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Sortir d’une démocratie à la Ponce Pilate, par Abdenour Bidar

REGARD. Le philosophe, spécialiste de l’islam et des évolutions contemporaines de la vie spirituelle, appelle à une inversion du rapport entre le pouvoir et le peuple, “infantilisé” par le système actuel.

L’ObsPublié le 09 octobre 2016 à 17h08

“Pour réenchanter la société, le pouvoir doit être animé par l’ambition d’encourager, d’alimenter la capacité à faire des citoyens.” Cette phrase prononcée il y a quelques années par le socialiste Michel Dinet, promoteur de la décentralisation, devrait nous interpeller de manière particulièrement urgente.

L’indifférence, la défiance et le rejet qui s’expriment à l’égard de la classe politique démontrent que nous avons depuis trop longtemps oublié de nous poser ensemble ce type de question. Comme si le rôle des politiques continuait d’aller de soi. Or justement non, il ne va plus du tout de soi. Et c’est bien là que le bât blesse.

La campagne qui s’ouvre ne nous fait que des propositions aussi classiques que dépassées : la publicité d’un “homme providentiel” qui “rassemble”, et la litanie de ses promesses menton levé. On reste ainsi dans le schéma qui précisément ne fonctionne plus : un pouvoir qui montre la voie, ou qui est censé le faire, et un peuple qui suit.

Une démocratie à la Ponce Pilate : nous confions la responsabilité des affaires publiques à des chefs puis nous nous en lavons les mains. Nous votons comme on se débarrasse, pour nous dessaisir de questions censées nous dépasser. Le gouvernement berger guide et garde le troupeau de ses administrés.

Un système infantilisant

Combien de temps encore va-t-on supporter de rester dans cette enfance de la démocratie ? Dans ce système infantilisant qui maintient le peuple sous tutelle, qui maintient, en le transférant sur le plan politique laïque, le modèle religieux d’une caste d’”élus” tout-puissants capables d’ouvrir devant tous les autres la mer Rouge de l’intérêt général ?

Si cela ne nous convient plus du tout, c’est que nous sommes prêts en réalité pour tout autre chose, qu’il faut bien appeler un renversement démocratique. Non pas une révolution mais l’inversion du rapport qui a prévalu jusqu’ici entre le pouvoir et le peuple.

SONDAGE. Comment les Français veulent rénover la démocratie

Cela voudrait dire d’abord qu’à la place de la question habituelle adressée aux candidats : “Qu’allez-vous faire pour nous ?”, nous leur en posions cette fois une toute nouvelle : “Qu’allez-vous nous donner les moyens de faire ?” Allez-vous enfin faire appel à notre initiative et à notre intelligence citoyenne ? Allez-vous enfin mettre votre action au service de la nôtre ?

A ces questions, il ne suffira pas de répondre “oui bien sûr, c’est justement l’originalité de ma candidature” – comme le feront les plus opportunistes.

Un authentique pouvoir citoyen

Cela requiert de décentraliser l’exercice de la responsabilité politique jusqu’à la faire exister au quotidien à l’échelle la plus locale pour la totalité de la population.

Cela implique notamment de repenser complètement la place du travail productif dans notre existence sociale : faire en sorte, comme le préconisait Hannah Arendt, que chacun reçoive un salaire décent pour un temps de travail largement diminué qui lui laisse le loisir actif de participer réellement à la vie publique au sein d’associations, d’instances de délibération collectives investies d’une vraie fonction de décision.

Présidentielle : ces mouvements citoyens qui veulent s’inviter en 2017

Avons-nous d’autre choix désormais que de réclamer ces conditions d’un authentique pouvoir citoyen ? Il n’y a plus aucune lumière qui vienne d’en haut : les programmes sont d’autant plus pléthoriques qu’ils sont vides de toute vision.

Voilà pourquoi nous tous, citoyens de tous bords, devons saisir l’opportunité de cette grande année politique pour revendiquer que soit complètement revu le contrat de l’élection. Plutôt que de nous en laver les mains une fois de plus, une fois de trop ?

Abdennour Bidar

 

Nouvelles communautés de communes XXL : la fin du développement local rural ?

Wesserling vue ciel
Par François Tacquard, président de la communauté de communes de la Vallée de Saint-Amarin (13 000 habitants et 15 communes). Directeur d’un bureau d’études en développement rural qui a accompagné la création et /ou le développement de plus de 100 communautés de communes rurales dans toute la France.

Partout en Europe, les petites communes se sont regroupées pour développer de nouveaux services. L’attachement à l’échelon communal en France a conduit à des regroupements intercommunaux, préservant ainsi l’échelon communal. L’évolution législative actuelle vient bousculer le bon exercice démocratique qui existait jusqu’alors.

Dans l’Europe de l’après-guerre, les habitants des campagnes ont souhaité bénéficier des services modernes, comme dans les villes : de l’eau potable, des services à l’enfance, de la culture, etc. Mais les petites communes rurales ne pouvaient y répondre. Aussi, presque partout en Europe, les États ont obligé les communes à fusionner en ensemble de 5 000 à 15 000 habitants. Sauf en France, où l’attachement des habitants à leurs petites communes rurales a bloqué les fusions. L’État a donc encouragé les regroupements intercommunaux, seuls aptes à créer ces nouveaux services. Les premiers syndicats de communes ont été créés dès les années 1950. Mais c’est surtout à partir des années 1980, avec la décentralisation, que des syndicats d’aménagement et de développement (devenus plus tard communautés de communes) ont organisé la vie locale. Ce mouvement, puissant, a été apprécié par les ruraux qui voyaient une chance pour le développement local. Il s’est organisé sur des espaces de taille restreinte, les bassins de vie ruraux, avec de 10 à 40 communes rassemblant de 5 000 à 20 000 habitants, polarisées en général autour d’un bourg-centre où se trouvent le collège et le supermarché. Les habitants, qui fréquentent les mêmes services communs, s’y reconnaissent.

