

terre-planete-fragile

La signification politique et économique du développement local

Dans les années 1970-1980, Walter Stohr et Samir Amin, dans des perspectives différentes, furent les premiers théoriciens à parler du développement « par le bas », développement autocentré, endogène et du développement « par le haut », développement dans lequel l’État joue un rôle essentiel non seulement de régulateur mais d’initiateur.

À travers ces réflexions théoriques, la notion de développement local renferme les idées d’autonomie, d’indépendance, de valorisation des ressources locales, de territorialisation de la production et des échanges, de globalité, de refus d’une division interrégionale et ou internationale du travail.

La notion de développement local s’est enrichie de l’analyse de nombreuses expériences, déjà fort anciennes, en France comme à l’étranger.

  • expérience du Québec, où le mouvement coopératif s’est largement diffusé (les Caisses Desjardin…),
  • expériences d’organisations économiques et sociales dans le pays basque espagnol (mouvement coopératif de Mandragon etc.),
  • expériences d’organisations politiques et administratives des cinquante-quatre maires de la baie de San Fransisco depuis 1960,
  • expériences, en France, du mouvement coopératif, en milieu agricole et ouvrier, du mouvement en faveur des « pays » en milieu rural, de ce qui fut dans les années 1970 appelé exagérément « les luttes urbaines ».

Toutes ces expériences ont un point commun : il s’agit de minorités – canadiens français au Québec, basques en Espagne, ruraux menacés par la désertification, populations urbaines aux prises avec une modification de leur environnement qu’elles réprouvent – qui subissent une agression extérieure et se mettent en situation de résister. La solidarité – qu’elle soit locale, de classe, de confession, d’ethnies – est l’expression d’une résistance à une agression extérieure. Telle est d’ailleurs la définition que donne Karl Marx de la solidarité et que nous retiendrons comme première hypothèse.

Ainsi, à travers les approches théoriques, et l’expérience des faits, la notion de développement local sort quelque peu de la confusion et ses deux composantes semblent clairement identifiées :

  • une composante culturelle : c’est la solidarité comme réponse à une agression extérieure. Face à une menace de déclin, de marginalisation, d’exploitation, d’expulsion, de disparition, la population locale s’organise pour réagir et par là-même elle invente des modes originaux de communication et d’échanges interpersonnels.
  • une composante économique : c’est la reconquête de l’outil de travail, la réappropriation et l’exploitation des richesses locales. La population locale, menacée d’appauvrissement se met à créer collectivement.

Il s’ensuit la définition suivante du développement local : le développement local est l’expression de la solidarité locale créatrice de nouvelles relations sociales et manifeste la volonté des habitants d’une micro-région de valoriser les richesses locales, ce qui est créateur de développement économique.

Sous une forme différente on pourrait dire que : le développement local se définit comme un accroissement des échanges – matériels, culturels, informatifs – créateur de nouvelles relations sociales et de développement économique au sein d’une micro-région dont les habitants ont manifesté une profonde solidarité.

Ces définitions rendent bien compte de toutes les situations aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, dans les pays en voie de développement que dans les pays développés.

Pour sa part, un groupe administratif interministériel, fonctionnant à la Datar, a abouti à la définition suivante, reprise dans le IXe Plan. « Le développement local se caractérise comme la mise en œuvre le plus souvent mais pas exclusivement, dans un cadre de coopération intercommunale, d’un projet global associant les aspects économiques, sociaux, culturels du développement. Généralement initié par les élus locaux, un processus de développement local s’élabore à partir d’une concertation large de l’ensemble des citoyens et des partenaires concernés et trouve sa traduction dans une maîtrise d’ouvrage commune. »

Cette définition met davantage l’accent sur les aspects institutionnels.

Quelle que soit la définition retenue, d’un objet de débat idéologique (vivre décider et travailler au pays, les luttes urbaines, l’économie alternative), la notion de développement local est devenue un mode d’approche, une méthode d’appréhension globale des problèmes locaux qui peut s’appliquer aussi bien à des politiques sectorielles (l’habitat, l’emploi, la culture…) qu’à des publics prioritaires (les jeunes, les chômeurs, les personnes âgées…), aussi bien en zone rurale qu’en milieu urbain, dans les pays développés comme dans les pays en voie de développement.

