Samedi 5 octobre : Rencontres fertiles à Ayguesvives (Haute-Garonne)

L’Unadel et Territoires et citoyens en Occitanie ont le plaisir de vous inviter aux « Rencontres fertiles », place du marché des initiatives citoyennes de développement local en Occitanie.

La journée commence à 9h15 et se tiendra dans la salle de l’Orangerie à Ayguevives (Plan)

Lire et télécharger le flyer, avec programme et plan d’accès

Attention, l’inscription est obligatoire (participation aux frais de repas de 15 €) : http://territoiresetcitoyens.fr/?InsCriptionPDM

Déjà plus de 100 participants inscrits, voir qui y sera.

Les objectifs de ces rencontres

– Réunir les différents acteurs.trices qui agissent sur leur territoire dans une logique de « bien commun »,

– Permettre des échanges de pratiques, des repérages d’initiatives, des connexions fructueuses en proposant des . supports innovants,

– Susciter des envies d’agir en collectif,

– Alimenter notre vision de la société et de ses évolutions avec une entrée par le territoire, la gouvernance démocratique, la coopération, la participation, l’éducation populaire…

Les publics visés

– Agents et élus de collectivités locales en lien avec l’innovation territoriale locale, durable, la participation citoyenne, l’économie sociale et solidaire…

– Entreprises, associations, citoyen.ne.s oeuvrant dans le champ des transitions : écologique, économique, sociale, démocratique, institutionnelle…

Le programme

9h15 : Accueil café croissant

10h00 : On fait connaissance, Brise-glace ludique et créatif

10h15 : On donne à voir et à connaître des initiatives : BarCamp, découvertes d’initiatives en région

11h45 : On identifie ce qui est commun : Qu’y a-t-il de commun à toutes nos expériences ? / Initiation à la pensée visuelle et production collective

13h00 : Apéro des territoires : Apportez une spécialité à partager / Buffet de produits du Lauragais

14h30 : On produit, on invente on se projette : Forum ouvert « faire réseau aujourd’hui », choisissons les thèmes sur lesquels avancer ensemble !

16h00 : On respire, on s’inspire : Les territoires à la loupe…!

Regards croisés de Laurence Barthe (enseignant chercheur en géographie, aménagement à l’Université de Toulouse), Benoît Prévost (maître de conférences en sciences économiques à l’Université de Montpellier)

Analyse à partir de l’étude de 42 initiatives rencontrées par Coline Babaudou (Master APTER et stagiaire TCO au printemps 2019)

17h00 : Fin de la journée : Perspectives du réseau régional

Voir également la liste des initiatives qui seront présentées

Plus d’infos et contact (TCO) : http://territoiresetcitoyens.fr / reseau.tco@gmail.com / 07 67 77 76 43

Rencontre apprenante le 20 septembre à Sarrant (Gers)

Le vendredi 20 septembre 2019, de 9h30 à 17h30 à la librairie Tartinerie (place Eglise 32120 Sarrant)

Inscription obligatoire : https://www.helloasso.com/associations/unadel/evenements/rencontre-apprenante-autour-du-livre-vous-avez-dit-developpement-local

(achat du livre sur place, 25 € et possibilité de déjeuner sur place, participation au repas, 10 €)

Affiche et programme complet à lire et télécharger

La librairie des territoires, l’Unadel et Territoires et citoyens en Occitanie (TCO), avec le soutien des Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, ont le plaisir de vous inviter à une rencontre-apprenante sur le livre “Vous avez dit développement local ?” en présence de Georges Gontcharoff, auteur qui a coordonné l’ouvrage.

Cette rencontre permettra de découvrir et d’approfondir l’histoire et les fondements du développement local, et d’échanger sur les défis et enjeux actuels. En fin de journée, un temps d’échange est également proposé avec l’Unadel, le réseau régional TCO, le Centre de ressources Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine et les Agents de développement de Nouvelle-Aquitaine (ADENA).

