Point de vue d’adhérent : loi d’orientation des mobilité (LOM)

Loi d’Orientation des Mobilités (LOM)– Episode 1 : un rendez-vous manqué pour la transition écologique et le développement local ? 

Contribution de Stéphane Loukianoff – adhérent de l’Unadel

Alors qu’un couvre-feu national est en vigueur depuis des mois, alors que nos déplacements journaliers sont désormais contenus dans un rayon de 10 km autour de notre domicile, qui devinerait que l’application d’une loi importante sur les mobilités est actuellement en débat dans les ¾ de notre pays ? Combien de nos concitoyens qui habitent en milieu rural savent aujourd’hui qu’un enjeu essentiel de leur quotidien est actuellement discuté dans leur territoire ?

La Loi d’Orientation des Mobilités du 24 décembre 2019 (LOM) a en effet donné aux communautés de communes jusqu’au 31 mars 2021 pour qu’elles se décident – ou non – à prendre la compétence « mobilités ». La LOM passe de la notion de « transport » à celle de « mobilité », en englobant les services de transport régulier de personnes, le transport scolaire, le transport à la demande, les mobilités actives, partagées et solidaires. Elle vise à couvrir l’ensemble du territoire national par une Autorité Organisatrice des Mobilités locales (AOML), et propose de donner au niveau local, intercommunal de préférence, la possibilité de décider de sa propre politique de mobilités, de ses services et de ses projets dans ce domaine.
 
Si une communauté de communes ne prend pas cette compétence, alors, la Région continuera à l’exercer. Si par contre, l’intercommunalité prend la compétence, elle pourra alors déterminer si elle veut la gérer en totalité ou bien déléguer tout ou partie de celle-ci à d’autres entités, par exemple à un syndicat des mobilités existant au niveau d’une aire urbaine à proximité ou encore transférer les transports scolaires à la Région et n’agir par elle-même que sur les mobilités dites « actives » (ex : vélo) et « partagées » (ex :co-voiturage).
 
Sortir du « tout voiture » : un enjeu grandissant dans les territoires ruraux
 
La LOM a le mérite de prendre en compte une véritable évolution sociétale. Car les territoires ruraux ont vu se développer ces dernières années une diversité d’initiatives publiques et/ou privées de mobilités qui témoignent de l’appétence grandissante de la société locale pour sortir du « tout voiture » et notamment de « l’auto-solisme ». Et ce n’est pas l’exode urbain à l’œuvre qui risque de remettre en cause cette tendance lourde.
 
Par exemple, dans le territoire où j’habite, le véhicule individuel, tient toujours une large place : pas moins de 6 300 véhicules pour 10 500 habitants. Ce sont près de 19,3 millions d’euros qui sont dépensés chaque année par les familles qui se déplacent dans le territoire, ce qui représente 34% des consommations énergétiques locales. Toutefois, l’offre de mobilité se développe progressivement ces dernières années. 
Par exemple, un réseau bénévole de petites annonces, qui fonctionne par SMS, diffuse aux habitants de nombreuses offres et demandes de covoiturage.
 L’intercommunalité a mis à disposition des habitants, un parc de 20 Vélos à Assistance Electrique (VAE), et ce service est plébiscité par la population. Dans ce territoire de montagne, de nombreux habitants utilisent ces VAE pour faire leurs courses ou aller au travail. Grâce à ce dispositif, ils se familiarisent durant quelques mois avec le vélo électrique et sont de plus en plus nombreux à en acheter un quelque temps après.
 Et pour faciliter les déplacements des personnes pour qui l’usage d’un véhicule personnel est hors de prix, l’intercommunalité mobilise désormais une partie des VAE pour les personnes privées d’emploi.
L’autopartage s’est également développé avec la mise en place de deux véhicules CITIZ à l’initiative d’un groupe d’habitants. De plus, après de longues années de mobilisations citoyennes, la ligne de chemin de fer qui traverse notre territoire a été enfin sauvegardée et des projets de développement de l’intermodalité au niveau des gares pourraient bientôt émerger. Bref, les projets foisonnent et sont bien loin de ne concerner que les services « lourds », tels que le transport scolaire et les lignes de bus régulières.
 
Ainsi, comme dans les aires urbaines, nombre d’habitants des territoires ruraux souhaite renoncer à la voiture comme seule modalité pratique de déplacement, eu égard à la part croissante qu’elle prend dans le budget familial. Ils attendent donc de leurs représentants locaux, nouvellement élus, qu’ils se saisissent de la LOM pour ne pas priver leur territoire de leviers d’actions de plus en plus diversifiés et qui relèvent d’enjeux tant environnementaux que socio-économiques.
 
Les communautés de communes prises dans « un effet ciseaux »
 
Toutefois, nombre de communautés de communes ne se sentent guère outillées pour gérer à elles seules les transports scolaires ou le transport à la demande sur leur propre ressort territorial. Si bien que, souvent, la prise de compétence inquiète fortement les élus locaux : comment le territoire pourrait-il financer ces nouveaux services alors qu’il cherche déjà à rééquilibrer un budget mis à mal ces dernières années par plusieurs transferts de compétences plus imposés que désirés et par la crise sanitaire et économique qui sévit ?
 
Certes, un transfert de compétence doit être accompagné de l’ensemble des moyens humains et financiers concernés, mais le montant de ces ressources financières transférées est généralement fixé l’année du transfert et n’évolue plus ensuite, contrairement aux dépenses qui tendent à s’accroître de façon quasi mécanique chaque année. De plus, si l’Etat « décentralise » les compétences et « territorialise » les politiques publiques afin de donner plus de moyens d’agir à l’échelon local, dans le même temps, il réduit très violemment les leviers de la fiscalité locale. Paradoxalement, le législateur donne donc de plus en plus de responsabilités à l’échelon local et prive en même temps ce dernier de sa capacité à financer des actions dans ces nouveaux champs de compétences ! Les communautés de communes sont donc prises dans « un effet ciseaux » qui les paralyse plus qu’il ne les pousse aux initiatives. Ce qui n’est pas sans poser de graves problèmes dans un contexte de nécessaire accélération de la transition écologique et de crise économique. Bien évidemment, les décideurs locaux en ont de plus en plus conscience.
 
Poussés par une certaine prudence gestionnaire, assez compréhensible dans ce contexte économique, de nombreuses intercommunalités se sont donc prononcées au cours du mois de mars contre cette prise de compétence et laisseront leur collectivité régionale la gérer pour leur territoire à l’avenir. Car, en dehors de quelques cas de figures bien précis, la loi considère bien cette décision comme « irréversible ».
 
Et la démocratie locale dans tout ça ?
 