La globalisation de l’approche des problèmes de développement locaux est d’autant plus nécessaire que la société locale se trouve agressée par l’extérieur et en état de manifester sa solidarité. Le degré de globalité de l’approche et de la résolution des problèmes locaux (par les autochtones ou par les ministères) mesure très directement l’importance de l’agression sur une population locale et le degré de solidarité qu’elle manifeste.

Voilà pourquoi les différents ministères qui voudraient agir, comme des agents autonomes, sur des sociétés locales en état de réaction forte, sont assurés d’un échec. Comme disait récemment un fonctionnaire : « Nous faisons désormais tous la même chose » sous-entendu, quel que soit le ministère, si la solidarité locale s’est manifestée, nous devons, et nous devrons, passer de plus en plus par l’approche globale (économique et culturelle) des problèmes locaux.

Partout ailleurs, là où il n’y a pas de manifestation de très forte solidarité locale, les initiatives individuelles et les actions sectorielles des différents ministères peuvent perdurer.

Dès lors, quel est l’enjeu du développement local ?

Si le développement local est bien conforme à la définition qu’on vient d’en donner, l’enjeu est clair : s’il débouche sur de nouveaux modes de communication et de relations sociales (composante culturelle) et s’il induit une réappropriation de l’appareil de production par le local susceptible de générer une croissance des productions (composante économique), le développement local peut profondément bouleverser la culture d’une société. Du même coup, si ce processus de développement local fait tâche d’huile et se généralise sur tout  le territoire national, il risque de conduire à un profond changement de nos structures de production, d’échange de régulation sociale et d’organisation de la société. Prenons trois exemples.

La transformation de l’État dans ses relations avec la société civile

L’État tient en France une place considérable. La France n’a triomphé jusqu’ici des crises qui ont secoué son histoire que par la volonté persévérante de l’État.  On imagine mal l’essor de la France s’accompagnant de l’effondrement de l’État. Cela est encore plus vrai aujourd’hui. Cependant, pour répondre aux agressions et aux défis économiques, technologiques et culturels, une société civile plus fluide, plus rapide, plus autonome, plus responsable et plus créatrice s’avère indispensable. En un mot, il faudrait une société où le développement local progresse.

Comment bâtir une telle société si l’État demeure ce qu’il est devenu : segmenté, lent et passablement conservateur ? Mais quelle force prodigieuse aurait la France si la société civile et l’État étaient enfin en interaction créatrice avançant d’un même pas tout à la fois libres et complices !

Ainsi donc, la pratique du développement local qui diffuserait largement sur le territoire, conduirait à une profonde transformation de l’État dans ses rapports avec la société civile.

La transformation de l’économie et sa conduite

Le développement local met l’accent sur l’initiative et la créativité individuelle et / ou collective – il met l’accent sur le rôle des PME/PMI, le rôle des sociétés coopératives, les transformations des modes d’organisation du travail qui ne peuvent apparaître souvent que dans des entreprises de petite taille.

En ce sens le développement local, sur le plan économique, se réfère davantage à la théorie de l’offre qu’à a théorie de la demande. Or, de 1933 à 1980, la pensée économique dominante, inspirée par Roosevelt et par Keynes et les politiques mises en œuvre se référaient à la théorie de la demande. Ainsi donc, en faisant jouer un rôle essentiel à la création et à l’offre, le développement local conduit à une transformation profonde de l’économie.

La transformation des modes de communication

Le développement local dans la mesure où il apparaît comme une réaction collective et locale d’une population devant une menace de disparition, ou de marginalisation, produit et recherche de l’information et organise sa communication.

L’information qui lui est nécessaire pour assurer son dynamisme ne saurait se limiter aux données utiles pour l’action et la prise de décision. Elle remplit plusieurs fonctions : besoin de savoir, besoin de comprendre, besoin de parler, besoin de se situer. Par là-même, le développement local produit des modes de communication originaux. Les informations et leur communication deviennent des actions de développement : elles permettent la prise de conscience de la population, une meilleure compréhension des enjeux locaux, elles créent et structurent un dialogue social.