Qu’est-ce qu’une rencontre apprenante ?

La Librairie des territoires a développé le concept de « rencontres apprenantes » pour permettre à tout un chacun d’être armé pour, demain, être acteur et auteur de ses projets.

Les rencontres apprenantes visent à :

construire ensemble une culture citoyenne autour d’une thématique qui repose sur un problème social, intellectuel, humain pour participer à une dynamique de décision et d’action territoriale,

utiliser comme outils de réflexion et de travail le livre, la lecture et l’échange,

proposer un programme de travail autour de thèmes qui en émergeront.


Qu’est-ce que le développement local ?

Le livre “Vous avez dit développement local ?” est le fruit d’un travail initié par l’Unadel. Écrit par Georges Gontcharoff et cinquante acteurs militants du développement local, il est publié par la librairie des Territoires.

Cet ouvrage collectif propose une histoire incarnée du développement local. Né dans les années 1960, le développement local est un mouvement ascendant à la fois culturel, économique et social, qui place en son cœur la prise en compte des besoins et des aspirations des habitants, et la valorisation des ressources d’un territoire par et pour les groupes qui occupent ce territoire.

Parce que l’ouvrage “Vous avez dit développement local ?” révèle le pouvoir d’agir issu de l’initiative individuelle et collective des citoyens et d’élus créatifs et visionnaires, il est un recueil de clefs pour comprendre et se projeter dans un monde en profonde mutation.

Socle de transmission de savoirs agissant comme une boussole, il s’adresse aux étudiants, aux chercheurs et à tous les observateurs avisés de la résilience des hommes et des territoires. Il s’adresse aussi aux militants et à tous ceux qui, dans leurs responsabilités respectives, œuvrent pour une société plus juste, plus humaine et plus désirable.

Programme

9h30 : Accueil

10h-12h : Découverte de textes du livre avec les lecteurs
14h-15h30 : Échanges avec Georges Gontcharoff (auteur) et les contributeurs présents

16h-17h30 : Échanges avec l’Unadel, le réseau régional TCO, le Centre de ressources Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine et ADENA

illustration Brigitte Lannaud Levy

Journées des territoires 2019 : les 25 et 26 novembre à la Halle Pajol

Agir sans subir, Les territoires relèvent le défi écologique et social

Les Journées des Territoires 2019, organisées par l’Unadel, avec le Carrefour des métiers et l’IRDSU, auront lieu les lundi 25 et mardi 26 novembre à la Halle Pajol (20 Esplanade Nathalie Sarraute, 75018 Paris, métro Marx Dormoy).

Les dates sont à noter !!!

Télécharger l’affiche

Transitions et conduite coopérative du changement, pour développer le pouvoir de vivre et d’agir dans les territoires

Retour sur l’AG de l’Unadel et projet 2019

L’Assemblée générale de l’Unadel a eu lieu cette année le vendredi 17 mai, de 9h30 à 13h à la Fédération des centres sociaux. 32 personnes y ont participé (pour information, il est toujours possible d’adhérer à l’association et de prendre part à ses activités). 

L’ordre du jour de cette AG :

  1. Ouverture et bilan 2018
  2. Chantiers 2019 et perspectives
  3. Élection du CA

Lire et télécharger le Procès-verbal de l’assemblée générale du 17/05/2019

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Lire et télécharger le Rapport moral 2018

Extrait :

L’Unadel fédère, mutualise et fait connaître les savoirs, les savoir-faire, les pratiques et les initiatives qui réenchantent la démocratie et redonnent sens au projet et au collectif. Nos forces restent cependant limitées et nous ne pouvons agir avec efficacité que dans le cadre d’alliances et de partenariats. Il ne sert à rien d’avoir raison tout seul, comme il est dangereux d’avoir tort avec tous. De plus en plus d’acteurs économiques et de corps intermédiaires partagent avec nous la conviction que nous devons travailler au changement de modèle de société, construire une pensée en adéquation avec la finalité et mettre en place des actions concrètes à toutes les échelles pour engager un processus de changement de modèle dans tous les domaines. Il s’agit de provoquer, d’accompagner et de faire vivre les transitions, aussi bien dans la gouvernance – nos concitoyens veulent être associés aux décisions et contrôler directement l’efficacité de leur mise en œuvre – que dans les modes de production et de consommation.