Malgré la crise sanitaire et l’impossibilité technique d’organiser des réunions publiques en présentiel, le Gouvernement n’a pas jugé utile de reporter au-delà du 31 mars 2021 la date limite de décision des communautés de communes. Il a ainsi mis les délégués communautaires dans une fâcheuse posture vis-à-vis de leurs concitoyens. Certains pourraient considérer que les conseils communautaires qui ont décidé ces derniers jours de laisser cette compétence à la Région ont aussi privé leur territoire d’une concertation plus à la hauteur des enjeux…
 
D’autres communautés de communes ont néanmoins fait le choix inverse et ont voté pour la prise de compétence. Tout du moins, en apparence. Car, dans ce contexte, comment savoir si ce vote traduit une volonté de se saisir pleinement du levier « mobilités » ou bien s’il exprime plutôt la volonté de permettre dans un second temps aux conseils municipaux, aux habitants et aux associations de simplement avoir la possibilité d’en débattre ? Rappelons en effet que, pour qu’un transfert de compétences soit effectif à l’échelon intercommunal, il doit être validé par les communes, celles-ci ayant alors trois mois pour se prononcer. Mais le contexte sanitaire n’est guère plus favorable aux débats publics actuellement qu’au début de l’année : les nouveaux élus et les associations locales trouveront ils, dans les prochaines semaines, les énergies et les modalités pratiques adaptées à un tel enjeu ?


En tout état de cause, de nombreuses questions restent encore en suspens et seront sans doute abordées dans les futurs débats locaux. Mais il est clair que les conséquences des décisions qui seront prises dans les prochains mois sont potentiellement nombreuses pour l’échelon local  mais aussi pour l’échelon régional : elles pourraient bien marquer profondément les conditions d’exercice du mandat des élus locaux, mais aussi modifier parfois l’organisation territoriale (les relations ville-campagne) et permettre dans les territoires l’émergence de dynamiques nouvelles dans le champ de la transition écologique et du développement local. C’est pourquoi, nous reviendrons sur ces différents sujets dans quelques mois, dans un prochain article, « La LOM, épisode 2 ».

Stéphane Loukianoff – adhérent de l’Unadel

Les livres de l’Unadel : “Vous avez dit…”

Vous avez dit développement local ? (TOME 1) Vous avez dit…territoires, intercommunalités, développement local (TOME 2)

Vous avez dit… territoires, intercommunalités, développement local

Disponible depuis le 08 janvier 2021 !

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Le développement local, accélérateur de changement
Une histoire et un savoir à partager pour construire demain

Vous avez dit … territoires, intercommualités, développement local : Ce livre est le fruit d’un travail collectif et coopératif initié par l’Unadel (Union Nationale des Acteurs du Développement Local). Il retrace l’actualité récente du développement local et des collectivités locales. Il se penche notamment sur les bouleversements apportés par les lois sur l’intercommunalité depuis 1992,et sur la place et le devenir du développement local.

Il sera particulièrement utile aux acteurs locaux et notamment aux nouveaux élus, confrontés à la crise sanitaire singulière de 2020 et à ses conséquences, à des situations financières parfois délicates, à des exigences citoyennes de plus en plus fortes… Ce livre est conçu comme un outil au service des territoires en charge de construire une voie prometteuse de changements et d’innovations dans les transitions, pour que le monde d’après puisse exister pour les générations à venir. Il s’inscrit évidemment dans la pleine continuité du livre Vous avez dit Développement local.

Et pour rappel le TOME 1 : 

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Des hommes et des territoires

Le développement local, accélérateur de changement
Une histoire et un savoir à partager pour construire demain

Ce livre est le fruit d’un travail collectif et coopératif initié par l’Unadel (Union Nationale des Acteurs du Développement Local). L’importance du sujet et de la matière est vite apparue considérable. Il fallait une mise en récit d’un processus et d’une démarche pour suivre le fil conducteur de ce qui constitue un premier volet d’une histoire vécue et incarnée ; c’est le sens de cette œuvre collectivement engagée et des développements qui suivront la publication de cet ouvrage.

Ce livre est aussi un recueil de clefs pour comprendre et se projeter dans un monde en profonde mutation. C’est un socle de transmission de savoirs. Écrit à plusieurs mains autour du métier à tisser de Georges Gontcharoff, dont la plume est toujours aussi précise et alerte, il est mis à disposition des étudiants, des chercheurs et tous les observateurs avisés de la résilience des hommes et des territoires ; il s’adresse également aux militants et à tous ceux qui, dans leurs responsabilités respectives, œuvrent pour une société plus juste, plus humaine et plus désirable.
Le local, avec ses espaces de rencontres et de co-construction, pourrait bien réenchanter une République des territoires de projet, souvent malmenés par les différentes étapes d’une décentralisation inachevée et les réorganisations successives.

Parce qu’ils révèlent le pouvoir d’agir issu de l’initiative individuelle et collective des citoyens et d’élus créatifs et visionnaires, les morceaux choisis de ce livre peuvent agir comme une boussole. Puissent-ils servir de balises pour l’engagement et la participation de chacun à prendre sa part dans l’œuvre de transformation globale du monde.

Claude Grivel, Président de l’Unadel

Que les ruralités soient belles !

Texte retranscrit tel que proposé par Clémence Dupuis à la deuxième session du Parlement Rural Français le 8/10/2020, suivant une formule de questions au gouvernement, en présence de secrétaire d’État chargé de la ruralité, Joël Giraud.

Bonjour,

J’ai été élégamment invitée à relayer au Parlement Rural Français un propos partagé avec Jean Louis Coutarel lors d’un webinaire organisé par l’ANNR sur les communs pendant le confinement1. Il s’agissait d’aborder une dimension rarement évoquée des Nouvelles Ruralités : leurs Beautés. Si les sujets soulevés devant le gouvernement aujourd’hui résonnent tous comme des urgences imminentes auxquelles répondre, celui-ci relève d’un tout autre registre. Il s’agirait pourtant de vous convaincre qu’il n’est en rien anecdotique : car les Beautés, comme les Laideurs, seraient performatives, et participeraient de l’habitabilité des territoires.

L’enjeu est que ces Beautés ne soit plus l’apanage de seulement quelques territoires qui monopolisent le désir. Parce cette confiscation esthétique par des territoires dits « gagnants » produit du déclassement territorial à plusieurs échelles : entre une France métropolitaine désirée et une France périphérique oubliée (suivant une lecture de Christophe Guilluy» (2013 ; 2015)), mais aussi entre des typologies de campagnes où certaines apparaissent plus désirables que d’autres (comme le disait déjà la DATAR (Hilal, Barczak, Tourneux, et al., 2011)). 

Trop de petites et moyennes villes accumulent des formes diverses et exacerbées d’hostilités (précarisation, racisation, vieillissement, fragilisation de l’économie, vacance et obsolescence du bâti…). J’en passe car vous le savez. On parle en revanche moins du fait qu’elles souffrent d’être taxées d’appartenir à ladite « France moche », ce qui pourtant les déclasserait encore plus loin au rang de territoires hostiles. 

Certes, vous l’avez rappelé, la Covid a ravivé le désir de campagne, mais pas de toutes les campagnes. Celles qui restent en marge, les petites centralités, sont justement celles qui recèlent des espaces à l’esthétique a priori sacrifiée, alors même que ce sont ceux-là les plus ardemment habités (entrées de ville, esplanades franchisées, places-parkings…). A l’instar de Patrice Joly dans son introduction, il est possible de s’interroger sur le fait que sauver leurs églises suffisent à réparer ces petites villes. 

Il s’agirait ainsi de vous alerter sur la nécessité de donner à voir et à construire des Beautés qui comptent aujourd’hui, partout dans les Nouvelles Ruralités. 