Or, si telles sont les exigences du développement local, la situation montre qu’à l’heure actuelle, en France, l’information économique, aussi bien que culturelle, est hiérarchisée, centralisée, disputée, cachée, voire ignorée. Là encore, le développement local conduit à des transformations de structure importantes.

Première conclusion

Pour se manifester le développement local nécessiterait une solidarité locale, laquelle ne s’exprimerait qu’à la suite d’une agression extérieure.

Le développement local n’est donc pas un remède, ou une réponse directe à la crise économique. Les agressions contre une population locale peuvent aussi bien se manifester pendant la crise (menace de fermeture d’usines et exode) que pendant la période d’expansion (grand chantier défigurant le pays).

Le développement local est une voie de progrès qui résulte de multiples « agressions » subies par certaines populations (mode de production trop concentré, concentration de l’information, perte d’identité culturelle, etc.) qui se mettent en état de résister et de développer de nouveaux modes d’organisation économique et sociale.

L’enjeu du développement local c’est le passage d’une société disciplinaire et corporatiste à une société fiduciaire et coopérative. Le partenariat, dans les rapports sociaux et institutionnels importerait plus que la hiérarchie.

À ce stade de l’analyse qui découle directement de la définition que donne Karl Marx de la solidarité et qui constitue notre hypothèse première, une question fondamentale surgit : si le développement local se manifeste toujours du côté de « l’oppressé », du côté de celui qui est menacé dans son existence, du côté du « faible » et jamais du côté du « fort », alors le développement local doit rester structurellement lié à des zones périphériques et marginales par rapport aux centres dominants de l’activité économique et du pouvoir politique. Le développement local doit s’insérer et se développer dans des groupes sociaux, des populations, des ethnies, qui sont minoritaires.

Tel est le cas, en France dans « les pays » en zones rurales, au Québec, dans le pays basque espagnol etc. Suivant notre analyse, jamais le développement local et plus largement le mouvement coopératif et mutualiste qui s’y rattache, ne pourrait devenir majoritaire et dominant.

Cette première conclusion « pessimiste » pour ce qui concerne l’avenir du développement local, doit cependant être corrigée pour tenir compte des transformations de l’environnement politique (le rôle de l’État), des transformations quant aux aspirations sociales (l’élan de la base), des transformations de l’évolution de l’économie (la théorie de l’offre) et des évolutions technologiques (communication, informatique, biotechnologies).

Ces modifications de l’environnement peuvent créer des conditions telles que le développement local s’émancipe des zones périphériques et marginales pour largement se diffuser et, qui sait, devenir, à long terme, majoritaire, exclusif et à son tour dominant dans tout l’espace.

Jean-Louis Guigou, Correspondance municipale n° 246, mars 1984

Réforme territoriale : reconstruire les projets citoyens

Pour l’heure, il faut composer avec le grand redécoupage territorial qui nous conduit à 13 régions. Reconstruisons les territoires de projets citoyens !

Pour un peu, nous en revenions aux dix Igamies de la loi du 21 mars 1948, ces inepties de régions issues d’une vision décentralisatrice, commandées chacune par une métropole, et administrées par un inspecteur général.

On en est resté à 13, ce qui probablement ne survivra pas aux prochaines échéances territoriales, mais acceptons-en l’hypothèse.

Après ce charcutage territorial, napoléonien-gaulliste d’inspiration « compétitivité territoriale néo-libérale » que fait-on ?

Saisir l’opportunité de la réforme pour démocratiser les territoires

Hypothèse 1 : après 40 ans de combat pour le développement territorial on retourne dans sa jarre, tel Diogène de Sinope maugréant qu’en fin de compte, ils n’ont rien compris et que dans ce pays, le jacobinisme allié aux pseudos « élites économiques » triomphera toujours.

Hypothèse 2 : on se réveille le jour d’après ce 11 janvier 2015 émerveillé du génie de ce pays et de ses habitants et confiant en ce que sur la nullité de cette réforme territoriale on peut à partir de la base reconstruire un maillage de territoires et de projets citoyens.

