Fusion des régions : les nouvelles règles relatives aux élections régionales 2015

Dans sa décision rendue le 15 janvier, le Conseil constitutionnel a validé la loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral. Il s’agit du deuxième texte de la réforme territoriale. Les élections régionales se dérouleront en décembre 2015 a aussitôt confirmé le ministère de l’Intérieur, dans un communiqué. Explication des conséquences de la nouvelle loi.

Références

Le renouvellement général des conseils régionaux aura lieu sur la base des nouvelles circonscriptions liées à la création des nouvelles collectivités, au 1er janvier 2016. En métropole, 13 présidents de région seront élus en lieu et place des 22 actuels pour une durée de six ans.

Le mandat des conseillers régionaux élus en décembre 2015 prendra fin en 2021. Le scrutin de liste, dont les dates seront fixées par décret, se déroulera dans le cadre de sections départementales.

Par sa décision, le Conseil constitutionnel valide la loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral. Ce texte avait été définitivement adopté par les députés le 17 décembre 2014.

Modalités des élections régionales 2015

Les élections régionales de décembre 2015 se dérouleront à quelques jours de la naissance officielle, au 1er janvier 2016, des 12 nouvelles régions métropolitaines créées par la loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral. Les électeurs procèderont également au renouvellement des élus de la collectivité territoriale de Corse et des régions d’outre-mer.

Le mandat des conseillers régionaux élus en mars 2010 prendra fin en décembre 2015. Pour 7 d’entre elles, les régions métropolitaines issues du redécoupage administratif succèderont aux régions qu’elles regroupent dans tous leurs droits et obligations. Dans les régions constituées par regroupement de plusieurs régions, le président de chaque conseil régional gèrera cependant « les affaires courantes ou présentant un caractère urgent entre la date du scrutin et le 31 décembre 2015 ».

Les conseillers régionaux élus en décembre 2015 tiendront leur première réunion le lundi 4 janvier 2016 dans les régions constituées par regroupement de plusieurs régions, et à la date prévue à l’article L. 4132-7 du code général des collectivités territoriales dans les autres régions.

Le nom et le chef-lieu définitifs des nouvelles régions seront fixés par décret en Conseil d’État pris avant le 1er octobre 2016.

Mode de scrutin

Les conseillers régionaux sont élus au scrutin de liste selon un système mixte combinant les règles des scrutins majoritaire et proportionnel.

Au premier tour,si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés (plus de 50%), elle obtient le quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

Sinon, il est procédé à un second tour la semaine suivante. Les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés peuvent se maintenir, et éventuellement fusionner avec les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages.

Au second tour,la liste qui arrive en tête obtient un quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au second tour.

Les 13 nouvelles régions et leurs effectifs

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel a jugé l’article 6 de la loi conforme à la Constitution. « Pour l’élection au conseil régional opérée sur des listes régionales, cet article prévoit un nombre minimal d’élus par section départementale en fonction de la population des départements. »

Selon le ministère de l’Intérieur, « les territoires ruraux seront mieux pris en compte dans les nouvelles assemblées régionales, chaque département bénéficiant d’une représentation minimale garantie ».

L’effectif du conseil régional et le nombre de candidats par section départementale pour l’élection du nouveau conseil régional seront fixés par décret en Conseil d’État avant le prochain renouvellement général. Ils sont déterminés selon les règles suivantes posées par la loi :

  • l’effectif du conseil régional est égal à la somme des effectifs des conseils régionaux des régions regroupées ;
  • le nombre de candidats par section départementale est déterminé en fonction de la population de chaque département à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. À ce nombre, sont ajoutés, pour chaque section départementale, deux candidats.

carte-13-regions

Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine (169 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Ardennes 11
Aube 11
Marne 19
Haute-Marne 8
Meurthe-et-Moselle 24
Meuse 8
Moselle 34
Bas-Rhin 35
Haut-Rhin 25
Vosges 14

 

Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes (183 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Charente 13
Charente-Maritime 22
Corrèze 10
Creuse 6
Dordogne 15
Gironde 48
Landes 14
Lot-et-Garonne 12
Pyrénées-Atlantiques 23
Deux-Sèvres 14
Vienne 16
Haute-Vienne 14

 

Auvergne et Rhône-Alpes (204 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Ain 18
Allier 11
Ardèche 11
Cantal 6
Drôme 15
Isère 34
Loire 22
Haute-Loire 8
Métropole de Lyon 37
Puy-de-Dôme 19
Rhône 14
Savoie 13
Haute-Savoie 22

 

Bourgogne et Franche-Comté (100 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Côte-d’Or 21
Doubs 21
Jura 11
Nièvre 10
Haute-Saône 10
Saône-et-Loire 22
Yonne 14
Territoire de Belfort 7

 

Bretagne (83 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Côtes-d’Armor 17
Finistère 25
Ille-et-Vilaine 28
Morbihan 21

 

Centre (77 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Cher 11
Eure-et-Loir 15
Indre 9
Indre-et-Loire 20
Loir-et-Cher 12
Loiret 22

 