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Lire et télécharger le Rapport d’activités 2018

Extrait :

Cette année aura été également l’occasion de travailler sur la mémoire du développement local avec la réalisation d’un ouvrage de référence « vous avez dit développement local ? », un ouvrage de près de 400 pages avec les témoignages d’une cinquantaine d’acteurs qui ont été à la base de ces pratiques. L’occasion également de travailler à la réalisation d’un MOOC, pour le compte du CNFPT, pour expliquer concrètement ce qu’est le développement local aujourd’hui, à destination des agents des collectivités territoriales et au-delà à ceux qui s’intéressent aux questions d’aménagement du territoire, de transition, de conduite de politique publiques locales. L’occasion enfin de continuer à travailler avec « l’écosystème » associatif et d’organisations qui œuvrent à des places diverses autour des questions de transition sociale et écologique et de participation citoyenne. La fin de l’année, avec l’irruption du mouvement des « gilets jaunes » constitue un rappel du réel qui ne peut que nous interpeller, nous membres de l’Unadel et tous nos partenaires engagés dans les chantiers de la démocratie locale et de la transition sociale et écologique.

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Lire et télécharger le Rapport d’orientations et projet d’activités 2019

Orientations :

  1. Être davantage présent sur la scène publique et médiatique en affirmant un discours politique fort : le pouvoir de vivre et d’agir dans les territoires
  2. Construire une contribution à la réforme du CESE et soutenir l’initiative des gilets citoyens
  3. Améliorer la lisibilité de l’Unadel et nourrir l’envie d’Unadel
  4. Poursuivre les actions et chantiers traditionnels de l’Unadel, et les partenariats qui permettent de faire réseau et de développer des relais en région.
  5. Renforcer la vie associative avec un développement de l’implication bénévole et une articulation administrateur/salarié renforcée sur le suivi des chantiers et sur la constitution d’équipes d’intervention dans les territoires auprès des candidats aux municipales.
  6. Renforcer l’écosystème et les partenariats
  7. Renforcer l’indépendance de l’association
  8. Affirmer nos convictions, notre spécificité et nos analyses

Hommage à Hubert Favre, figure emblématique du développement local

Hubert Favre, figure emblématique du développement local, qui a consacré sa vie à sa terre du Beaufortain, nous a quittés le 5 mai 2019.

Hubert Favre a été à sa manière comme un Paul Houé pour le mouvement du développement local. L’Unadel exprime tout l’attachement que lui doit le réseau de ceux qui l’ont connu, et de tous ceux qui s’en inspiraient.

Il déployait pour son Beaufortain, et bien au-delà, des capacités étonnantes avec une liberté et une audace capables de mettre en mouvement ce qui pouvait paraître parfois invraisemblable. Il a donné et transmis un vrai élan de vie au mouvement du développement local.

Il a été un personnage marquant, qui continuera à nous accompagner en étant une marque forte du développement local.

Après avoir couru toute ma vie pour mon Beaufortain,

Semé des graines d’Associations,

Cultivé des amitiés et la joie d’être Ensemble,

Récolté la mémoire de mon territoire,

Je suis parti tranquillement vers les étoiles.

Je ne sais pas si le Paradis est aussi joli que mes montagnes,

Mais j’y trouverais sûrement des amis,

Avec lesquels nous formerons le club des millénaires !

Arvi Pà

Hubert FAVRE

1932-2019

Grand Est #2 / Rencontre avec avec Xavier Loppinet (Colombey-les-Belles et Sud Toulois)

Xavier Loppinet est directeur de la Communauté de Communes du Pays de Colombey-les-Belles et du Sud Toulois. Sylvain Adam, délégué national de l’Unadel, a pu le rencontrer à Colombey-les-Belles le 25 février 2019.