Car paradoxalement la fusion des régions, la création des métropoles et la réforme territoriale ouvrent des espaces pour la construction des projets citoyens que nous avons toujours appelés de nos vœux.

Disparition programmée des départements

D’abord parce que les nouvelles régions seront des monstres technocratiques lointains qui, avec les métropoles, cannibaliseront les départements. Cela a déjà commencé. Le mercato est ouvert et la grande migration des cadres territoriaux des départements vers les régions et les métropoles a commencé. Dans un département du grand Est, outre le président du conseil général parti en préretraite au Sénat, le directeur général des services, le directeur général adjoint et le directeur des ressources humaines sont allés faire progresser leur carrière dans des collectivités territoriales plus porteuses. Dans les départements où se situent une métropole, les cabinets de recrutement regorgent de candidatures de cadres départementaux pour la région ou les agglomérations.

Ensuite, car le vide créé par la disparition programmé des départements va générer des besoins dans les territoires infra-métropolitains et infra-départementaux et que ce vide devra être comblé. Or, à la différence de l’époque des pionniers du développement territorial des années 70 et 80 qui ne pouvaient s’asseoir que sur le cadre juridique associatif, nous avons des outils pour ce faire : les grandes intercommunalités, les « territoires » pour les métropoles, les pôles territoriaux d’équilibre pour les espaces spacieux, en tout 2145 structures à fiscalité propre et 390 pays ou équivalents recensés par l’association des pays et des pôles territoriaux.

Nous avons la boite à outils, encore imparfaite car elle n’est pas toujours positionnée sur les bons territoires et encore trop peu démocratique.

Trouver le bon maillage territorial

Les métropoles démocratiques sont à construire, mais surtout la gouvernance des territoires non denses est à rebâtir pour suppléer à celle déclinante des conseils départementaux. Il y a encore trop d’intercommunalités trop petites construites défensivement contre l’agglomération, pour la seule gestion et non sur un projet citoyen. Il y a encore beaucoup de travail pour les commissions départementales de coopération intercommunales qui ont déjà réduit le nombre d’intercommunalités à fiscalité propre de 2409 à 1903 entre 2010 et 2014 pour organiser le maillage territorial qui semblerait le plus pertinent. Celui-ci devrait tourner autour de 250 agglomérations pour les espaces métropolisés et 500 pays structurés pour les territoires spacieux. L’objectif qui devrait leur être donné est de rapprocher, voire de fusionner l’échelon de gestion de l’intercommunalité avec le territoire de développement économique et culturel qui est à l’échelle pays.

Un grand chantier est à mener pour générer de nouveaux projets « post réforme territoriale » et démocratiser tous ces nouveaux espaces en militant pour que leurs responsables soient élus au plus tôt au suffrage universel direct et le citoyen associé à leur développement. Donnons un sens au découpage en reconstruisant les territoires de projets citoyens !

C’est le travail d’une nouvelle génération qui arrivera avec les prochaines élections territoriales.

Allez-y les Charlie, avec impertinence et créativité.

Michel Peraldi

« Ils ont volé la décentralisation » éditions l’Harmattan.

Portail documentaire « Agriculture biologique et développement local »

30 octobre 2014

La FNAB a élaboré un guide méthodologique visant à promouvoir et accompagner la transversalité dans les projets de développement territorial de l’agriculture biologique.

Ce guide propose :

  • Des monographies de territoires engagés dans des projets exemplaires ;
  • Des fiches outils pour intégrer l’agriculture biologique dans les documents de planification (Agenda 21, PCET, Charte de PNR, Trame Verte et Bleue, documents d’urbanisme, AAC, etc.) ;
  • Une fiche de recommandations méthodologiques illustrées de cas concrets pour mener des projets territoriaux concertés ;
  • Des fiches actions pour guider la mise en œuvre d’actions par les collectivités : agir sur le foncier, introduire des produits bio locaux en restauration collective, créer des jardins partagés, s’engager dans la gestion sans pesticide des espaces publics, etc.

Et plus largement des informations et ressources documentaires sur l’approche territoriale du développement de l’agriculture bio.