Vivre et travailler au pays

Dans ces territoires de taille restreinte, le slogan « vivre et travailler au pays » a été mis en pratique par des élus militants et des groupes d’habitants engagés. Des centaines de projets économiques, sociaux et culturels ont été mis en œuvre et ont changé la vie des habitants. Tout cela avec une bonne démocratie territoriale, les petites communes ayant presque autant de voix que les grandes, ce qui obligeait à un très grand consensus. Les 22 régions de France, collectivités à part entière à partir de 1982, ont puissamment appuyé ce mouvement. Cette révolution des campagnes a commencé à s’affaiblir à partir des années 2000, avec l’affaiblissement du mouvement du “développement local” et une certaine technocratisation départementale et régionale.

Une évolution législative peu démocratique

Mais c’est surtout les lois récentes, portées à priori par de bons sentiments, qui vont dans le sens contraire d’une bonne organisation du milieu rural.
Pour favoriser théoriquement une meilleure démocratie représentative, il faut à présent que le nombre de délégués des communes corresponde à la taille de la population, ce qui déstructure la démocratie territoriale : 3 à 4 grandes communes sur 20 peuvent à elles seules prendre des décisions contre l’avis des autres. Le consensus n’est plus nécessaire : le clientélisme et les baronnies peuvent s’exprimer ! Et des portions de territoire n’ont plus droit à la parole.
Pour corriger la faible taille de certaines communautés de communes et parfois leur incohérence géographique, la loi oblige maintenant à faire des regroupements minimums de 15 000 habitants (5 000 habitants en zone de montagne). Ainsi, par exemple, une communauté de communes de 10 000 habitants en plaine, qui fonctionne bien et qui mutualise de plus en plus de services communaux, se voit obligée d’intégrer une grande communauté d’agglomération, où elle n’est qu’un « hinterland ».

Des regroupements « poids lourds » encombrants

Encore plus grave, dans certains secteurs, la commission départementale de coopération intercommunale a poussé à la création d’énormes communautés de communes rurales (XXL), rassemblant entre 80 et 120 communes pour dépasser les 50 000 habitants, avec le prétexte « d’avoir un poids dans la Grande Région ». Le pouvoir y sera probablement concentré aux mains de quelques « barons locaux » et les petites communes seront marginalisées. Il faudrait créer une nouvelle administration, coûteuse, pour gérer ces grands espaces. La mutualisation croissante des services communaux, constatée jusqu’à présent dans les communautés rurales, s’arrêtera : les communes seront réticentes à donner de nouvelles compétences à ces grands ensembles lointains. Et il faudra au contraire recréer des syndicats intercommunaux locaux pour gérer ce qui n’intéresse que quelques communes. Et l’investissement bénévole de nombreux élus sera découragé ! Quant aux habitants, ils ne se reconnaîtront plus dans ces très grands espaces.
Bref, tous les avantages de la révolution intercommunale rurale des années 1980 s’affaibliront. Et le spleen des campagnes continuera à s’accroître. Tout cela suite à de bonnes intentions qui méconnaissent les réalités locales. C’est désolant ! J’en appelle à un sursaut d’intelligence territoriale et à moyen terme de l’avenir du rural. Cela est encore possible. F.T. 15062016

Ne pas confondre bassin de vie rural et bassin d’emploi

Le bassin du vie rural est une réalité géographique évidente, dont l’abandon comme base des communautés rurales est une grande erreur. Les études de l’Insee le montrent bien, l’échelon moderne pour servir la population rurale est le bassin de vie rural, comprenant de 10 à 40 communes, polarisé autour d’un bourg centre ou d’une petite ville, où se trouvent en général un supermarché, un collège et d’autres services courants. C’est à cette échelle que, spontanément, se sont organisées la plupart des communautés communes. Les habitants s’y connaissent parce qu’ils fréquentent beaucoup d’équipements communs, comme l’école de musique, le gymnase, la médiathèque etc. Il y en a plus de 1 200 dans la France rurale, hors des grandes agglomérations. C’est le canton du 21e siècle. Le bassin d’emploi a une taille beaucoup plus grande. Il comprend de 60 à 150 communes, polarisées autour d’une ville moyenne, et offre des services structurants comme le lycée et l’hypermarché. La ville concentre beaucoup d’emplois et donc structure les déplacements domicile travail (et les besoins en transport). La création, à, partir de 1990, des syndicats de « Pays », rassemblant trois à six communautés de communes rurales, a tenté d’organiser cette deuxième échelle, très différente : les questions de transport, de formation et d’emploi, de promotion économique et d’aménagement du territoire (dont le Scot) y trouvent leur place évidente. Il y a 300 bassins d’emploi en France, hors de la région parisienne. C’est l’arrondissement du 21e siècle.
Il est vrai que les syndicats de « Pays » ont du mal à exister face à la dynamique forte des communautés de communes rurales, qui n’y délèguent que des compétences légères, comme, par exemple, le plan climat énergie. Mais organiser des communautés de communes rurales à une telle grande échelle, c’est abandonner la dimension de proximité des habitants qu’offre le bassin de vie rural.

Le nouveau zonage en bassins de vie de 2012 par Chantal Brutel, division Statistiques régionales, locales et urbaines et David Levy, pôle Analyse territoriale, Insee.

En France, les bassins de vie sont définis comme les plus petits territoires au sein desquels les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants. C’est dans ces contours que s’organise une grande partie du quotidien des habitants. En 2012, 1 666 bassins de vie structurent le territoire national, dont 1 287 sont qualifiés de ruraux au sens des critères adoptés par la Commission européenne. Les bassins de vie ruraux sont naturellement plus étendus et moins densément peuplés que les bassins de vie urbains ; les équipements y sont moins variés. C’est pourtant dans ces bassins que la population a le plus augmenté au cours de la dernière décennie.

La France a mis en œuvre (jusqu’il y a peu) une organisation originale du territoire rural.