Je commencerai par illustrer la fabrique pernicieuse du déclassement territorial par la Beauté2 au travers d’un exemple. En 2010, Télérama fait sa couverture avec une phrase : « Halte à la France Moche », et une image : celle de l’urbanisation violente d’une entrée de petite ville de campagne (Robert, 2010). L’hebdomadaire relaie ainsi à la nation un référentiel esthétique mono-centré. En décrétant arbitrairement quel territoire est « de bon goût » ou « de mauvais goût », il produit du mépris de classe au travers du mépris de formes architecturales : ceux qui habitent là-bas auraient donc mauvais goût (Chauvier, 2011). 

Mépris esthétique, mépris social, mépris de territoire, colères des territoires. 

Il s’agirait donc de prendre la question esthétique au sérieux, de dissoudre le monopole d’un Beau hégémonique, et de produire autant de référentiels esthétiques qu’existent de territoires afin de leur rendre leurs Beautés injustement confisquées. 

Mais il ne suffira pas de décréter que les Nouvelles Ruralités sont belles pour qu’elles le soient. Les Beauté se construisent. 

La première proposition serait de révéler ce que sont ces Beautés des Nouvelles Ruralités « que l’on ne saurait voir », parce que trop discrètes ou trop étranges. 

En dés-écrivant d’abord les laideurs qu’on leur assène : car elles seraient devenues trop banales, trop vieilles, trop motorisées, trop « supermarch-isées », trop « zone-industrialisées », trop « ehpad-isées ».

En décrivant ensuite les Beautés qui s’y cachent dans les interstices, à travers la manière dont elles sont habitées réellement. Nul besoin d’inventer ex-nihilo ces Beautés, de les importer d’ailleurs, ou de les imposer d’en haut depuis des référentiels esthétiques figés par des connaissances exogènes. Elles émergeront depuis la poésie des pratiques habitantes. Ne restera qu’à savoir les cueillir et les regarder, en construisant par les mots et les images les regards capables de les apprécier. 

Cette reconnaissance sensible des esthétiques territoriales pourrait non seulement participer à réparer les territoires, mais aussi constituer d’autres bases que celles normatives de l’aménagement du territoire : à condition de s’établir sur des critères qualitatifs et territorialisés, in fine plus équitables et plus solides.

La deuxième proposition serait de rappeler comment l’architecture peut aussi construire ces Beautés territoriales à partir de ces socles esthétiques reconstitués. Nicolas Sarkozy a récemment déclaré combien le « Beau » était le grand oublié du Grand Paris (Batiactu, 2020). Il appelle à ce que ce Grand Paris soit architectural, fait de gestes sculpturaux grandiloquents qu’il déplore ne pas trouver en France. L’architecture de Nouvelles ruralités réclamerait pour sa part une très haute exigence architecturale certes, mais elle ne devrait emprunter son vocabulaire qu’à la poésie émergeant des territoires eux-mêmes : pour parler aux territoires, l’architecture devrait parler des territoires. 

Ces propositions se soldent finalement par une sorte d’injonction : « Que les nouvelles ruralités soient belles ! ».

Elle clame d’abord qu’il faudrait prendre les Beautés au sérieux dans notre « Société des modes de vie » où le désir façonne les territoires (Viard, 2000, 2012), mais aussi les ségrégue entre eux. 

« Que les nouvelles ruralités soient belles ! » affirme aussi l’importance de réagir : les Beautés sont partout à condition d’en trouver la construction. Elles ne préexistent pas au regard, elles résultent de l’action d’habiter et de bien aménager ce qui est habité. Avec des mots et des images, avec de l’architecture, avec de l’habitabilité. L’intérêt de cette bataille est qu’elle peut se livrer avec des armes pacifiques, subtiles et réjouissantes. 

Clémence Dupuis, architecte, enseignante et jeune chercheuse au sein de la Chaire Territorialisation de R. Lajarge et du laboratoire AE&CC

Jean-Louis Coutarel, architecte, enseignant-chercheur et chargé de mission ANCT

Bibliographie

BATIACTU, 2020, Architecture : Nicolas Sarkozy veut ramener du “beau” dans le Grand Paris , in : Batiactu [en ligne]. 29 septembre 2020, disponible sur : < https://www.batiactu.com/edito/architecture-beau-a-disparu-debat-public-selon-nicolas-60306.php >  (consulté le 9 octobre 2020)

Chauvier (E.), 2011, Contre Télérama, Allia, coll. Petite Collection 

Chauvier (E.), 2016, Les nouvelles métropoles du désir, Paris : Éditions Allia 

Chauvier (E.), 2018, Le revenant, Paris : Éditions Allia

Guilluy (C.), 2013, Fractures françaises, Paris : Éditions Flammarion

Guilluy (C.), 2015, La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires,  Flammarion

Hilal (M.), Barczak (A.), Tourneux (F. P.) et al., 2011, Typologie des campagnes françaises et des enjeux spécifiques (littoral, montagne et DOM). Synthèse . In : 2011. Vol. travaux en ligne n°12, DATAR, coll. Monde en cours, Bibliothèque des territoires

ROBERT (M.), 2010, Halte à la France moche !, in carfree.fr [en ligne], le 11 février 2010, disponible sur : < http://carfree.fr/index.php/2010/02/11/halte-a-la-france-moche/ >  (consulté le 9 octobre 2020). 

Viard (J.), 2000, Court traité sur les vacances, les voyages et l’hospitalité des lieux, La Tour d’Aigues,  Aube

Viard (J.), 2012, Nouveau portrait de la France : La société des modes de vie,  Nouvelles éditions de l’Aube. 204 p. 

1 Texte à paraître sur le site de l’ANNR « Les Beautés comme communs territoriaux pour dépasser la vision utilitariste de l’habiter (le cas des centre-bourgs ruraux)” – webinaire chercheurs/acteurs « Nouvelles ruralités et communs territoriaux » le 08/07/2020

2 Cette fabrique du déclassement territorial par la Beauté est librement interprétée à partir de certains ouvrages d’Eric Chauvier (Chauvier, 2016 ; 2018)

Graines de résilience – Bilan du Tour de France de La Traverse

La Traverse a réalisé pendant 6 mois un Tour de France des territoires ruraux pour y observer les dynamiques à l’œuvre en matière de transition écologique et sociale. L’association en a tiré une série radio dans laquelle chaque podcast présente un territoire traversé. Dans une perspective de résilience, le choix des territoires ruraux était lié à la volonté d’étudier les opportunités situées à l’écart des grandes villes et des métropoles, qui malgré leurs défauts et vulnérabilités, concentrent l’essentiel de l’attention et des moyens. 

La Traverse a publié un bilan de ce Tour de France.

Il présente ses principaux enseignements sur les enjeux propres aux des territoires ruraux, sur le foisonnement d’initiatives alternatives, et sur les manières d’y impulser des dynamiques de transition. Partant du constat que les initiatives locales donnent lieu à des dynamiques qui sont de forme et d’ampleur différentes d’un territoire à l’autre, l’association tente d’identifier ce qui permet à ces initiatives (les “graines”) de faire système et de contribuer au renforcement de la résilience. 


Le résumé de ce bilan est disponible ici.