 Source : fnab.org

 

16 et 17 octobre à Dinan : séminaire du Réseau rural français

Le Réseau rural français vous convie, à Dinan les 16 et 17 octobre 2014, pour participer au séminaire national « Leader au coeur du réseau rural » : regards croisés sur les thèmes du développement local.

Ce séminaire, accueilli par le GAL Pays de Dinan sera le grand rendez-vous des territoires LEADER (ou « FLAG » ) ou aspirant à le devenir lors de la programmation 2014-2020. Il s’adresse donc à tous les territoires.

Le séminaire croisera les regards entre les actions des GAL et les travaux thématiques menés par les groupe thématiques nationaux du Réseau rural français : quelles approches et quels enrichissements mutuels ? Quelle plus-value de l’approche territoriale LEADER par rapport aux thèmes traités ? Quels enseignements peuvent être transférés ? quels nouveaux thèmes abordés ?

L’accent sera mis sur les témoignages des acteurs de terrain, sur le croisements de regards, d’expertises et de techniques entre les Groupes d’action locale (GAL) et les groupes thématiques nationaux (GTN) dans le cadre de leurs travaux thématiques.

Ces échanges, notamment en atelier,  concerneront sur les thèmes suivants :

• Valorisation des ressources locales :

o circuits alimentaires de proximité,

o forêt-bois, biomasse , filières locales pour la construction durable

• Accueil et Services en milieu rural

• Gestion de l’espace

• Entrepreneuriat rural

Vous trouverez le programme à partir de ce lien.

Pour vous inscrire

 

 

 

 

Un dispositif gouvernemental pour revitaliser les centres-bourgs

Sylvia Pinel, ministre du Logement et de l’Egalité des territoires, a lancé aujourd’hui avec Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, et George Pau Langevin, ministre des Outre-Mer, un dispositif expérimental pour la revitalisation des centres-bourgs.

Dans les zones rurales ou périurbaines de métropole et d’Outre-mer, la présence de centres-bourgs animés est indispensable à la qualité de vie de nos concitoyens, à la cohésion sociale et au développement économique local. C’est un enjeu majeur pour l’égalité des territoires.

Le gouvernement a donc décidé de mobiliser près de 40 millions d’euros cette année (notamment via le Fonds national d’aménagement du territoire et l’Anah) qui, en complément d’autres financements, permettront à des centres-bourgs de réaliser un projet de revitalisation en créant une offre de logements, de commerces, d’équipements et de services adaptés aux besoins des habitants, et ainsi de limiter l’étalement urbain.

300 centres-bourgs déjà identifiés sont invités à déposer une candidature, qui devra être portée conjointement par la commune et l’intercommunalité dont elle dépend d’ici le 12 septembre 2014. Parmi eux, environ 50 seront accompagnés par l’Etat via ce dispositif pilote.

Découvrez le dispositif expérimental :

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Le journal multimédia issu de l’Université d’été

L’UNADEL vient de publier le journal issu de l’Université d’été du développement local 2012.

Ce Journal multimédia met en évidence quelques uns des principaux thèmes des échanges et des visites de cet événement national qui s’est déroulé il y a 3 mois à Marseille autour du thème « Economie : le pouvoir des territoires« .

 

Dans une économie mondialisée et financiarisée peut-il encore exister des systèmes économiques locaux singuliers qui ne fonctionnent pas tous selon le même modèle ?

Pour les participants de l’Université d’été du développement local, réunis à Marseille, la réponse est oui. Il ne s’agit pas de s’affranchir de la mondialisation ni de remettre en cause les acquis de l’État providence mais bien de proposer un changement de sens. Car le territoire n’est pas un lieu mais un milieu, il se définit par la capacité de ses acteurs à savoir mobiliser les ressources locales tout en s’ouvrant à celles du monde. Aussi les acteurs du développement local s’estiment-ils aujourd’hui porteurs d’un devoir d’invention et réclament une évolution forte des politiques publiques et des pratiques des acteurs autour de propositions cadres.

