Une économie qui a le vent en poupe !

Alors que ces dernières années, nombre de scenarii interministériels ne réservaient aux territoires ruraux qu’un avenir de production énergétique ou agro-alimentaire, il semble que le vent soit en train de tourner depuis quelques mois…

Face à l’érosion continue du modèle économique néolibéral marquée notamment par l’accroissement du nomadisme des entreprises, face à la diminution drastique des moyens financiers de l’action publique, les initiatives qui s’inscrivent dans « une économie territoriale » sont désormais regardées avec attention. C’est même un euphémisme. L’essor des circuits courts et des AMAP, la bonne santé des SCOP et de l’économie résidentielle tranche singulièrement avec le climat économique ambiant et interpelle de plus en plus, élus locaux, chercheurs et pouvoirs publics. Bernard Pecqueur, professeur de géographie à Grenoble et spécialiste du développement local estime d’ailleurs que ces initiatives locales constituent « un point de départ pour changer de mode de production » et représentent peut être les embryons d’un « nouveau capitalisme territorial » . Cette économie de proximité ne représenterait-elle pas finalement « une réponse aux défis majeurs de l’économie française ? » s’interroge le CESE dans un projet d’avis voté le 29 septembre dernier. Tandis que l’Association des Régions de France vient d’éditer un guide de l’action régionale de l’Economie Sociale et Solidaire pour accompagner le mouvement. Il est vrai qu’avec 10% du PIB français, 9% des entreprises, et 12% de l’emploi salarié, l’ESS tient une place non négligeable dans l’économie nationale, il serait peut être temps pour les pouvoirs publics d’en prendre la mesure… Bref, qu’elle soit de proximité, résidentielle, présentielle ou sociale et solidaire, l’économie territoriale et ses déclinaisons ont le vent en poupe, et vu la conjoncture, ça devrait durer.

Croisons quand même les doigts pour que les communicants de l’Elysée ne nous fassent pas le coup d’un « Secrétariat d’Etat à l’économie territoriale » lors du prochain remaniement annoncé, ce ne serait certainement pas le meilleur service à rendre à la-dite économie…