Retrouvez les portraits de territoire et les podcasts réalisés lors de ce Tour de France :

[Appel] Fabriquons une relance en transition !

Préparons et démontrons la force de frappe des territoires
pour sauver l’économie et la planète! “

De multiples tribunes formalisant jour après jour une attente de transformation du monde de l’après-Covid19. Seront-elles entendues ?

Le moment est historique !
L’Union nationale des acteurs du développement local ( UNADEL ) sous l’égide de  La Fabrique des Transitions  soutient aujourd’hui l’appel  “Fabriquons une relance en transitions”  en lien avec la tribune  #nouslespremiers .

Soyons acteurs et démontrons que nous avons de véritables projets de transition, ancrés dans les  territoires , au plus près des français, porteurs d’utilité sociale , générateurs d’emplois …. Des projets constitutifs d’une  Transition puissante , inclusive et démocratique !

POUR EN SAVOIR PLUS, CLIQUEZ ICI !

Et retrouvez la tribune Une Fabrique des Transitions territoriales pour finir avec le sentiment impuissance

Portrait de La Traverse – Pôle métropolitain Nord-Franche-Comté Belfort

Retrouvez ici le podcast de La Traverse,
“Le Nord-Franche-Comté, héritage industriel et écologie”.


Le Pôle Métropolitain Nord Franche Comté englobe les pôles urbains principaux de Belfort, Montbéliard et Héricourt. Ce territoire de 306 000 habitants est situé dans la plaine entre les Vosges et le Jura, et est voisin de la Suisse sur sa partie Sud Est.

Gouvernance et dynamique démographique

L’aire urbaine a une existence juridique, d’abord sous la forme d’un syndicat mixte, puis, depuis 2016, sous la forme du pôle métropolitain. Il regroupe en tout 5 EPCI, et se déploie sur 3 départements (Territoire de Belfort, Doubs et Haute Saône).

Belfort et Montbéliard sont très urbanisées. Héricourt est la partie plus rurale du pôle, mais elle subit les effets du dynamisme des 2 autres villes et de leur extension par l’artificialisation de ses terres agricoles. Le pôle dans son ensemble a une population stable, renouvelée par le solde naturel, qui compense un solde migratoire négatif. Les départs s’expliquent pour beaucoup par l’attractivité du Grand Besançon, ou par l’installation des ménages modestes hors du pôle, vers des zones ou l’immobilier est plus accessible. Une cause de départ importante est également la périurbanisation, et concerne des personnes qui, tout en conservant un emploi dans le pôle, s’installent en dehors. On remarque aussi que les 3 villes de Belfort et Montbéliard perdent des habitants au profit des villes voisines. Ce phénomène participe à l’artificialisation des sols, qui a été plus rapide dans ces territoires que dans la moyenne française (1,95% pour Héricourt, 1,78 % pour Montbéliard)[1].

Belfort et Montbéliard, les 2 villes principales, sont concernées par le programme action cœur de ville, pour la revitalisation des centres villes des villes moyennes.  Le Pays de Montbéliard Agglo est de plus concerné par un contrat de transition écologique, avec comme axe stratégiques la création d’une recylerie, la rénovation thermique de bâtiments communaux, et la production d’énergies renouvelables.


L’activité industrielle, héritage et axe de développement privilégié par les pouvoirs publics

Depuis le XIXe siècle avec l’installation d’une filature dans la ville de Bethoncourt,  ou encore le développement d’une mine de fer, l’aire urbaine est marquée par la présence de l’industrie. Cette tendance se confirme dès 1879, avec la création de la Société Alsacienne de Construction Mécanique, à Belfort, qui devient Alsthom en 1928.

Entre temps, l’usine historique de PSA s’installe à Sochaux en 1912. Au pic de son activité, en 1979, elle comptait 40 000 employés.  Aujourd’hui, elle embauche 7000 personnes, en majorité dans des contrats d’intérim, car  « l’activité économique internationale et aux décisions stratégiques de grands groupes industriels induit un besoin de flexibilité de la main-d’œuvre plus élevé qu’ailleurs »[2] La généralisation de l’intérim marque le territoire, puisqu’elle augmente la précarité des personnes.

L’orientation industrielle du territoire depuis 2 siècles explique également un taux de chômage relativement élevé, et un revenu par habitant relativement bas :

Aujourd’hui, Général Electric, qui a racheté Alstom en 2014, annonce la suppression de 485 emplois, soit 27% de ses effectifs. Cette annonce ébranle le territoire, qui est toujours très dépendant de ses quelques industries pour sa survie économique. 24 % des emplois occupés sont des emplois industriels, et la majorité des autres emplois dépendent, même indirectement, de cette activité.

Focus sur Bethoncourt : Dans cette ville proche de Montbéliard, la forme urbaine est héritée de la période industrielle. Dans les années 1950 et 1960, face à l’augmentation de l’activité de PSA, est construit sur le haut de Bethoncourt une cité pour loger ses ouvriers. La population de la ville augmente en conséquence, pour atteindre 11 000 habitants. Ils sont aujourd’hui 5 000, et il existe une fracture entre la partie basse, constituée du village historique, et la partie haute, dont bon nombre des barres d’immeubles ont été détruites, et qui est aujourd’hui classée en QPV (quartier prioritaire de la ville). Le taux de chômage dans la ville est de 16%, et de 40 % dans le quartier de Champvallon. L’industrie automobile, en comptant les secteurs liés, reste le premier employeur.

Les perspectives d’évolution de l’économie du territoire restent centrées sur l’industrie. Le Nord Franche Comté est le principal « pôle économique et industriel » de la région Bourgogne Franche Comté.

Lauréat du projet Territoire d’innovation, il va recevoir 70 millions d’euros sur la période 2020-2028, notamment pour encourager la structuration de filière sur l’hydrogène, ou encore créer des tiers lieux d’innovation industrielle. 


Des possibilités de diversification de l’économie pour un développement local

La diversification de l’économie est un travail mené par PMA, mais l’idée que celle-ci peut être facilitée par la transition écologique peine à se faire une place.

“L’agglo (de Montbéliard) a des dispositifs pour favoriser des pépinières d’entreprises innovantes, il existe une volonté de diversifier, car on sait qu’il n’y aura pas de grosse entreprise comme Peugeot qui va venir s’installer, il s’agit donc de faire du maillage un peu plus fin et de favoriser des initiatives un peu plus individuelles”

Guillaume Rimbert, Directeur général des services de Bethoncourt.

Néanmoins, plusieurs structures se développent, créent des emplois utiles pour la transition écologique et ainsi offrent des réponses aux problèmes issus de la mono-industrie. Nous en détaillons ici 3. Les deux premières proposent des modèles économiques assez éloignés de ceux de l’industrie.

Les jardins du Montvaudois à Héricourt

Le jardin est un chantier de réinsertion, qui embauche des personnes éloignées de l’emploi pour cultiver le potager de 2 hectares en maraichage biologique. Il produit 270 paniers de légumes hebdomadaires, et grâce à la nouvelle parcelle acquise dans la ville voisine de Trémoins, va passer à 400 paniers en 2020. Il offre ainsi une production alimentaire de proximité en circuit court aux ménages de la région, et accompagne les personnes en réinsertion dans la recherche d’un emploi.