Conçu sous format multimédia, facile à diffuser, ce journal présente un foisonnement de réflexions autour de ces questions, sous la forme d’articles, de reportages audio et de vidéos.

Nous espérons que sa lecture suscitera plaisir et intérêt, et qu’il contribuera modestement au vaste chantier actuel de renouvellement des stratégies et des dynamiques économiques locales.

Découvrez le jourmal de l’UDL 2012 en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://developpementlocaldotorg1.files.wordpress.com/2012/12/economie-le-pouvoir-des-territoire-version-web.pdf

 

Nous vous souhaitons une bonne lecture-écoute-vision, et bien sûr, de bonnes fêtes de fin d’année !

Communiqué de l’Unadel

ECONOMIE : DéVELOPPONS LE POUVOIR DES TERRITOIRES !

 

L’Université d’été du développement local organisée par l’UNADEL et ses partenaires[1], les 12, 13 et 14 septembre à Marseille a accueilli plus de 300 participants : élus, agents de développement, associations, collectivités, entreprises et universitaires. Venus de toute la France, les acteurs du développement local ont pu décliner les modalités d’exercice du pouvoir économique territorial à différents niveaux et dans divers milieux : métropolisation, districts industriels, renouveau des espaces ruraux…dans un contexte de mutations que l’on peut retrouver partout en France.

 

Les acteurs du développement local ont partagé la même analyse d’une situation économique et sociale en France et en Europe trop dégradée pour pouvoir attendre une reprise incertaine. Face à la crise économique et écologique, le renforcement de l’ancrage local de l’économie est désormais un enjeu de premier plan pour les élus, les acteurs locaux, mais aussi pour nombre de nos concitoyens. De plus en plus de territoires ruraux, périurbains et urbains s’interrogent et tentent de construire de nouvelles stratégies de développement mieux adaptées à ces nouveaux défis. Sur le terrain, de nombreuses initiatives existent déjà et s’inscrivent dans des modèles bien connus ou relèvent de pistes émergentes : économie circulaire, économie résidentielle, économie sociale et solidaire, renforcement de l’économie productive, relocalisation… Mais ces initiatives sont encore trop souvent cloisonnées et la valeur ajoutée des processus de développement local nettement sous-estimée.

 

Les acteurs du développement local considèrent que le territoire n’est pas un lieu mais un milieu à partir duquel se développent des processus de régénération et de rebond du tissu économique local. Les ressources économiques et environnementales des territoires, leur attractivité, la dynamique de leurs acteurs, l’implication de leurs entreprises et de leurs habitants, leur capacité à dialoguer, à construire du lien, à coopérer, et à se faire confiance, conditionnent leur potentiel de développement. Face à la crise, les processus de développement local qui se tissent au sein des territoires de projet, tels que les pays, les parcs naturels régionaux ou encore les intercommunalités, constituent des leviers précieux de dynamisme économique, de cohésion sociale et de transition écologique. Ils offrent enfin une possibilité de réappropriation des choix économiques par les collectivités locales et par les habitants. Les territoires ont aujourd’hui un pouvoir de mobilisation, d’invention et de construction collective autour de projets de développement qu’il convient de reconnaître et de soutenir.

 

A la veille des Etats généraux de la démocratie territoriale, alors qu’une nouvelle étape de décentralisation se dessine, les acteurs du développement local demandent aux pouvoirs publics de faciliter ces dynamiques en libérant les initiatives des territoires de projet par un cadre législatif et des politiques publiques adaptés ; en mettant au cœur de celles-ci les processus de développement et le décloisonnement des acteurs ; en renforçant les modalités et les moyens de contractualisation qui permettent à ces processus de s’inscrire dans la durée ; et en développant enfin le pouvoir d’agir des citoyens y compris dans le champ économique.

 



[1] L’Université d’été du développement local a été organisée en partenariat avec l’ARDL Paca, la Région Provence Alpes Côte d’Azur, le Conseil de développement de Marseille Provence Métropole, le magazine « Alternatives économiques », la Datar et la Caisse des Dépôts et Consignations.

 

La Déclaration de Marseille

L’Université d’été du développement local s’est achevée vendredi 14 septembre par une déclaration commune, appelée « Déclaration de Marseille », découvrez la ci-dessous.