Île-de-France (209 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Paris 42
Seine-et-Marne 25
Yvelines 27
Essonne 24
Hauts-de-Seine 30
Seine-Saint-Denis 29
Val-de-Marne 25
Val-d’Oise 23

Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées (158 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Ariège 6
Aude 12
Aveyron 10
Gard 22
Haute-Garonne 38
Gers 7
Hérault 32
Lot 7
Lozère 4
Hautes-Pyrénées 9
Pyrénées-Orientales 15
Tarn 13
Tarn-et-Garonne 9

 

Nord-Pas-de-Calais et Picardie (170 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Aisne 17
Nord 76
Oise 25
Pas-de-Calais 44
Somme 18

 

Basse-Normandie et Haute-Normandie (102 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Calvados 23
Eure 20
Manche 17
Orne 11
Seine-Maritime 41

 

Pays de la Loire (93 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Loire-Atlantique 35
Maine-et-Loire 22
Mayenne 10
Sarthe 17
Vendée 19

 

Provence-Alpes-Côte d’Azur (123 élus)

Nombre de candidats par section départementale :

Alpes-de-Haute-Provence 6
Hautes-Alpes 6
Alpes-Maritimes 29
Bouches-du-Rhône 51
Var 27
Vaucluse 16

 

La répartition des sièges

Le département dont la population est inférieure à 100 000 habitants disposera de deux sièges de conseillers régionaux au moins au sein de l’effectif régional. Si ce n’est pas le cas après la répartition des sièges, « un ou plusieurs sièges attribués à la liste arrivée en tête au niveau régional sont réattribués à la ou aux sections départementales de cette liste afin que chaque département dispose de deux sièges au moins ».

Le département dont la population est égale ou supérieure à 100 000 habitants comptera au moins quatre conseillers régionaux. Si tel n’est pas le cas, « un ou plusieurs sièges attribués à la liste arrivée en tête au niveau régional sont réattribués à la ou aux sections départementales de cette liste ».

Lorsqu’un département est inclus dans le territoire d’une région, l’effectif du conseil régional de la région dont est issu ce département et celui de la région dans laquelle il est inclus, ainsi que le nombre de candidats par section départementale pour l’élection du conseil régional de chacune de ces régions, sont fixés par décret en Conseil d’État avant le prochain renouvellement général.

L’effectif des conseils régionaux concernés et le nombre de candidats par section départementale pour l’élection de ces conseils régionaux sont déterminés selon les règles suivantes :

  • il est soustrait à l’effectif global du conseil régional de la région dont est issu le département un nombre de sièges égal à la part de la population de ce département par rapport à la population totale de cette région, arrondi le cas échéant à l’unité inférieure ;
  • il est ajouté à l’effectif global du conseil régional de la région dans laquelle est inclus le département un nombre de sièges égal à la part de la population de ce département par rapport à la population totale de cette région, arrondi le cas échéant à l’unité supérieure.

Noms et chef-lieu des nouvelles régions

Lorsqu’une région est constituée par regroupement de plusieurs régions, son nom provisoire est constitué de la juxtaposition, dans l’ordre alphabétique, des noms des régions regroupées, à l’exception de la région constituée du regroupement de la Basse-Normandie et de la Haute-Normandie, qui est dénommée « Normandie ».

La région Centre est dénommée « Centre-Val de Loire » dès la promulgation de la loi.

Dans les régions constituées par regroupement de plusieurs régions, le conseil régional élu au mois de décembre 2015 se réunira « provisoirement au chef-lieu de la région ».

Le chef-lieu provisoire sera fixé par décret pris avant le 31 décembre 2015, après avis du conseil municipal de la commune envisagée comme siège du chef-lieu et des conseils régionaux intéressés. Ces avis seront réputés favorables s’ils n’ont pas été émis dans un délai de trois mois à compter de la transmission du projet de décret par le Gouvernement.

Le nom et le chef-lieu définitifs de la région seront fixés par décret en Conseil d’État pris avant le 1er octobre 2016, après avis du conseil régional de la région nouvellement constituée. Par dérogation, Strasbourg est le chef-lieu de sa région.

Au préalable, le conseil régional devra adopter, avant le 1er juillet 2016, une résolution unique comportant :

  • L’avis au Gouvernement relatif à la fixation du nom définitif de la région ;
  • L’avis au Gouvernement relatif à la fixation du chef-lieu définitif de la région ;
  • L’emplacement de l’hôtel de la région ;
  • Les règles de détermination des lieux de réunion du conseil régional et de ses commissions ;
  • Les règles de détermination des lieux de réunion du conseil économique, social et environnemental régional et de ses sections ;
  • Le programme de gestion des implantations immobilières du conseil régional.

Cette résolution ne pourra prévoir « qu’une même unité urbaine regroupe le chef-lieu proposé, l’hôtel de la région et le lieu de la majorité des réunions du conseil régional que si elle est adoptée à la majorité des trois cinquièmes des membres du conseil régional ».

Les règles relatives à l’emplacement de l’hôtel de région, aux lieux de réunions et aux implantations immobilières pourront être modifiées pendant le premier mandat suivant le renouvellement des conseils régionaux par une résolution adoptée dans les mêmes formes.

Un article publié sur le site de la Gazette des communes le 15 janvier 2015