Presque tous les pays d’Europe ont obligé leurs communes rurales à fusionner en des ensembles de taille suffisante pour développer des services modernes à la population. La France a choisi un modèle original qui a le mérite d’allier efficacité et « démocratie communale de proximité ». Les 32 000 communes rurales, animées par près de 500 000 conseillers municipaux, se sont groupées dans des communautés de communes, capable de développer des services nouveaux. La démocratie locale y est restée vive grâce à ce réseau d’élus locaux, mais également de citoyens militants qui trouvent un appui à leurs projets dans les communautés de communes, dotées d’une bonne puissance technique et financière. Les agents de développement animent le territoire, riche acteurs voulant « vivre et travailler au pays », très nombreux à partir des années 1980. Incitées par des mécanismes financiers (le fameux CIF, coefficient d’intégration fiscale), les communes ont progressivement transféré des compétences techniques aux communautés, ce qui a permis de rationaliser une partie des services locaux. Certes, le mouvement est aujourd’hui inachevé puisque des compétences importantes et coûteuses, comme la voirie et l’école primaire, restent souvent communales. Comme le rappelle chaque année la Cour des Comptes, il faut continuer à rationaliser l’action publique locale pour éviter les surcoûts importants constatés aujourd’hui. De mon point de vue, il faudrait aller au bout de la logique en confiant à la communauté de communes la gestion de l’ensemble des services locaux, tout en préservant le rôle du maire et de ses conseillers dans l’animation du tissu local, ce qu’ils font très bien.
La création de très grandes communautés de communes rurales XXL va à l’encontre ce mouvement. Les maires ne souhaiteront plus donner de nouvelles compétences à des énormes structures lointaines, gérées par une technocratie puissante. Au contraire, la tentation sera forte de préserver dans son pré carré le maximum de compétences. Il faudra créer de nouveaux SIVU pour gérer les problèmes locaux. Et l’investissement personnel de nombreux élus ruraux, source d’économies observées dans les communautés de taille raisonnable, sera inhibé dans ces grands ensembles.

Les premières communautés de communes rurales ont mis en place un modèle de gouvernance « horizontale», favorisant les initiatives de développement local. Ce modèle est aujourd’hui en cours de disparition.

Les lois de 1992 et de 1999, incitant à la création des communautés de communes, ont laissé beaucoup de liberté aux territoires pour leur organisation politique, avec en particulier une grande marge quant au choix du nombre de délégués des communes. Pour rassurer les petites communes, la plupart des communautés ont fondé des « pactes de gouvernement » très « horizontaux » : les grandes communes avaient à peine quelques délégués de plus que les petites, ce qui obligeait à un consensus pour toutes les décisions. Chaque maire était représenté au Bureau où se pratiquait une grande concertation. Le président n’était que le premier parmi ses pairs. Souvent, les conseils municipaux envoyaient à la communauté de communes des délégués innovants (et même remuants), motivés par les projets intercommunaux, qui avaient donc une position d’influence. Ces derniers ont favorisé de nombreux projets de développement local, en général en collaboration avec des groupes de « citoyens amis », eux-mêmes imprégnés de la culture du « vivre et travailler au pays », très présente dans les années 1970/1980. C’est ainsi qu’ont été créés des services à l’enfance, des projets d’agriculture de circuits courts, des espaces culturels, etc. La campagne s’est mise à bouger !
Ce modèle vertueux est en train de disparaître aujourd’hui, au nom de la démocratie représentative et d’une augmentation déraisonnable de la taille de certaines communautés. La loi oblige à présent à prévoir un nombre de délégués presque proportionnel à la population de chaque commune. Les grandes communes qui peuvent avoir jusqu’à 10 fois plus de délégués que les petites communes, qui n’en n’ont plus qu’un seul, le maire, désigné automatiquement. Les petites baronnies en sont favorisées puisque quelques grandes communes peuvent prendre le pouvoir à elle seules ! Et les délégués innovants disparaissent du circuit ! Dans les très grandes communautés de communes rurales, la nécessaire technocratie se trouve bien loin des citoyens porteurs de projet. Eux-mêmes ne reconnaissent plus comme proches ces institutions. C’est la fin du développement local, pourtant jamais aussi nécessaire dans les campagnes qui ont souvent le spleen, faute d’un avenir lisible. La crise grave que vivent les paysans gestionnaires de l’espace rural, mais également les postures de plus en plus juridiques et technocratiques des institutions supérieures, amplifient le désarroi. Et finit d’achever le développement local./h5>

Appel au financement participatif et solidaire de l’Unadel

Depuis 1992, nous avons vécu ensemble des moments extrêmement forts et des périodes de doute profond, non pas sur le bienfondé de notre engagement mais sur notre capacité à surmonter tous les obstacles, notamment financiers. Faire vivre un réseau national est compliqué y compris et surtout quand tout le monde s’accorde à reconnaître son utilité pour la cohésion et pour favoriser l’expérimentation, l’innovation et la construction de nouveaux possibles collectifs.

A chacune de ces étapes les acteurs du développement local ont répondu présent et se sont mobilisés. Nous voulons croire qu’il en sera encore de même cette fois-ci parce que l’action de l’Unadel est reconnue et attendue, que les partenariats traditionnels avec le Commissariat général à l’égalité des territoires, la Caisse des dépôts et Mairie-conseils sont en cours de renouvellement.

Des actions de formation et d’accompagnement sont programmées dans diverses régions ainsi que dans le cadre de la coopération internationale, une nouvelle campagne d’adhésion est lancée.

Les rencontres organisées en région et les écoutes territoriales qui font la spécificité de notre réseau permettent d’élargir le cercle de nos adhérents, notre savoir-faire et notre expérience ont fait leur preuve, que ce soit dans l’animation des plateformes collaboratives comme le Carrefour des métiers du développement territorial ou dans l’aide à l’installation et à l’animation des conseils citoyens et des conseils de développements dans les pôles, les pays et les intercommunalités.

Notre manque de trésorerie et de fond de roulement provient :

  • des délais de négociation des contractualisations,

  • de la frilosité des banques qui préfèrent nous facturer des frais sur des dégagements financiers autorisés dans le cadre de la loi Dailly plutôt que d’ouvrir une ligne de trésorerie dans l’attente des notifications de subventions,

  • de l’augmentation de nos charges de fonctionnement pour nous permettre de faire face au développement de notre activité

  • de l’obligation de développer et de diversifier l’activité et les prestations pour réduire notre dépendance,

  • des contraintes qui nous sont imposées et qui ont conduit à accepter de porter des actions, indispensables pour rester partenaires, mais insuffisamment financées et finalement déficitaires.

Le paradoxe est que nos budgets augmentent d’année en année avec le développement de nos actions mais que les recettes afférentes s’échelonnent sur plusieurs exercices et servent la plupart du temps à financer des dépenses réalisées sans nous permettre de dégager les marges nécessaires pour prévoir les dépenses à venir.