Le jardin d’idées, à Bavant, dans Pays de Montbéliard Agglomération, fonctionne selon le même système. Les deux structures appartiennent au réseau des jardins de Cocagne. Ce type de structures, à fort impact à la fois social et environnemental, souffre de la concurrence entre usages des sols.

“Il est nécessaire de bien réfléchir à comment on réserve et partage le foncier, on est sur un secteur périurbain qui demande aux collectivités de réserver du foncier pour du développement commercial et de l’habitat, ce qui laisse peu de place au développement agricole, alors que se nourrir localement, c’est tout l’enjeu de demain, et d’aujourd’hui”.

Marie Agnes Rondot, Directrice des jardins du Montvaudois

Le Bar Atteint à Belfort

Cette structure embauche 10 personnes en réinsertion dans les métiers du service et de la restauration. Le lieu est mis à disposition des habitants et des associations du quartier et de la ville pour l’organisation d’évènements. Elle cherche à terme à créer un réseau d’échange de savoirs et de services. L’objectif de ce lieu, en plus de renforcer le lien social, est d’améliorer l’autonomie des personnes.

“De mes 15 ans d’expériences dans l’insertion, j’ai acquis la certitude que le futur de l’insertion, c’est de valoriser les savoirs faire des personnes, et non pas qu’ils se plient à des conditions de travail que nous même refuserions. Les gens ont des savoirs faire, de réparation d’outils, dans la cuisine, il faut créer des lieux ou chacun peut se dégager un petit revenu grâce à ces savoirs faire. L’enjeu est d’améliorer l’autonomie des personnes par rapport au monde de 2050. Savoir cultiver, mieux s’alimenter… ce sera toujours utile. Et c’est comme ça qu’on fera évoluer le territoire”.

Hélène , Gérante de la SCIC Les Créatures

Pôle énergie Bourgogne-Franche-Comté

Créé par la région Franche Comté en 2009, le pôle Energie est une structure en régie régionale, qui accompagne les entreprises du bâtiment dans l’amélioration de leurs pratiques. Il travaille par exemple à la création de filière de matériau bio-sourcés, comme la fabrication du béton de chanvre, cultivé dans la région, ou encore la terre crue, récupérée sur les chantiers de la région. Le fait de construire en matériau bio-sourcés permet de diminuer la pression sur les matières premières comme le sable pour la fabrication du béton. Elle diminue également le besoin d’énergie pour le transport des matériaux.

“45% de la consommation énergétique en France vient du bâtiment. Ce qui est difficile, c’est que les réglementations thermiques avancent, mais ça ne va pas assez vite. Si on ne traite que les bâtiments neufs, on renouvelle le parc à hauteur de 1% par an. Aujourd’hui, le gros effort à faire se trouve dans la rénovation, et sur ça on est pas aussi contraint de par la réglementation, donc c’est plus difficile de toucher les ménages”.

Damien Monot, Conseiller technique aux entreprises du bâtiment

À côté d’un développement industriel, auquel le projet TIGA donne un nouveau souffle, les initiatives de plus petites ampleurs, déjà présentes ou en cours de construction, offrent donc une ouverture vers la diversification de l’économie et sa relocalisation.

Acteurs rencontrés :


Rédactrice : Alexia Beaujeux


[1] https://www.insee.fr/fr/statistiques/4182789#titre-bloc-8

[2] Observatoire de l’artificialisation des sols.

Portrait de La Traverse – Coaraze

Retrouvez ici le podcast de La Traverse
“Coaraze : le tourisme au défi de la vie locale”


L’été, la côte d’Azur est l’une des régions les plus touristiques de France. Nice en particulier attire une grande partie du tourisme de masse et la métropole se targue d’une très bonne santé économique, avec un taux de réservation en 2019 en hausse de 3 points par rapport à l’an passé. Pour venir jusque là, un quart des touristes arrivent par avion, et plus de la moitié par la route. L’aéroport Nice-Côte d’Azur constitue une porte d’entrée exceptionnelle sur le territoire avec un trafic en hausse de près de 6% pour la saison 2019. Le tourisme, pour les territoires qui en ont le potentiel comme la Côte d’Azur, c’est une opportunité de développement économique « facile ». Mais laisser reposer 15% de l’activité territoriale sur un secteur économique saisonnier fortement dépendant des énergies fossiles ne nuit-il pas à sa résilience ? Et que dire de l’impact environnemental de ces millions de visiteurs dont les déplacements carbonés contribuent fortement au dérèglement climatique et qui, par leur simple présence et leur concentration, participent à la dégradation des espaces naturels ?

Vue de la Place du Château

Loin de l’affluence touristique estivale, c’est en novembre que nous nous sommes renduˑeˑs à Coaraze, dans l’arrière-pays Niçois. Depuis Nice, il y a une demi-heure de route. Nous prenons un train, puis un bus, puis continuons à remonter la vallée du Paillon en auto-stop. C’est au fond de cette vallée à la route sinueuse qu’apparaît le village médiéval, perché au sommet d’un mont. À l’image des territoires ruraux, Coaraze échappe aux problématiques du tourisme de masse. En effet, si les territoires ruraux représentent 80% du territoire, ils n’absorbent que 28% de la fréquentation touristique et génèrent 19,3% des recettes touristiques. Est-ce pour autant que les questions de tourisme ne posent pas problème ? Labélisé par les Plus Beaux villages de France, et ayant connu un succès précurseur chez les artistes contemporains et avant-gardistes dans les années 50/60, Coaraze aurait pu devenir un village envahit par le tourisme. Mais le choix de préserver la vie de village, garante de l’authenticité locale, a permis à Coaraze d’éviter la muséification et l’envahissement que connaissent d’autres villages alentours.


Un patrimoine culturel ancré dans l’histoire du village et les représentations collectives

Depuis les années 50, l’idée d’un développement de la commune au travers d’une politique culturelle et touristique a marqué l’histoire du village, tout autant dans ses projets que dans la volonté affichée des habitantˑeˑs de ne pas se laisser totalement envahir. Aujourd’hui, la politique communale s’apparente à un équilibre savant entre la valorisation du patrimoine matériel et immatériel et la préservation de la vie du village, culturelle entre autres, telle qu’elle prends forme actuellement.  

Une histoire culturelle et artistique singulière

Le dynamisme culturel de Coaraze émane de son histoire singulière, marquée par le passage d’artistes comme Jean Cocteau dès les années 50, puis d’artistes avant-gardistes dans les années 60. La « veine culturelle » qui descend la vallée des Paillons n’apparaît pas par total hasard, elle est la conjonction de plusieurs éléments et notamment de la rencontre entre le traditionnel et le moderne. Le maire élu en 1953, Paul-Mari d’Antoine, possède trois particularités qui lui permettent de mettre en place une politique culturelle ambitieuse : il est le plus jeune maire de France, il est poète et il est l’héritier d’une très vieille famille locale ce qui le fait bénéficier de la confiance des habitantˑeˑs. Une fois élu, il fait monter de Nice le cercle des poètes qu’il anime avec Jaques Lepage et organise régulièrement des événements culturels majeurs comme les Rencontres poétiques de Provence, l’exposition en plein air du futur groupe Support/Surface, etc. Cette dynamique, couplée à un article décrivant Coaraze comme le village bénéficiant du plus grand ensoleillement de France, a participé à la renommée du « village du soleil » et a renforcé son attractivité culturelle, artistique et touristique.

