La DIES disparait en l’Etat

Le Premier ministre l’a annoncé lors de la réunion du Conseil national de lutte contre l’exclusion. La Dies va évoluer :

" C’est pourquoi j’ai décidé de transformer la Délégation interministérielle à l’innovation sociale et à l’économie solidaire en Délégation interministérielle à l’innovation et l’expérimentation sociale. Elle sera directement rattachée à Jean-Louis BORLOO et Catherine VAUTRIN. Les missions actuelles de la DIIES en ce qui concerne la vie associative resteront auprès de Jean-François LAMOUR : La nouvelle délégation sera une structure légère, elle aurait pour mission de rassembler les pratiques les plus innovantes et efficaces en France mais aussi à l’étranger et de définir les conditions de leur application. La délégation devra également accompagner les grands chantiers décidés par le gouvernement, qu’il s’agisse de la réforme des minimas sociaux, la mise en place des chartes territoriales de cohésion sociale ou bien encore le développement du micro-crédit.

Elle travaillera en étroite relation avec le CNLE pour contribuer à vos travaux. Je souhaite que ce nouvel outil de l’Etat puisse être opérationnel début 2006."

C’est tout à la fois une bonne nouvelle, mais aussi une nouvelle quelque peu irritante. La bonne nouvelle c’est que la DIES, moribonde depuis plusieurs mois, ne va pas disparaître. Les départs des contractuels se multipliaient pendant que ses crédits se divisaient…

Ce qui irrite, c’est, à travers les lignes, la conception que ce gouvernement a de l’économie sociale. C’est décidément l’économie des pauvres…

Ne nous trompons pas, il est nécessaire et probablement utile qu’une délégation interministérielle réfléchisse aux minimas sociaux, à l’inclusion, notamment. Les dispositifs gouvernementaux souffrent trop souvent de les oublier.

Mais l’économie sociale ne se résume pas qu’à cela. C’est aussi des millions d’employeurs collectifs, des centaines de milliers de salariés, des entreprises atypiques, des coopératives, des mutuelles, des associations. Visiblement, cela demeure de l’économie invisible…

La DIES en changeant de rattachement ministériel reste à la mauvaise place. Attachée au ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative, on pouvait hâtivement conclure que l’économie sociale ne concernait que les associations. Désormais rattachée au ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement, on en conclut tout aussi rapidement qu’elle doit assurer cohésion ou développer de l’emploi… d’insertion.

Et si sa vraie place était à Bercy ?!? On continue visiblement à payer le rapprochement qui avait été fait par la création d’un secrétariat d’Etat à l’économie sociale et solidaire, du temps du gouvernement Jospin. Dommage !