Préambule :

Le 23 juin 1792, sous l’impulsion de François Mireur, le bataillon des Marseillais, parti de la rue Thubaneau, a entamé la traversé de la France pour rejoindre Paris en transformant le chant de guerre pour l’armée du Rhin en Marseillaise.

220 ans plus tard :

Le 14 septembre 2012, sous l’impulsion de l’UNADEL, réunis au Pharo de Marseille, les acteurs du développement local, venus de France entière, portent la déclaration suivante aux princes qui nous gouvernent dans nos villes et dans nos campagnes.

300 acteurs du développement local, venus de tous les horizons et de tous les territoires, réunis à Marseille dans le cadre de la 3° université d’été du développement local organisée par l’UNADEL, l’ARDL, et le Conseil de Développement de la Communauté Urbaine Marseille- Provence- Métropole ont partagé la même analyse d’une situation économique et sociale en France et en Europe trop dégradée pour pouvoir attendre une reprise incertaine. En prenant acte de la fin probable d’un système, ils ont exploré la voie d’une autre économie à laquelle ils sont profondément attachés depuis longtemps, bien avant les errements de notre temps, en donnant un contenu pratique à leurs convictions.

Ces acteurs estiment qu’une autre façon de faire de l’économie est dans la capacité reconnue aux territoires de pouvoir exercer un pouvoir économique. Le mot est large mais l‘ambition est forte. Il ne s’agit évidemment pas de s’affranchir de la mondialisation ni de remettre en cause tous les acquis de l’Etat Providence mais bien de proposer un changement de sens. Le territoire est un lieu de vie. Il peut se décliner de différentes façons. Il se définit par la capacité de ses acteurs à savoir mobiliser toutes les ressources locales tout en s’ouvrant à celles du monde. Toute société est inscrite dans un territoire qui lui donne sens.

Les acteurs du développement local, réunis à Marseille, estiment que le territoire n’est pas un lieu mais un milieu et voient dans ses potentialités des opportunités de développement encore mal exploitées. L’analyse économique met en évidence les recompositions territoriales à l’œuvre qui remettent en cause les oppositions classiques entre le monde urbain et le milieu rural. La métropolisation, la péri–urbanisation, le renouveau des espaces ruraux, l’attention apportée à l’économie résidentielle, les séparations entre lieux de vie et lieux de travail traduisent aussi le comportement des entreprises dans leur choix de localisation et des ménages dans leur mode de vie. L’idée d’un modèle unique s’éloigne pour créer les conditions d’un développement ancré sur des espaces vécus. Le territoire devient alors celui où la politique s’invente, le pouvoir économique s’exerce, la mobilisation citoyenne s’affirme. Chacun, au croisement de ses ressources endogènes et exogènes, de sa culture, de son histoire et de sa géographie, doit pouvoir construire son propre projet. Les collectivités territoriales, les E.P.C.I. les pays, les parcs naturels régionaux ne se moulent pas dans le même modèle et valorisent leurs avantages comparatifs spécifiques. Leurs ressources économiques et environnementales, leur attractivité, la dynamique de leurs acteurs, l’implication de leurs entreprises et de leurs habitants, leur capacité à dialoguer, à construire du lien, à coopérer, à se faire confiance conditionnent leur développement.

Les acteurs du développement local estiment que le renforcement de l’ancrage local de l’économie est d’une urgente nécessité. Face à la crise économique et écologique, ils constatent que de nouvelles approches émergent et en ont débattus : l’économie circulaire, qui consiste à faire des déchets des uns les ressources des autres, et à concevoir ensemble le cycle de production et le cycle de vie des produits ; ou l’économie de la fonctionnalité et des services qui consiste à ne plus privilégier la vente de biens, mais plutôt leurs usages et leurs fonctions, en imaginant une offre globale de solutions articulant produits et services ou encore l’économie résidentielle qui ne saurait être dissociée de l’économie productive

Dans le cadre des 9 ateliers et des visites de terrain qui leur ont été proposés à Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne, la Ciotat, Arles, Forcalquier, les acteurs du développement territorial ont pu décliner les modalités d’exercice du pouvoir économique local à différents niveaux et dans divers milieux : métropolisation, districts industriels, initiatives sociales et solidaires, économie verte, renouveau des espaces ruraux…dans un contexte de mutations que l’on peut retrouver partout en France. Les résultats observés dans la mise en œuvre du pouvoir économique dans les territoires de Provence ont convaincu les participants du réalisme de leur ambition.