Cependant, l’organisation de certains événements insolites comme le meurtre rituel du cochon par Pierre Pinoncelli, des projets hors d’échelle comme la construction d’un barrage pour transformer le fond de vallée en station balnéaires, et la mauvaise gestion économique de la commune, ont tôt fait d’effrayer la population locale sur les ambitions de leur jeune maire qui ne sera pas réélu après son troisième mandat.

Des labels et une notion de patrimoine qui évoluent pour tenir compte de la vitalité locale

Une fois passée l’effervescence de ces premiers lustres, le développement du tourisme moderne oriente la commune déjà renommée vers la valorisation du patrimoine, aussi bien matériel, de par la forme esthétique du village médiéval perché, qu’immatériel, par rapport à son histoire culturelle. Elle est alors inscrite parmi les Plus Beaux Villages de France, un label dont les critères d’appartenance sont strictes et onéreux. Ces critères s’attardent par ailleurs beaucoup sur des caractéristiques esthétiques, à la recherche de villages « jolis ».

Cependant, le village de Coaraze développe actuellement, sous la seconde mandature de Monique Giraud-Lazzari et son conseiller municipal délégué à la culture Alain Ribière, un regard critique sur la notion de patrimoine. L’équipe municipale conscientise le besoin de ne pas tomber dans des « clichés » pour conserver l’authenticité du village, qui s’apparente mieux à la vitalité locale qu’à un facteur esthétique ou historique, bien qu’il soit toujours accordé beaucoup d’attention au respect des techniques traditionnelles dans la rénovation du bâti. Ainsi, dans sa volonté de ne pas tomber dans une « muséification » de la commune, la ville prends ses distances par rapport à des critères jugés trop « superficiels » et s’intéresse davantage au facteur humain. La participation de ses éluˑeˑs aux assemblées générales de l’association des Plus Beaux Villages de France, témoigne de leur volonté de faire bouger les lignes au sein même de l’organisation qui commence à considérer ces revendications. La ville conserve donc le label et souhaite voire évoluer les critères d’évaluation et de participation.

On voit qu’il y a du changement et que l’association des Plus Beaux Villages de France prends de plus en plus en compte la vitalité des villages comme critère de sélection

Monique Giraud-Lazzari.

D’autres labels, qui soulignent la singularité et les spécificités du patrimoine local, rendent en revanche bien plus fierˑeˑs les habitantˑeˑs. Le label « Village en poésie » reconnaît là l’engagement passé et présent de la commune en faveur des poètes.  Héritage de Paul-Marid’Antoine, un arrêté municipal original assure l’asile à tout exilé poète de profession. Le label « Oc » vient également reconnaître les mérites du village des frère Alan et Guiu Pelhon dans la valorisation de la langue et la culture occitane.

Enfin, suite au transfert de la compétence tourisme à la Communauté de Commune du Paillon, Coaraze a souhaité conserver sa capacité d’accueil des visiteuses et visiteurs en transformant son syndicat d’initiative en Maison du Patrimoine. C’est le seul endroit du village où sont en vente quelques produits locaux. Elle s’inscrit donc dans le prolongement de l’ancien syndicat d’initiative. Cependant, la volonté de parler de « patrimoine » plutôt que de tourisme, souligne la volonté de favoriser en premier lieu ce qui fait commun pour les habitantˑeˑs plutôt qu’une logique de pure attractivité.

L’association Li Luèrnas organise des visites guidées du bourg médiéval pour découvrir le patrimoine local et ses cadrans solaires.

Assurer un « tourisme de qualité » : accueillir des visiteurs sans attirer le tourisme

Malgré sa proximité avec Nice et sa renommée de Village du Soleil, Coaraze se tient à l’écart des effets du tourisme de masse – une volonté affirmée par la municipalité d’assurer une qualité d’accueil des visiteurs et de favoriser un « tourisme doux »pour éviter une sur-fréquentation qui nuirait à la qualité de la vie locale.

Des stratégies diverses pour échapper au risque de sur-fréquentation

Au vue de la configuration du village, accueillir un grand nombre de visiteurs exposerait la commune à des problèmes de sur-fréquentation, tels qu’observés dans certains villages voisins comme Saint-Paul de Vence notamment. Face à cette crainte exprimée par les habitantˑeˑs, la commune a assumé le choix de ne pas développer outre mesure son attractivité touristique, préférant par ailleurs le terme d’ « accueil des visiteurs » pour qualifier sa politique.

“On ne peut pas dire que tout est fait pour ne pas attirer les touristes, mais en tout cas rien n’est fait pour !” 

Richard Lazzari

Tout d’abord, la situation géographique escarpée du village en fond de vallée et son accès périlleux par la route sinueuse préserve la commune de l’affluence. S’il a été question, dans les années 80, de transformer la route pour faciliter l’accès au village par autocars, ce projet n’est plus d’actualité et le chemin dissuade les moins motivés, effectuant « un tri » dans les personnes qui y parviennent. En revanche, la fermeture d’une ligne de TER (qui ne dessert pas Coaraze) commence à mobiliser les habitantˑeˑs et les éluˑeˑs de la vallée pour la conservation des trains. 

Un autre choix stratégique réalisé par le village pour préserver son calme des masses de touristes réside dans le refus de participer à des émissions touchant un large public, comme le Village préféré des français, entre autres, par laquelle le village a été approché. La commune a pu observer la dégradation du cadre de vie subie par les habitantˑeˑs d’autres communes comme Saint-Paul de Vence à cause de leur envahissement après la diffusion de ces émissions et a fait le choix judicieux de ne pas y participer.

Enfin, la commune semble également avoir limité volontairement l’installation de commerces de type touristiques (revendeurs, etc.). Les attractions commerciales de Coaraze se résument alors à un café-bar-épicerie-dépôt de pain sur la place basse du village, un restaurant-pizzéria, une buvette dans la cour du château ouverte en période estivale, et la Maison du Patrimoine qui, en plus de son rôle de syndicat d’initiative, revends également quelques spécificités de l’artisanat local.

Des activités tout de même sources de nuisance

Certaines activités constituent toutefois des sources de perturbation. Le cadre naturel de qualité offert par la vallée du Paillon attire un profil de touristes plutôt « écolo » comme des randonneurs dont l’activité est perçue de façon relativement positive par les habitantˑeˑs. Mais des pratiques récréatives moins sobres telles que la pratique du trial, les rallyes automobiles et le canyoning dans le Paradis (rivière locale) posent des problèmes de nuisance, de sur-fréquentation et de dégradation de l’environnement, perçus comme une atteinte au cadre de vie. De même, si l’organisation de la brocante annuelle représente une manifestation chère aux coarazienˑneˑs, la multiplication d’événements rayonnants ne paraît pas souhaitée du fait de la saturation qu’ils peuvent engendrer.