Sylvain Adam, pour l’Unadel / mars 2019

Durant notre entretien, Xavier Loppinet revient sur l’histoire du développement local de ce territoire depuis 40 ans. Une multitude de projets ont pu naître et cette dynamique est toujours bien vivante, avec notamment les créations récentes d’un centre de retraitement textile et de « la Fabrique », entreprise à but d’emploi du dispositif « territoire zéro chômeur de longue durée ». Comment garder le cap et porter des projets qui font sens (à la fois pour la démocratie, l’emploi, l’écologie, le culturel, la santé, la solidarité…) dans un contexte global marqué par un manque d’horizon commun et désirable, une technicisation croissante et un éloignement entre institutions et habitants ?

La nécessité de contrer l’exode rural

La démarche intercommunale est ancienne ici, elle date de 1978. Élu au Conseil général de Meurthe et Moselle, Michel Dinet lance une démarche de diagnostic territorial et publie un livre blanc (un livre noir !) avec écrit sur la première page « Votre canton est en train de mourir, le savez-vous ? ». S’ensuit une série de rencontres qui vont préciser des axes prioritaires d’intervention pour contrer la désertification de ce territoire rural. A partir de cette étape naissent une multitude d’initiatives : aide à la reprise d’exploitations agricoles, développement d’une offre en d’habitat locatif en milieu rural, organisation d’événements culturels pour développer le vivre ensemble, création de l’association « Avenir et défense du canton de Colombey », mise en place de services pour les personnes âgées…

Dès le début des années 80, l’intercommunalité se structure sous la forme d’un SIVOM (syndicat intercommunal à vocations multiples, qui s’appellera EPCI, Établissement public de coopération intercommunale et deviendra plus tard communauté de communes). Les groupes de travail mis en place incluent des habitants du territoire et les décisions sont prises par celles et ceux qui participent à ces groupes de travail, pas uniquement par des élus.

Des projets plutôt que de la gestion

Aujourd’hui la Communauté de communes est constituée de 38 communes (en Meurthe et Moselle et Vosges) et de près de 12 000 habitants. Même si Michel Dinet a passé la main en 1998, la dynamique de développement local est toujours bien présente, avec le souhait de trouver un équilibre entre l’adaptation nécessaire aux contraintes réglementaires et l’évolution de la société tout en restant en continuité avec l’esprit d’origine. Colombey tente ainsi de rester un territoire de projets plus qu’un territoire de services.

Parmi les projets structurants depuis les années 1990, on peut citer :

– la MARPA (Maison d’accueil rurale pour les personnes âgées, étendue aujourd’hui avec une unité Alzheimer) ;

– deux crèches intercommunales et bientôt trois;

– trois maisons de santé,

– un Relais Familles (lieu d’écoute parents-enfants et relais d’assistances maternelles ainsi qu’un projet de mobilité solidaire avec transport bénévole ;

– un ESAT (Établissements et services d’aide par le travail) avec une soixantaine de travailleurs handicapés ;

– un Centre Européen de Recherches et de Formation aux Arts Verriers avec, en plus des activités de formation et de recherches, un Fab Lab, un lieu d’hébergement et de restauration ainsi que de sensibilisation du public (à Vannes-le-Châtel, à côté de la Compagnie Française du Cristal Daum) ;

– un centre de tri textile ;

– une agence de développement économique Terres de Lorraine (Pays) avec l’accompagnement des porteurs de projets et l’aide pour l’immobilier d’entreprise ;

– trois compagnies de théâtre professionnelles avec une grosse programmation culturelle, une trentaine de spectacles par an et un festival de contes…

Pour que la Communauté de communes reste dans le développement et le travail partenarial, la gestion de chacun de ces lieux et projets est en général confiée à d’autres structures (les groupements d’intérêt public pour les crèches, la MARPA, et l’ESAT ; Familles rurales pour le Relais familles, des associations…). L’opération programmée d’amélioration de l’habitat, en direction des propriétaires bailleurs et occupants, est en revanche animée en interne.