Aussi le conseil d’administration a décidé de réduire les dépenses de fonctionnement en prenant plusieurs mesures contraignantes comme celle de ne pas remplacer la déléguée générale pendant une période de 6 mois, de coopter un nouvel administrateur en la personne de Jean Maillet et de lui confier le secrétariat général de l’association qu’il assurera bénévolement pendant cette période, et enfin de reconstituer la trésorerie en faisant appel au financement participatif incluant l’adhésion au réseau.

Toutes les contributions peuvent être apportées, quel que soit leur montant.

Vous trouverez toutes les indications pour nous envoyer votre contribution dans le bulletin de soutien.

Bien entendu nous nous engageons à rendre compte régulièrement du résultat de cet appel.

Nous devons garantir notre indépendance et honorer nos charges actuelles et à venir d’ici l’été, ce qui ne permet pas d’envisager de contreparties à votre don. Les engagements de nos partenaires financiers nous permettront ensuite de reprendre un suivi de gestion normal.

Comptant sur votre bonne compréhension, votre soutien et votre engagement selon vos moyens, je vous remercie de votre confiance et vous invite d’ores et déjà à participer à notre prochaine assemblée générale qui se déroulera le vendredi 10 juin à l’assemblée nationale.

Fidèlement vôtre et pour le conseil d’administration

Claude Grivel, président

Voeux de l’Unadel : appel à l’imagination

La douceur de ce début d’hiver n’atténuera pas la froide horreur laissée par les attentats des 7 janvier et 13 novembre derniers.

CC sebastien amiet

CC sebastien amiet

Les fleurs, les textes, les photos et les flammes vacillantes des bougies, rassemblés sur les trottoirs de la rue Voltaire, devant les terrasses mitraillées et aux abords de la place de la République, témoignent du refus de faire aux terroristes l’honneur de notre haine.

La démocratie menacée

Les scrutins des 6 et 13 décembre sont lourds d’enseignements : les résultats du 1er tour ont traduit un rejet du système et de la classe politique. C’est aussi l’expression du désarroi des territoires ruraux et des chômeurs qui se sentent abandonnés. C’est enfin le signe d’une absence totale de repères, de mémoire collective et une brèche faite à la démocratie. Cette faille peut libérer les haines, les violences et les comportements les plus dangereux. C’est en même temps un blanc-seing pour les futurs rendez-vous électoraux.

Le second tour a vu se lever un front du refus face à la menace. Ce dernier rempart a fonctionné dans 3 régions dans des conditions différentes ; peut-t-il tenir encore longtemps ?

Le bulletin de vote et les mots sont nécessaires pour exprimer la cohésion d’une nation, mais sont-ils suffisants ? Le “Je suis Charlie” de janvier et le “Nous sommes Paris” de novembre ont servi de cris de rassemblement.

Appel à modifier l’action publique

Mais outre qu’ils ne suffisent pas à réunir tout le monde et qu’ils peuvent même diviser, ils ne peuvent pas servir de ciment pour consolider durablement notre charte républicaine, inclusive, solidaire et fraternelle et donner envie à la jeunesse d’y adhérer.

Il nous faut imaginer de bouger les lignes, de construire autrement les projets qui consolideront les communs de demain. Il n’y a pas de solution unique, mais un appel évident à modifier l’action publique et à reconstruire la confiance dans les territoires.

Je souhaite aux sympathisants, aux adhérents, aux administrateurs et à l’équipe de l’Unadel et des réseaux régionaux de profiter de la période des fêtes pour retrouver famille, amis, voisins, en faisant une place pour l’autre, l’étranger, l’inconnu, pour se reposer et reprendre des forces dans la chaleur de ces liens fraternels.

Appel à l’imagination

L’Unadel est adhérente de l’association Michel Dinet (AMD) qui s’est créée pour prolonger dans l’engagement, la pensée et l’action de celui qui a tellement apporté au mouvement du développement local et à notre réseau dont il a été le premier président.

Je vous propose de découvrir le texte de l’appel à l’imagination diffusé par l’AMD, conçu pour impulser une transformation des cérémonies traditionnelles de vœux en une journée annuelle, citoyenne et fraternelle. Cet appel s’adresse aux collectivités, associations et organisations qui souhaitent s’engager dans une voie imaginative et créatrice, en vue de renouer les contacts, en particulier avec les jeunes.

Aidez-nous à relayer cet appel autour de vous, aux élus locaux comme aux présidents d’associations.

Avec tous mes vœux pour vous, vos familles et votre territoire de projet.

Claude GRIVEL

État d’urgence, Cop 21, élections régionales : repenser nos projets de territoires

Pouvons-nous encore parler de territoires locaux, de démocratie participative, d’engagement citoyen dans un Pays déclaré en état d’urgence ?
Quelle est l’urgence réelle ? Tribune de Claude Grivel, président de l’Unadel.

Après les attentats de janvier et ceux du vendredi 13 novembre, l’urgence est-elle de pouvoir manifester librement pour dire notre rejet de la violence sous toutes ses formes, ou d’imaginer de nouvelles manières de faire reculer les peurs et la haine qui gangrènent nos rapports humains et nos sociétés, aussi sûrement que le libéralisme capitalistique débridé a pollué l’air, le sol et le ciel de notre planète ?

Le 20ème siècle avait fait tomber de nombreux tabous. Celui-ci les réhabilite alors que l’accès à la connaissance et à la communication n’a jamais été aussi libre. Régis Debray a pu faire l’éloge de la frontière parce que la libre circulation des hommes et des idées laissait espérer l’universalité du bonheur pour tous.
Or le tabou universel du meurtre est désormais contourné ; accepter le meurtre est un coup gravissime pour la société et bien davantage encore pour l’humanité. Nous savons que le meurtre est une atteinte à la fraternité.

Les morts aussi sont inégaux
Nos sociétés sont aujourd’hui confrontées à plusieurs formes de meurtres dont certaines émeuvent plus que d’autres. On s’est indigné devant l’horreur en janvier. Nous étions tous Charlie même si des interrogations demeuraient sur les limites de la liberté d’expression. Mais aucune limite, dépassée ou non, ne justifie le meurtre et l’assassinat. Nous sommes révoltés et bouleversés par les actes de guerre qui ont tué et blessé des centaines de jeunes innocents au Bataclan, à St-Denis ou sur les terrasses des 10ème et 11ème arrondissements. Nous sommes tous Paris !