Préserver la vie locale et les activités à destination des habitant.e.s

Malgré tout, la commune se distingue d’autres villages pour lesquels la sur-fréquentation détériore le cadre de vie. Mais cette attention va également en faveur du maintien d’une vie culturelle, associative, artistique et sportive dynamique, avec “une programmation qui n’a rien à envier aux grandes villes” (Lucien Massucco).

Un bouillonnement social, culturel et artistique qui s’ancre dans des lieux

Même s’il faut distinguer la période estivale comme étant particulièrement plus animée, il est vrai que le village de Coaraze se distingue d’une manière générale par son dynamisme local qui s’ancre dans différents lieux. Tout d’abord, la présence d’un café et d’une épicerie offrent des lieux de convivialité et permettent de réaliser des achats de base comme le pain. L’Espace de Vie Sociale participe également fortement à maintenir un endroit physique de sociabilité neutre et de production collective. Même si ce lieu n’est pas financé directement par la mairie, il semblerait que cette dernière joue un rôle facilitateur pour les activités qui y sont développées. La médiathèque représente aussi un lieu ressource, particulièrement fréquenté par les enfants et animé toutes les semaines par un cercle de lecteurs. Enfin, un caractère marquant du bouillonnement local est illustré par la présence marquée des enfants dans l’espace public, seuls ou accompagnés, une situation qui peut être attribuée aux interconnaissances villageoises et à la faible circulation automobile au travers du village.  

Espace de vie sociale de Coaraze

Une politique d’attractivité des jeunes ménages favorise la vitalité locale

Cette animation a été également favorisée par une politique d’attractivité des jeunes ménages qui s’investissent dans la vie de village en venant se greffer à l’offre d’activité déjà présente. Alors, lors du premier mandat de l’actuelle mairesse, l’installation d’une micro-crèche et l’agrandissement de l’école primaire ont permis d’attirer de nouvelles populations, également intéressées par les prix raisonnables et la qualité de vie offerte par la situation du village.  Ainsi, même si beaucoup de ces ménages travaillent en ville, à Nice, et même si la configuration en hameaux du village pourrait permettre à ses habitants de ne jamais passer par le centre, la présence de l’école et de certains centres d’intérêts dans le bourg, a fortement incité les nouveaux et nouvelles habitantˑeˑs à s’intéresser à la vie du village : en témoigne notamment la participation villageoise au Grand Débat prolongé en café-citoyen.

Des activités économiques à destination du tourisme mais aussi des habitant.e.s qui créent des emplois et de l’animation locale

Enfin, Coaraze conserve des activités artistiques, artisanales et économiques singulières, qui en font un village tout à fait habité. La présence du label de musique artisanal Fatto in Casa, des éditions de livres L’Amourier, d’une potière, de maraîchage et anciennement d’un cabinet de maquettistes, permet de conserver des activité et des emplois locaux. Autour du tourisme aussi, certaines activités sont conservées et d’autres en voie de développement. En difficulté, le restaurant a été récemment repris par deux habitantˑeˑs de Coaraze qui y possèdent déjà un gîte. L’été, les gérantˑeˑs organisent des concerts très régulièrement : « pour participer à la vie du village surtout, et puis oui, pour les touristes aussi, pourquoi pas ! ». L’activité touristique est cependant loin de constituer une part essentielle de l’économie locale et ramène de très faibles revenus à la mairie, qui sont toutefois les bienvenus en compléments. Les restaurateurs disent également vivre grâce à la population locale et non grâce au tourisme, mettant en garde contre le danger de construire un modèle économique entièrement basé sur cette source de revenus. Cependant, les activités économiques basées sur le tourisme « vert » peuvent tout de même représenter un levier de développement local et des liens existent déjà entre les producteurs locaux et les aménités d’accueil de visiteurs.

Les potagers, qui participent également à souder la communauté coarazienne autour de projets concrets sur l’alimentation

Conclusion

Coaraze détient tous les atours d’un village touristique : un patrimoine bâti médiéval bien conservé, son église inscrite (depuis 2018) aux Monuments historiques, ses chapelles peintes, ses cadrans solaires d’artistes contemporains, un environnement de qualité, une histoire culturelle singulière dont les traces sont encore présentes. Pourtant, le village a trouvé que la meilleure façon de célébrer cet héritage culturel, c’était de le perpétuer, sans tomber dans la célébration et la muséification, mais en le pratiquant au quotidien de façon vivante et incarnée, et en l’irriguant de la diversité des pratiques et cultures locales, à l’image d’un mescla[1], titre d’un album édité par le label Fatto in Casa. C’est là que réside toute l’authenticité du village.

Acteurs rencontrés :

  • Monique Giraud-Lazzari, maire
  • Alain Ribière, adjoint à la culture
  • Espace de Vie Sociale de Coaraze
  • Label de musique Fatto in Casa
  • Éditions Lamourier
  • Maison du Patrimoine de Coaraze

Rédactrice : Solène Cordonnier


[1] « mescla » signifie « mélange » en occitan. 

-TRIBUNE- Dessinons ensemble le “monde d’après”

L’Unadel est fière de contribuer par son implication et sa signature à la lettre ouverte collective adressée à Emmanuel Macron ce 27 avril 2020. Elle rassemble aujourd’hui des signataires aussi divers qu’Anne Hidalgo, Patrick Viveret, Bernard Stiegler, Cyril Dion ou Priscillia Ludosky et ne doutons pas qu’elle sera vite rejointe par d’autres. En proposant “une démarche démocratique en trois étapes” nous sommes prêts à prendre notre part pour “dessiner ensemble un chemin” et sortir de la crise du coronavirus. Les initiatives et démarches de développement local seront plus que nécessaires pour nous y aider.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/tribune-nouslespremiers-elus-personnalites-publiques-ou-citoyens-ils-s-adressent-a-emmanuel-macron-pour-dessiner-le-monde-dapres_3937031.html

Podcasts et portraits de La Traverse

Découvrez La Traverse, association d’accompagnement et de soutien aux dynamiques locales de transition, et ses portraits de territoires, que nous proposons ici en complément des Écoutes territoriales et citoyennes.

Sensible à la vision et à l’ambition de cette jeune association, l’Unadel a fait le choix d’accompagner son lancement et ses débuts et est très fière du chemin parcouru avec La Traverse !


Retrouvez aussi le bilan du Tour de France de la Traverse :


La Traverse est une association dont la mission est d’accompagner et soutenir les dynamiques locales de transition écologique et sociale, dans une perspective de résilience. L’équipe propose un accompagnement de proximité structuré autour d’occupations temporaires et de résidences. Ces temps permettent d’élaborer, avec l’appui étroit des acteurs en présence localement, un diagnostic sensible de la résilience, débouchant sur des stratégies de transition opérantes et adaptées aux besoins et ressources du territoire. 

En parallèle de cette activité d’accompagnement, La Traverse réalise une série radio : Transition en terrain connu. Dans une approche sensible et analytique, chaque épisode présente un territoire traversé et les différentes initiatives à l’œuvre en matière de transition, au prisme d’une problématique qui apparaît saillante (effets de la cité-dortoir, rôle du tourisme, transition énergétique, implication citoyenne…).

Portrait de La Traverse – Meymac

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“Meymac : commune rurale, pourquoi faire ?”