La vitalité en milieu rural

Cette dynamique a permis de stopper l’exode rural : en perte de population en 1978 à l’arrivée de Michel Dinet, la Communauté de communes est désormais attirante. L’accroissement de sa population est ainsi deux fois supérieur à celui du département.

De réputation internationale, Le CERFAV (Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers) par exemple est un attracteur puissant.

Le travail partenarial se traduit par une habitude de « se causer » même si on n’est pas toujours d’accord et permet de continuer d’exister avec une petite taille, en conservant ses spécificités. C’est aussi ce qui permet de surmonter des difficultés souvent rencontrées en milieu rural : ici les maisons de santé ouvrent alors qu’ailleurs elles ont tendance à fermer.

En contrepoint, ces réussites n’éclipsent pas totalement des tendances lourdes : le repli sur soi et le sentiment d’abandon continuent d’exister. On manque d’un horizon qui fait rêver à l’échelle planétaire et européenne et l’État est désormais plus dans un rôle de sanction que d’accompagnement. Sur l’entretien des routes par exemple, le laisser faire entraîne une dégradation visible (la facture sera salée si rien n’est fait) et une perte de savoir-faire. Pour la Communauté de communes, la mise en place de projets est de plus en plus complexe avec la lourdeur bureaucratique des dossiers à monter et la raréfaction des financements.

Le rôle d’animateur et de médiateur

Le directeur de la Communauté de Communes est à l’interface entre les élus et les techniciens. Il participe à entretenir la dynamique de développement local qui existe ici depuis trente ans. Ce n’est pas toujours simple : une fois que beaucoup de choses ont été mises en place, la nouvelle idée qui surgit n’est plus exceptionnelle. Michel Dinet disait à ce propos que “l’on remarque plus une fleur qui pousse dans le désert qu’un arbre dans une forêt “.

Il faut toujours être vigilant pour ne pas s’enfermer dans une logique de gestion, qui prend de fait de plus en plus de temps. Le principe de contractualisation avec l’État par exemple n’est pas mauvais en soi, mais on assiste bien à une « technocratisation » des dossiers : le remplissage monotone d’une série de cases et d’objectifs au détriment du fond. Dans ce contexte de déshumanisation, il est impératif de garder du temps pour l’innovation et la mobilisation de l’ensemble des habitants et acteurs du territoire.

Ainsi, le festival de contes s’appuie sur des groupes de lecture très dynamiques et mobiles. Sur le sujet de l’habitat et de l’urbanisme, un gros travail est fait en lien avec les référents habitat de chaque commune pour repérer les logements vacants, et inciter à lancer des travaux de rénovation et les remettre sur le marché. L’expérimentation « Territoire zéro chômeurs de longue durée » mobilise aussi de nombreuses personnes, autour de la Fabrique à Bulligny. L’intuition qui prévaut de partir des compétences des gens pour un retour durable à l’emploi est une bonne logique qui s’inscrit pleinement dans la philosophie du développement local.

Le lien entre l’intercommunalité et les mairies des 38 communes fonctionne bien, au moins dans 80 % des cas. Il permet notamment la mutualisation des services. Peu importe aux habitants de savoir qui a initié tel ou tel projet, du moment que ces projets voient le jour. Avec la région, le lien est quant à lui plus distendu depuis l’émergence de la nouvelle Région Grand Est : au lieu des déplacements à Metz, il faut désormais se rendre à Strasbourg, ce qui prend plus de temps. Cette nouvelle région regroupe trois anciennes régions (Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne) aux fonctionnements très différents, avec un nouvel équilibre à construire : on est toujours en phase de transition. Le chantier le plus tangible aujourd’hui est la connexion à venir de tous les foyers à la fibre optique.