On s’indigne moins quand ces massacres se déroulent en Centrafrique, à Beyrouth ou Tel-Aviv, quand des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient la guerre et la misère meurent dans les flots de la Méditerranée, victimes des passeurs et des embarcations de fortune tout autant que de l’indifférence générale ; on se pose des questions quand il s’agit d’accueillir sur notre sol ceux qui fuient leur pays dévastés par les bombardements et les exactions des uns et des autres et on réclame de fermer les frontières tandis que d’autres sont prêts à reconstruire des murs de la honte avec barbelés, chiens et miliciens armés et autorisés à tirer et à tuer.

Combattre les barbares 
Qu’avons-nous fait de notre histoire, de nos traditions, de notre culture, de nos valeurs ?
Réhabiliter le meurtre et le rejet de l’autre quel qu’il soit, cela a un nom : la barbarie !
Espérer gagner les grâces d’un Dieu quel qu’il soit en tuant et en se tuant, cela s’appelle de la crédulité et de l’obscurantisme. Préférer les forces de la mort à celle de la vie c’est condamner l’humanité et la planète.


Parce que nous avons choisi au contraire la résilience comme chemin de la construction de l’avenir, parce que dans nos villages et nos villes, dans nos territoires organisés et territoires de projet, nous préférons construire du lien, de la qualité de vie, nous appelons à tout faire pour mieux vivre ensemble. Cela passe par le développement de l’accueil de tous, jeunes et moins jeunes, en difficulté sociale ou plus favorisés, malades, handicapés ou bien portants, venus d’ici ou d’un ailleurs proche ou lointain.

Refuser le FN
Nous avons la chance de vivre dans un pays riche, nous pouvons partager. Nous pouvons accueillir et construire avec d’autres une société meilleure et combattre toutes les fausses bonnes idées simplistes qui sont le creuset du meurtre organisé et du rejet des autres.
Le terrorisme se nourrit de toutes nos attitudes de mépris et de rejet, comme de celles qui laissent à penser que nous pouvons tout régler en faisant la guerre ou en affichant nos couleurs nationales à nos balcons.

Nous pouvons redonner des couleurs à notre République : celles de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ! Celles de l’humanité fraternelle et bienveillante, de la solidarité et du partage, de la laïcité, qui accompagne la liberté de croire ou non, de pratiquer sa religion ou de mettre en avant ses seules valeurs humanistes.

Aux urnes citoyens !
En ce début de décembre, au moment où les Nations Unies tiennent conférence à Paris sur le climat et l’avenir de la planète exposée au réchauffement climatique, les électeurs sont conviés à élire leurs élus régionaux dans de nouveaux périmètres.
Les Français seront-ils au rendez-vous des régionales et de la COP 21 ?

Le premier risque est que l’abstention soit la première gagnante de ce scrutin des 6 et 13 décembre prochains. Si le vote ne fait pas tout, il est tout de même le premier acte marquant son appartenance citoyenne à la démocratie ; il est aussi la première marque d’attachement aux valeurs républicaines. Il est enfin la marque d’une participation au choix de ceux qui auront la responsabilité de mettre en œuvre les politiques publiques qui concernent la vie de nos territoires, qu’il s’agisse de formation, d’éducation, de mobilité, d’économie et d’emplois, de culture, de sport, de soutien à la vie associative.

La victoire du FN serait notre défaite
Le second risque est de voir les activateurs des peurs et les promoteurs de la haine et du rejet de l’autre prendre le pouvoir dans 1, 2 peut-être 3 régions sur les 13 nouvellement découpées. Or ces gens-là mentent aux français et laissent penser que leur programme protectionniste et souverainiste peut servir de paravent et régler les problèmes d’emplois et de pouvoir d’achat. Ces gens-là veulent réhabiliter le permis du tuer ; ces gens-là surfent sur la barbarie et le chaos pour installer un régime que nos ainés ont combattu en Europe et que fuient tous les errants de notre planète ; ne nous y trompons pas. Ceux qui souhaitent tout régler par la guerre et le meurtre construisent la dictature de demain.

Faire de la politique autrement
Le pouvoir régional décentralisé a beaucoup de progrès à faire pour construire une société plus agréable à vivre en lien avec les autres collectivités locales. Une campagne électorale centrée sur le contenu des projets plutôt que sur les leaders candidats à la présidence des nouvelles régions serait souhaitable pour mobiliser les citoyens. Nous devons tout faire pour que demain, dans nos régions, nous puissions coconstruire des politiques publiques ouvertes aux contributions citoyennes et à l’identification de priorités partagées entre les différents niveaux d’organisation, (communale, intercommunale, regroupée en pays ou en pôle, départementale et régionale).
Nous avons besoin de faire avec et non de subir les politiques décidées par les seuls élus qui croient tout savoir parce qu’ils sont légitimés par le suffrage universel, plus exactement par une petite majorité des gens qui vont encore voter. Nous n’avons pas besoin d’un parti qui décline en région son programme électoral présidentiel fut-il bleu marine.

Coopérer c’est l’avenir
Le développement local est un support des dynamiques de projet qui permettent de développer le vivre et le faire ensemble. Notre société en a grand besoin dans ses quartiers urbains comme dans ses plus petits villages. Au moment où les grands ensembles sont valorisés (grandes régions, grandes intercommunalités, grands pôles métropolitains, métropoles, etc…) il nous faut, plus que jamais, réaffirmer le besoin de penser global sans oublier d’agir local.


Cela passe par un véritable travail entre toutes les composantes de nos territoires, partenaires institutionnels, organisations diverses et variées mais aussi simples citoyens, pour faire vivre la proximité comme support de projets pouvant contribuer au mieux vivre ensemble localement tout en développant les coopérations entre les gens et entre les territoires. L’avenir n’est plus dans la compétition, mais dans la coopération et dans l’innovation sociétale.