Les acteurs du développement local ont revendiqué la nécessaire construction d’une culture commune de la diversité des territoires en sortant d’une pensée unique et de visions partielles par l’organisation et l’animation d’espaces ouverts de rencontres, d’échanges et de débats.

Ils ont partagé la conviction de la complexité des territoires et des outils à mettre en place pour les comprendre dans toutes leurs dimensions, compte tenu de la diversité des entreprises et du pluralisme des acteurs.

Ils ont estimé indispensable l’ouverture des espaces de décision aux citoyens, en sortant du monopole de la légitimité représentative pour mettre les relations de pouvoir au service de l’intérêt général.

Par conséquent, les acteurs du développement local demandent aux pouvoirs publics de faciliter ces approches en libérant toutes les initiatives des territoires par un cadre législatif adapté Les Régions doivent pouvoir, par des schémas prospectifs à caractère prescriptifs, exercer un véritable pouvoir économique et intervenir plus largement et plus facilement auprès des entreprises. Les Conseils Généraux, les E.P.C.I., les pays et les parcs naturels régionaux seront leurs partenaires contractuels naturels comme, à un autre niveau, l’Etat et l’Union Européenne dans une démarche construite sur la convention et le projet. La mise en réseau de ces territoires d’initiatives permettra de mutualiser des procédures, de valoriser les réalisations exemplaires et de tracer le cadre de nouvelles politiques économiques adaptées aux ressources et aux problématiques locales de notre temps.

Réunis à Marseille, les acteurs du développement local s’estiment porteurs d’un devoir d’invention.

Marseille, le 14 septembre 2012

Marseille, capitale du développement local !

L’Union nationale des acteurs et des structures du développement local (UNADEL) a décidé de poser ses cartables de fin d’été à Marseille du 12 au 14 septembre. Cette troisième édition de l’Université d’été du développement local aura pour thème: « Economie : le pouvoir des territoires ».

 

Alors que la finance internationale est devenue tout à la fois indépendante de l’économie réelle, incontrôlée et incapable de répondre aux besoins en financement des entreprises, le renforcement de l’ancrage local de l’économie est devenu un enjeu de premier plan pour les élus, les acteurs locaux, mais aussi pour nombre de nos concitoyens. De plus en plus de territoires ruraux, périurbains et urbains s’interrogent et tentent de construire de nouvelles stratégies de développement mieux adaptées à ces nouveaux défis. Sur le terrain, de nombreuses initiatives existent déjà et s’inscrivent dans des modèles bien connus ou des pistes émergentes : économie circulaire, économie résidentielle, économie sociale et solidaire, renforcement de l’économie productive, relocalisation…

 

Quels potentiels de développement pour les territoires de projet ces leviers représentent-ils réellement ? Quelles stratégies de développement les territoires peuvent-ils construire pour répondre à ces enjeux en prenant bien en compte les interdépendances à l’œuvre ? Comment les ressources locales sont-elles mobilisées ou peuvent-elles l’être davantage ? Comment renforcer le pouvoir d’agir des citoyens en matière économique ?

 

Ce sont ces questions et ces enjeux, qui interpellent aujourd’hui de nombreux territoires et populations, que l’UNADEL et l’ARDL Paca proposent de mettre en débat lors de la troisième édition de l’Université d’été du développement local qui se déroulera les 12, 13 et 14 septembre 2012 à Marseille.

 

Pour vous inscrire (date limite : 11 septembre) ou pour obtenir plus de renseignements connectez-vous au site: http://www.developpementlocal.org ou contactez l’UNADEL (Stéphane loukianoff) au 01 45 75 91 55 – O6 71 71 57 17 unadel@wanadoo.fr