Le développement local, passé et avenir

Aujourd’hui le développement local n’est plus forcément repris dans les politiques publiques (l’intitulé de la nouvelle Agence nationale met heureusement en avant la « cohésion territoriale » et non la « compétitivité des territoires » comme ça a été le cas à une époque). Faut-il garder ce terme et ce qu’il renferme ou le déconstruire et se battre autrement ? En tout cas, la philosophie est toujours là et les initiatives attirent le grand public et les média : en témoigne le succès de l’Entreprise à but d’emploi (EBE) « De laine en rêves » qui permet de nouvelles embauches et la valorisation de la laine locale, auparavant bradée sur les marchés asiatiques, pour la fabrication locale de matelas. Ce projet a du sens !

La communauté de communes du Pays de Colombey-les-Belles et du Sud Toulois a prouvé qu’il était possible de faire beaucoup avec peu de moyens, à condition de se retrousser les manches et de mouiller collectivement sa chemise. C’est avant tout dans les territoires aux ressources financières limitées, que ce soit en ville ou dans les secteurs ruraux, que le développement local s’est le plus développé.

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Grand Est #1 / Rencontre avec Kristell Juven de C&T Grand Est

Fin février, Sylvain Adam, délégué national de l’Unadel a pu rencontrer et s’entretenir avec Kristell Juven, directrice adjointe de Citoyens & Territoires – Grand Est.

Sylvain Adam, pour l’Unadel / Mars 2019

L’association Carrefour des pays lorrains, née en 1994, a été rebaptisée “Citoyens & Territoires – Grand Est” (CTGE) en 2016 suite à la création de la nouvelle région Grand Est. Membre du réseau national l’UNADEL, elle accompagne élus et acteurs du développement local dans la région. Fin février, j’ai pu m’entretenir avec Kristell Juven, directrice adjointe de CTGE, et j’ai participé à un débat organisé à Velle-sur-Moselle : « Demain, la commune ? ».

Développement local au Sénégal puis en Lorraine

Titulaire d’un diplôme en sciences économique, Kristell Juven a d’abord travaillé sur des projets de développement local au Sénégal avant de revenir en France. Après un passage à Paris, elle rejoint en 2000 la Lorraine et le Carrefour des pays lorrains (association devenue Citoyens et territoires Grand Est en 2016, réseau des acteurs du développement local dans la région) à l’origine pour une mission de coopération décentralisée et de solidarité internationale ainsi que sur le développement du programme Emploi-Jeunes. En charge de l’animation des réseaux, son poste actuel de directrice adjointe rejoint les 4 quatre missions de l’association : capitalisation et transmission d’expériences, organisation de rencontres multi-acteurs ou multi-thèmes, accompagnement et formation auprès des acteurs des territoires, propositions auprès des pouvoirs publics (ex : programmes européens, schémas régionaux…).

Pour être au fait des réformes territoriales, elle a beaucoup lu, s’est formée auprès de collègues plus expérimentés et a profité de son expérience d’élue locale (adjointe sur la commune de Pierre-la-Treiche depuis 2008 et présidente de la communauté de communes du Toulois de 2013 à 2016). Au moment des débats parlementaires sur la loi NOTRe de 2015 (considérée comme l’acte 3 de la décentralisation), elle était ainsi en capacité de former son propre avis. Si elle est montée en compétence sur les questions fiscales et juridiques notamment, elle tient à rester généraliste : « il en faut, la vision globale est nécessaire ».