Développer le travail en réseau
Des territoires résilients, accueillants et participants, sauront construire la proximité entre leurs habitants et entre leurs organisations, collectivités, sociétés publiques et privées ; ils sauront prendre leur place dans de grands espaces régionaux à condition de pouvoir développer le travail en réseau. Cela passe par un soutien fort à l’animation territoriale, un rééquilibrage des moyens de l’ingénierie trop souvent concentrée dans les villes et trop spécialisée pour pouvoir accompagner une participation citoyenne active en capacité de faire émerger des solutions. Il n’y a pas de problèmes dans les territoires locaux quand on considère qu’ils sont d’abord des ressources et de la capacité à faire émerger des projets et des solutions.

L’Unadel sera au service des exécutifs régionaux qui le souhaiteront pour faciliter la mise en œuvre et la consolidation des réseaux régionaux d’accompagnement des territoires organisés, porteurs de projets intégrés de développement et facilitateurs de l’engagement et de la participation citoyenne ; les interventions de l’Unadel et de ses réseaux régionaux peuvent aider à la formation et à la mise en place de conseils citoyens ou de développement, à la construction de communes nouvelles ou au renforcement de réseaux d’éducation populaire.

Fédérer les actions face à l’urgence écologique
Les élections régionales ont lieu en même temps que la COP 21. C’est un signe fort qui souligne combien les enjeux environnementaux devront servir de colonne vertébrale aux politiques régionales dans les années à venir. L’économie verte, les circuits courts, les économies d’énergie dans les bâtiments publics comme dans l’habitat, les mobilités écologiques, l’accès au numérique pour tous devront être prioritaires pour les régions au même titre que les solidarités le seront pour les départements. La maintien de la clause générale de compétence pour les seules communes et pour leur groupement, obligeront demain à trouver des solutions innovantes et participatives pour tout ce qui touche aux services et à la gestion des besoins des gens en proximité.


Il y a là de nouvelles perspectives pour construire de solides partenariats, à condition que l’espace républicain reste celui de l’agora et du vivre ensemble, dans l’égalité, la liberté et la fraternité.

Claude GRIVEL, président de l’Unadel

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Elections régionales : Marine Le Pen s’embourbe dans sa guerre contre « La Voix du Nord », lemonde.fr du 30.11.2015, Samuel Laurent

De l’intérêt d’une fondation pour les quartiers

Lundi 9 mars, le CGET conviait des spécialistes de l’aménagement à une réunion sur l’intérêt de créer une fondation sur les quartiers. Georges Gontcharoff y assistait pour l’Unadel.

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J’ai donc représenté l’Unadel à la réunion officielle sur l’opportunité de créer une fondation pour les quartiers au CGET. Je n’ai pas l’intention de faire un compte-rendu de cette réunion, mais seulement de donner quelques impressions personnelles subjectives. L’auditoire était surtout composé d’opérateurs de terrain qui se doivent de rester assez révérents vis-à-vis de l’État et n’ont émis que des critiques feutrées. J’ai eu du mal, mais je me suis tu, d’autant plus que nous ne sommes pas directement concernés.

Un article de la dernière loi sur la politique de la ville a chargé le gouvernement de présenter au Parlement un rapport sur l’opportunité de créer une fondation pour la politique des quartiers  (pas la Fondation Cartier, mais la fondation Quartiers). Un groupe de travail a rédigé un texte d’une dizaine de pages et entendait le soumettre avant dépôt au gouvernement aux représentants des associations de terrain et autres opérateurs.

Il s’agit essentiellement de pallier la raréfaction, voire le tarissement des crédits publics et de les remplacer par des collectes d’argent privé. D’où la présentation eschatologique, épiphanique des fondations, du mécénat, des dons privés, descendus de l’empyrée capitaliste pour nous sauver, parce qu’ils sont bons.. Les sauveurs sont arrivés. Comme on compte essentiellement sur l’argent des entreprises, on a surtout parlé du développement économique et de l’emploi pour les jeunes des cités. D’où la critique largement exprimée : il n’y a pas que l’économie ; les problèmes des cités c’est aussi l’école, la culture, la citoyenneté, l’identité… Les donateurs seront-ils aussi généreux pour ces matières non rentables ? Et même pour l’économie : nous avons eu une vision idyllique, avec exemples, des chefs d’entreprise qui ne demandent qu’à aider les jeunes des cités, pour leur ouvrir de mirifiques emplois (au SMIC ?, alors qu’ils gagneront dix fois plus dans l’économie souterraine et les trafics) J’ai eu un très fort sentiment d’irréalité. Il est vrai qu’Areva ouvre bien un secteur de l’éolien.  La vertu illumine les plus éloignés de la foi.

Il faut des fondations partout et pour tout. Des locales et des nationales. Des publiques, des privées et des mixtes de PPP.  L’argent va couler à flots car la France est un pays généreux…

Les fondations locales doivent être mises en réseau, mais pas sur le modèle fédéral  qui a fait faillite, comme la crise des fédérations d’éducation populaire. C’est l’ascendant qui doit prévaloir sur le descendant ! Un organisme national “en surplomb” doit observer, capitaliser, encourager, généraliser les bonnes pratiques, faire connaître au grand public, les mille fleurs qui vont s’épanouir dans nos quartiers ! Cette fois ce n’est plus du christianisme, mais du maoïsme.

Je suis ressorti très réconforté en vieux de la vieille qui a travaillé dans ce secteur depuis…1974, et qui a déjà entendu cela cent fois. La grande différence est que maintenant ces merveilles miraculeuses vont être obtenues avec de l’argent privé puisqu’il n’y a plus d’argent public. C’est le salut. Amen.

Georges Gontcharoff

Et si l’on sauvait le département pour de bonnes raisons ?

L’on sent plus fortement depuis le 11 janvier 2015 que notre modèle républicain, notre « vivre-ensemble » est fragile, largement illusoire dans certains territoires de la République, que le communautarisme nous guette et qu’il est plus que temps d’agir, de réagir, avant qu’il ne soit trop tard.

France, départements.

France, départements.

Les recettes ne sont pas simples à trouver. Le Premier Ministre se perd dans des formules à l’emporte-pièce, et ses concurrents de tous bords ne sont pas en reste. L’on soupçonne pourtant que cela passe par de la proximité, par de féconds partenariats avec la société civile, par de la différenciation, de l’expérimentation, l’on serait presque tenté de dire de la dentelle.