La commune de Meymac,  point culminant de la Haute-Corrèze (976 mètres), est classée parmi les “100 plus beaux détours de France”[1]. Porte d’entrée du Parc Naturel Régional de Millevache en Limousin, Meymac compte 2 411 habitant.e.s au dernier recensement, et le chômage touche 13,2% de la population.

Rue de Meymac, village classé parmi les “100 plus beaux détours de France”

Un secteur d’activité essentiel est celui du bois et du bois-énergie : l’école forestière de Meymac est par exemple une référence au niveau national. La filière bois est d’ailleurs importante dans l’ensemble du territoire communautaire, ce qui engendre parfois de fortes tensions. Fin 2018, un incendie volontaire a détruit un atelier de l’entreprise d’exploitation forestière Mecafor, à Ussel. Au regard de cette contestation grandissante de l’industrialisation de la forêt, Pierre Chevalier, président de Haute Corrèze communauté – dont Ussel est le siège – déclarait : “Notre économie forestière est perturbée, déstabilisée”[2]. Meymac compte également une industrie pharmaceutique, avec un établissement majeur qui appartient aujourd’hui à un groupe Pakistanais (Martin Dow), spécialisé dans la sous-traitance et la production de génériques. L’objectif est d’y employer une centaine de personne d’ici 2020. Globalement, les emplois de la commune sont répartis dans les secteurs d’activité suivants[3] :

Meymac frappe surtout par son dynamisme commercial, rare pour un commune de cette taille. Dans le centre-bourg, on trouve plusieurs cafés, un cinéma, des salons de coiffure, une librairie, un salon de thé,  des restaurants – dont le célèbre Chez Françoise, ou Bernadette et Jacques Chirac allaient déguster la non-moins fameuse tête de veau. 

Un dynamisme commercial à l’effet boule de neige

Certains magasins s’inscrivent pleinement dans des démarches de transition, comme l’épicerie vrac Pêl-Mêl, la mercerie-friperie Bruyère Limousine, ou encore la ressourcerie ECO-TRIouzoune. Ces commerces alternatifs se sont développées depuis l’installation de l’épicerie Pêl-Mêl, il y a trois ans. Marlène Cernesse, gérante de la mercerie-friperie, l’explique en ces termes : “Il y a eu un point de départ avec Pêl-Mêl. Quand elle a ouvert, les autres ont vite suivi : la crêperie, le salon de thé, la ressourcerie… Et tout ça en trois ans ! Pour un village de 2000 habitants, avec une population vieillissante, c’est assez exceptionnel.” Le cercle vertueux continue de profiter à la commune, et la dernière bénéficiaire en date est justement Marlène, dont la mercerie-friperie a ouvert fin novembre. 

Ce dynamisme s’explique d’abord par le cadre de vie. L’accès à la nature (étang de la Garenne, lac de Séchemailles), le dynamisme culturel (cinéma, musée d’archéologie, centre d’art contemporain) ou encore le patrimoine architectural sont autant de facteurs qui attirent porteurs de projets et consommateurs. “De plus en plus de jeunes et de familles d’origine urbaine ont envie de s’installer ici, raconte Lionel Rousset, libraire et adjoint au maire. Beaucoup s’intéressent au bien-être, à l’écologie, et sont à la recherche d’un mode de vie alternatif”. Les structures alternatives trouvent ainsi un écho dans la population, qui semble prendre un soin croissant à consommer local et à faire tourner les commerces du centre-bourg : “Tout le monde sait que se balader dans une ville où les commerces sont fermés, c’est très triste, donc les gens font l’effort de consommer dans ces magasins de proximité”, explique Marlène Cernesse. 

Devanture de la mercerie-friperie Bruyère Limousine

La qualité du cadre de vie est également à l’origine d’une fréquentation touristique non négligeable, qui profite aux commerçant.e.s : “Meymac, c’est les portes du plateau de Millevaches, explique Mélanie Flament, gérante de l’épicerie Pêl-Mêl, donc ça permet d’accueillir les gens qui viennent en vacance, ou qui viennent s’installer sur le plateau. Stratégiquement, Meymac a en fait beaucoup d’attraits pour un commerce, que ce soit au niveau de la qualité de vie ou du tourisme.“ L’augmentation du nombre de visiteurs en période estivale, ces dernières années, est donc venue consolider ce dynamisme. 

Une mairie volontariste

Consciente de ces atouts, la mairie de Meymac a voulu accélérer le mouvement en mettant en place des aides financières à l’installation des commerces. “Le rôle de la commune est d’impulser une dynamique locale, explique Philippe Brugère, maire de Meymac. Dans des territoires ruraux, c’est aussi maintenir les services publics, et trouver des marges de manoeuvre budgétaire pour développer l’attractivité, en ayant en tête que les territoires ruraux sont des territoires d’avenir.“

La volonté du maire, à son arrivée en 2014, était clairement de dynamiser le centre-bourg. De fil en aiguille, cette stratégie s’est inscrite dans une réflexion plus large sur la transition écologique et sociale. “Au-début, le dynamisme était un objectif en soi, mais je réalise que c’est aussi un objectif de transition écologique. On sent bien que le mouvement est enclenché : les circuits courts ne peuvent être que vertueux. C’est délirant de faire venir des objets de Chine alors qu’on les a à deux pas de chez soi. En plus, ça crée des emplois qui ne sont pas délocalisables. Ces magasins de proximité ont de nombreuses vertus, alors j’y vais gaiement !” Cette volonté politique correspond aussi à l’ambition de contrebalancer le déséquilibre orchestré au niveau national entre les métropoles et le monde rural. “Toutes les politiques publiques nationales vont le sens d’un renforcement de la métropolisation, ce qui se fait au détriment des territoires ruraux. Mais avec de la volonté, de l’imagination, des politiques tournées vers le social, le culturel, on réussit à dynamiser un village.“

Philippe Brugère, maire de Meymac

S’il est réélu, Philippe Brugère prévoit de faire de la transition écologique la priorité de son mandat, et de positionner la commune de Meymac en démonstratrice à ce sujet en Haute-Corrèze. Car si le dynamisme du centre-bourg a des retombées écologiques évidemment positives, il reste une certaine marge de progrès pour engager la commune dans une transition ambitieuse et rendre le village résilient. À titre d’exemples, la circulation automobile est encore libre en centre-ville, et les cantines scolaires ne privilégient pas les producteurs locaux. Plus fondamentalement, la réussite du modèle meymacois repose en grande partie sur une ressource externe : la fréquentation touristique, qui risque qui plus est de décliner en même temps que grimperont les prix de l’énergie…

Acteurs rencontrés :


Rédacteur : Maxime Verdin


[1] Les critères retenus ont trait à l’éloignement des grands axes routiers, la capacité d’accueil, l’existence de bâtiments classés ou de monuments historiques valorisés, de lieux festifs aménagés…

[2] La Montagne, 08/02/2019, “Les élus de Corrèze attendent un geste de soutien du ministre de l’écologie vers les forestiers” : https://www.lamontagne.fr/ussel-19200/politique/les-elus-de-correze-attendent-un-geste-de-soutien-du-ministre-de-l-ecologie-vers-les-forestiers_13130387/#refresh

[3]  Données issues du comparateur de territoire de l’INSEE