“Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la réalité” écrivait Milan Kundera. Pour les services publics en milieu rural, il y a désormais un sondage…

Le gouvernement a commandé un sondage à l’institut CSA sur les attentes des populations rurales en matière de services publics.

C’est probablement un élément utile à la réflexion engagée notamment dans le cadre de la conférence nationale sur les services publics en milieu rural ou encourageant pour la mobilisation de la Fédération nationale de défense des services publics, née de la manifestation de Guéret.

Toutefois, avant de le commenter plus avant, il faut rappeler, ce qui n’est pas fait dans la synthèse de ce sondage, les limites d’un tel exercice. Avec 805 personnes interrogées, la marge d’erreur moyennne est quand même de +/- 4,5 %. Ce qui doit relativiser les satisfectit.

C’est tout d’abord une définition très large des services publics, puisque les sondés ont été interrogés tout à la fois sur les services publics stricto sensu, les services au publics, les services d’intérêt général. Polysémie quelque peu trompeuse.

Dans tous les cas, la Poste est décidément en passe d’être érigée au rang de service public par excellence des territoires ruraux. On peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas le fruit d’abord de l’actualité récente et des menaces qui semblent peser sur elle. Mais il est intéressant de noter à quel point les sondés semblent de plus en plus attachés à obtenir en proximité un bouquet de services assez éloigné de la définition stricte des services publics. Garde d’enfants, transports collectifs, médecins, école, mais aussi bibliothèque sont au rang de leurs attentes.

Les sondés ne se déclarent pas hostiles aux expérimentations, mais… :

  • à peine 10 % les connaissent
  • ils souhaitent privilégier la proximité
  • ils veulent, pour les trois quarts, être consultés
  • et surtout, ils pensent que c’est au niveau de la commune voire de l’intercommunalité que ces évolutions doivent être conduites.

C’est dans cette perspective qu’il faut peut-être s’étonner que pour l’instant, la mobilisation de la réflexion sur l’évolution des services publics soit conduite par les préfets, comme le leur a demandé Nicolas Sarkozy, le 9 septembre dernier. C’est aussi probablement l’explication d’un appel à manifestation pendant le congrès des maires, le 19 novembre prochain, à Paris.

Auteur : Olivier Dulucq

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