Et si c’était là la seule vraie raison de sauver les départements, plus précisément les conseils départementaux, que Manuel Valls dans son discours de politique générale euthanasiait en douceur et que la loi Notre, en cours de discussion au Parlement, dévitalise.

Parions fortement, pleinement sur des départements garants de la cohésion sociale, hérauts de la République se remémorant qu’elle se doit de mettre en œuvre la liberté, l’égalité et la fraternité.

Des départements pleinement sociaux, chargés, en lien avec le ministère de l’Intérieur, de surveiller l’exercice des cultes, missionnés par toutes les collectivités pour œuvrer à la prévention de la délinquance, travaillant à la sécurité publique, en lieu et place d’improbables polices municipales.

Des départements fièrement acteurs de la justice de proximité, de la médiation, de l’intégration des personnes en situation de handicap. Bref, l’échelon territorial de mise en œuvre différenciée des seules politiques régaliennes de l’État.

Alors oui, il faudra sauver les conseils départementaux, pas simplement pour complaire aux radicaux de gauche. Alors oui, il faudra contraindre les départements d’arrêter le tourisme, les transports inter-urbains, les collèges et autres ingénieries publiques.

Plutôt que de se battre pour survivre, en faisant un peu tout et parfois n’importe quoi, sans réels moyens d’agir, si les départementalistes prenaient pleinement au sérieux la plus grande des missions que les français leur demandent : nous rassembler, nous ressembler.

Comme disait Michel Dinet, militant du département de Meurthe et Moselle

« la responsabilité tant des élus que des cadres des collectivités territoriales consiste tout autant à construire et piloter des politiques publiques répondant aux défis sociaux contemporains que de veiller, à travers la manière même dont celles-ci sont mises en œuvre, à reconstituer des liens de confiance pour tisser un vivre ensemble fraternel et solidaire. »

Or des départements taillent aujourd’hui dans les budgets de prévention de la délinquance, de protection de l’enfance ou d’insertion. Ils courent le risque de démontrer ainsi leur inanité.

Si l’on élève le social au rang des priorités de la Nation, cela justifie de sauver les conseils départementaux, d’aller voter les 22 et 29 mars et d’éviter que les séides de la droite nationaliste en prennent les commandes.

 Olivier Dulucq, administrateur de l’Unadel

Sur la réserve

Faire vivre l’esprit du 11 janvier est une noble ambition, remonter dans les sondages une juste ambition, annoncer des mesures une rituelle habitude. Mais quelle mouche a donc piqué le Président de vouloir faire une réserve citoyenne d’appui ? Réactions à la suite de la conférence de presse du 5 février dernier.

Ce n’est qu’une maladresse, mais elle en dit peut être plus long sur la méconnaissance de la France et des Français, des communicants du Président, jeunes et bien nés, posant fièrement sur les canapés douillets sous les ors du palais de l’Élysée.

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Salle des fêtes de l’Élysée, septembre 2010. by Chatsam CC BY-SA 3.0 Commons

Faut-il rappeler que quand certains sont engagés pour conseiller, d’autres s’engagent sans compter ? Faut-il rappeler que la vie associative rassemble entre 14 et 18 millions de bénévoles et ce depuis plus de 110 ans ? Faut-il rappeler que ces bénévoles interviennent dans les écoles, les hôpitaux, autour des stades, s’occupent de visites en prison, aux malades, luttent contre des maladies dites orphelines, et même s’investissent dans des quartiers, que d’aucuns qualifient de victimes d’apartheid, que la République devrait repeupler.

À faire carrière en politique, à faire des conférences dans les riches émirats, on peut avoir le sentiment d’une élite républicaine, totalement déconnectée du réel, du quotidien des Français. À ne côtoyer que des homologues hauts fonctionnaires, partis illégalement pantoufler dans une entreprise du CAC 40, à ne discuter qu’avec des journalistes ayant fréquenté les mêmes écoles, à ne se retrouver qu’avec d’anciens élus ou de futurs élus, à rester confits dans des cénacles parisiens, comprennent-ils, entendent-ils les messages envoyés ? Que peuvent-ils entendre, comprendre d’engagements gratuits et désintéressés ?

Les Français et les Françaises se réforment, n’ont jamais été aussi formés, sont mobiles, investis, capables de sacrifices et de saines indignations, comme ce 11 janvier, quand l’élite politique parle, parle, parle, mais ne se réforme pas.

Que peuvent-ils comprendre quand les citoyens ne vont plus voter, dans le Doubs ou ailleurs ? Les Français demeurent des citoyens actifs, mais leurs élus nationaux communiquent, posent, paradent, mais n’entendent pas, n’écoutent pas.

Pas de réforme du Parlement, pas de République modeste, pas de décentralisation, mais des modernisations de ceci, des redécoupages de territoires, des transformations du bénévolat en élément d’une économie dite sociale.

La démocratie est fragile, et elle semble gangrenée à sa tête. Les mises en examen se suivent, les conférences payantes s’enchaînent, des élus se servent, plus qu’ils ne servent, mais nulle trace d’une autocritique, de réels changements, d’une révolution éthique, pour revitaliser la démocratie.

Si, comme le déclare le Président lors de sa conférence de presse du 5 février, la laïcité  “n’est pas négociable car elle nous permet de vivre ensemble”,  et elle n’est “pas un principe qui devrait subir des accommodements”, la démocratie ne saurait l’être non plus.

Les Français sont pleinement des hussards de la République, ils sont par contre prudemment réservés sur son fonctionnement.

Aux politiques de s’engager sans réserve à se réformer, vite. Il y a urgence !

 

Olivier Dulucq

Appel à mobilisation !

L’Unadel n’est ni un syndicat, ni un parti politique mais un réseau d’acteurs et de citoyens qui a l’ambition d’agir ensemble et avec d’autres pour construire un modèle de développement local et de développement social dont les femmes et les hommes sont les acteurs et les promoteurs avant d’en être les bénéficiaires ; un modèle de fonctionnement du territoire qui n’en fasse ni un terrier, ni un territoire d’excellence au voisinage de territoires sans devenir.

