UE : accord sur le financement de la réforme de la pêche

BR-ETOILE-D-ARVOR-IILa nouvelle politique commune de la pêche (PCP) va pouvoir entrer en action : le principe de son financement a été approuvé, mardi 28 janvier, par les institutions de l’Union Européenne. Une fois adopté formellement,  le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp) – un budget de 6,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020 – va imposer de nouvelles priorités au monde de la pêche. Il était temps : l’approche des élections européennes, en  mai, risquait de renvoyer à plus bien plus tard leur entrée en vigueur.

INTENSES TRACTATIONS  CES DERNIERS MOIS

C’est la première fois dans l’Union européenne que les orientations du Feamp sont arrêtées par une codécision du conseil des ministres, du Parlement et de la Commission. Ce « trilogue » a donné lieu à d’intenses tractations ces derniers mois et beaucoup de compromis de part et d’autre, après avoir échoué une première fois en décembre 2013.

Le député Alain Cadec (PPE), qui a négocié au nom du Parlement, s’est félicité de cet accord « très satisfaisant concernant, notamment, la ventilation financière et le renouvellement des moteurs ». Comme souvent, le ministre français de la pêche, Frédéric Cuvillier, s’est retrouvé sur la même ligne et s’est réjoui d’un « accord équilibré, pleinement cohérent avec les ambitions et les objectifs » de la politique européenne de la pêche à venir. Un cadre financier qui va permettre « de renforcer la compétitivité des filières et l’esprit d’entreprise, de favoriser l’installation des jeunes pêcheurs et aquaculteurs – mesure sociale importante –, tout en encourageant le respect de l’environnement. »

4,3 MILLIARDS D’EUROS POUR LA MODERNISATION DE LA FLOTTE

Ces dernières semaines, l’ultime round des négociations a surtout porté sur la possibilité de subventionner le renouvellement des flottilles et plus précisément, le remplacement de leurs moteurs. Les organisations non gouvernementales écologistes se sont battues contre cette mesure qui pourra puiser  jusqu’à 4,3 milliards d’euros du Feamp. Elles estiment en effet qu’elle risque d’accentuer la surexploitation dont les eaux européennes sont déjà victimes. Vouloir  « moderniser » les navires au nom d’une amélioration de la sécurité des marins, les rendre  plus rapides, leur permettre d’aller plus loin en mer avec moins de carburant ne revient-il pas à augmenter  leur capacité ?

Ocean2012 souligne cependant deux avancées dans ce compromis. D’une part, les Etats membres vont pouvoir utiliser une partie du Feamp (jusqu’à 520 millions d’euros) pour améliorer  la collecte scientifique des données sur l’état des espèces de poisson, d’autre part pour contrôler  le respect des principes de la PCP (jusqu’à 580 millions). A ce sujet, il faut préciser que les défenseurs des océans avaient enregistré en 2013 une victoire à l’arraché en faisant inscrire la quasi-fin des rejets en mer dans le nouveau texte communautaire.

Publié le 29 janvier 2014 sur Le monde.fr