C’est un modèle de développement du pouvoir d’agir individuel et du pouvoir d’agir collectivement que nous défendons, un développement qui parie moins sur l’évolution du PIB que sur la mobilisation de tout ce qui fait richesse pour le bien-être de tous et de chacun.

Nous sommes convaincus que les territoires sont des creusets de développement, riches de savoirs, de savoirs faire, de savoir être, de savoirs citoyens. En 2015, nous poursuivons les chantiers que nous avons engagés et en particulier :

  • celui d’œuvrer pour que la participation des citoyens à l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques, et la gouvernance locale soient prise en compte dans les nouvelles lois de décentralisation en discussion au Parlement (loi NOTRe). Découvrez nos propositions d’amendements, toujours en débat !

  • celui d’organiser un 2e congrès des développeurs territoriaux avec nos partenaires et amis du Collectif ville campagne et de l’Inter-réseau des professionnels du développement social urbain et d’autres organisations qui militent pour que l’animation des territoires ne soit pas qu’une affaire de spécialistes ou de collectivités, mais bien un moyen de redonner du sens, du contenu, de l’éthique et de faire mouvement dans les territoires.

  • celui de faire connaître et d’analyser les pratiques innovantes des territoires concernant les questions de réduction de la consommation énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique.

  • celui d’accompagner les acteurs du développement local en proposant des actions de formation, portant sur la mise en œuvre et l’animation des conseils de développement, le décryptage des enjeux des réformes territoriales et l’organisation de réunions publiques, la mise en œuvre de la participation dans les territoires (méthodes, outils, conseils citoyens). (lien vers http://unadel.org/pratiques-participatives-et-conseil-citoyen/

C’est sur ces chantiers que nous souhaitons avancer, avec tous ceux qui souhaitent rejoindre le mouvement du développement local !

Nous rejoindre et adhérer

L’édito – Janvier 2015

Par Claude Grivel, président.

Quel sens donner à des vœux en ce début d’année 2015 si particulier ?

Beaucoup ont vécu les évènements tragiques qui ont secoué la France rivés à leurs écrans. Mais la force du collectif a dominé la peur individuelle.

Elle a mis dans la rue des vieux, des jeunes, des croyants et des athées.

On peut espérer que tous adhèrent à des valeurs humanistes, dont la laïcité sans laquelle il ne peut y avoir ni liberté, ni égalité, ni fraternité.

J’émets le vœu que tous ceux qui ont participé à ces défilés historiques partagent cette même foi.

Partager les mêmes émotions devant l’inacceptable est un premier pas qui rapproche. Celui qui dit non à toutes les violences. À la barbarie qui prend la vie. Ce refus va de pair avec l’affirmation de la liberté d’expression et d’avoir ou non une religion. Faire société ensemble, ce n’est pas gommer toutes les différences. C’est adhérer à tout ce qui fait lien, à ce qui fait projet commun, à ce qui fait projet de territoire commun, qu’il soit village, quartier, pays, département, région, État-nation, Europe ou monde.

Quand il n’y a pas de valeurs communes et que l’on veut imposer sa vérité aux autres comme pensée unique, il n’y a plus de communauté, mais communautarisme. Il n’y a plus d’unité ni de démocratie possible. C’est alors la porte ouverte à la guerre et à la dictature de l’extrémisme.

En 2015,  « Je suis Charlie, nous sommes Charlie, l’Unadel est Charlie ». 

Lancement de la lettre d’information du développement local

Ouvrir cette année 2015 avec un éditorial est aussi un signe de la vitalité de l’Unadel, association qui veut mieux communiquer avec ses adhérents et ses sympathisants. Nous avons renforcé notre équipe technique et resserré les liens entre administrateurs. Il nous faut les consolider aussi avec vous et avec nos partenaires. D’où le lancement de cette première « lettre d’information du développement local » qui appelle un partage plus fort des informations et des réflexions qui font l’actualité du développement local. Si la plume me revient aujourd’hui, elle sera le plus souvent collective et nous veillerons à ce que chacun, à tour de rôle, contribue à l’alimenter au gré des sujets et de l’actualité du développement local. Les contributions de tous sont bienvenues, pour transmettre des idées, pointer les initiatives que nous contribuerons à mettre en lumière.

Cette lettre veut en effet être un moyen supplémentaire de faire réseau et de mieux faire connaître les actions portées par les réseaux régionaux adhérents et sympathisants de l’Unadel, et plus largement par tous les acteurs du développement local.

Quatre millions dans la rue

« Ils sont mille, nous sommes deux, encerclons-les !», avait coutume de dire notre ami Michel Dinet, président fondateur de l’Unadel et du Carrefour des Pays lorrains. Nous étions quatre millions dans la rue le 11 janvier dernier. Nous sommes moins nombreux dans l’association. Mais notre force n’a d’égale que notre conviction : ensemble nous pouvons relever des défis considérables.

L’ambition de l’Unadel est intacte. Il s’agit bien dans cette lettre de faire ressortir les énergies et initiatives émergentes du développement local, porteuses de sens, de lien social et de les faire connaître. Nous sommes convaincus que c’est aussi une façon de combattre tous les « déclinismes » qui font le lit des populismes.

L’année 2015 donnera l’occasion aux citoyens, ceux qui ont marché contre la barbarie et tous les autres, de s’exprimer dans les consultations électorales.

Nous reviendrons sur le devenir des conseils départementaux et leur rôle dans l’organisation de la solidarité et de la proximité avec les territoires au moment où les régions vont devenir de grandes entités plus stratégiques, à l’exception des irréductibles bretons et de quelques autres qui prétendent être tout aussi stratégiques.

Pour l’heure, émettons le vœu que la participation citoyenne ne se mesure pas à l’aune de l’abstention. Souhaitons aussi que les enjeux de la réorganisation territoriale ne soient pas d’abord l’affaire de gens avertis et de commentateurs plus friands de petites phrases que d’analyses éclairantes.

Nous attendons vos textes, contributions, réactions, coups de gueule et coups de cœur : il sera difficile désormais de vous museler et de vous censurer, surtout si vos mots se transforment en dessins et en caricatures. L’humour est aussi une forme d’amour. L’amour de son territoire ne dispense pas de garder le sens de l’humour.

Accéder à la lettre d’info du développement local, N°01

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