Du Carrefour des pays lorrains à Citoyens et territoires Grand Est

Quand Kristell est arrivée au Carrefour des pays lorrains, il y avait davantage de militance sur les territoires, aussi bien du côté des agents de développement que des élus locaux. Mais la fusion des territoires s’est accélérée depuis et la façon de faire réseau n’est plus la même aujourd’hui : chacun cherche sa connexion directe avec le préfet dans l’espoir d’être entendu et le lien avec les associations est davantage sur le mode prestataire de services – consommateur. En réponse à un besoin toujours actuel, Citoyens et territoires Grand Est (CTGE, ex-Carrefour des pays lorrains) reste sur des champs larges comme la santé, l’alimentation, la transition énergétique, l’économie de proximité, les services, dans une perspective innovante. Avec ses collègues, elle a ainsi organisé des rencontres et a travaillé sur la mobilité, l’habitat des jeunes ou sur les tiers lieux. Elle alimente aussi une banque d’expériences. Dans l’activité de mise en réseau, CTGE a beaucoup œuvré pour faire se rencontrer les conseils de développement, les animateurs de GAL LEADER, les professionnels du développement social urbain local.

L’association travaille en partenariat avec l’État et ses services, la Région, les départements, la Caisse des dépôts et consignation, ainsi qu’avec des associations d’élus, comme l’assemblée des communautés de France (AdCF), l’association Nationale des Pôles d’équilibre territoriaux et ruraux et des Pays (ANPP) et l’association des maires de France et des présidents d’intercommunalités (AMF).

Les défis actuels

Lors de la réunion du CA de CTGE le 25 février 2019 sont ressortis quelques défis auxquels l’association est confrontée.

Le premier est lié à la création de la nouvelle région Grand Est qui regroupe désormais la Lorraine, l’Alsace et la Champagne-Ardenne. CTGE, historiquement ancré en Lorraine, souhaite travailler au mieux avec la Région (plus de 57 000 km² et 5,5 millions d’habitants) et toutes ses composantes, ayant déjà une culture partagée du développement local, ou pas encore. On trouve des exemples notables aussi bien en Champagne-Ardenne (avec par exemple les Crêtes préardennaises) que du côté de l’Alsace (pionnière en France sur l’habitat coopératif et durable, et avec des expériences locales notables comme à Kingersheim ou Ungersheim…). La réorganisation est encore en cours au sein des nouvelles régions : on ne sait pas à l’heure actuelle ce que deviendront les contrats qui les lient à l’État.

Le deuxième défi est lié au changement de modes de pensée et modèles économiques qui affectent les réseaux associatifs. CTGE équilibre son budget grâce à des prestations de plus en plus nombreuses, notamment pour dispenser des formations. Le monde associatif n’est épargné ni par le découpage thématique (au niveau de l’État par exemple, les actions inter-ministérielles sont loin d’aller de soi), ni par la technicisation croissante (la boîte à outils sans questionnement du sens des projets), ni par la généralisation du système d’appels à projets, d’offres et à manifestation d’intérêt. Dans ce contexte, l’approche globale et transversale, ainsi que la structuration d’un réseau (partage de connaissances et de compétences) sont rendues bien plus difficiles : les subventions se font rares. Ce changement de modèle a un impact fort sur les activités et l’équipe de CPTE, qui ne veut pas se transformer en bureau d’études, mais est de fait fortement contrainte par la réponse à des commandes.

Causer sur la place publique : le couarail

CTGE continue pourtant à organiser des débats sur des enjeux larges, avec la participation de publics variés et en s’affranchissant le plus possible des cadres contraignants de la commande. La rencontre à Velle-sur-Moselle proposée le 26 février 2019 en est une bonne illustration. Évelyne Mathis, maire de cette commune de 300 habitants, a commencé par faire le tour du village et la visite des projets récents et en cours. Parmi ceux-ci, la reconversion d’un ancien corps de ferme en habitat pour personnes âgées, alternatif à la maison de retraite : dessiné par l’agence nancéienne GENS et livré en 2016, le projet a été primé à la 15e Biennale internationale d’architecture de Venise. Dans la salle Georges Chepfer (conteur lorrain), le débat qui a suivi, intitulé « demain, la commune ? », a rassemblé 45 participants : élus (dont sénateur, maires, présidents de communautés de communes ou de pays), professionnels et associatifs, à l’image de la composition du CTGE. . Il a beaucoup été question des rapports souvent compliqués entre communes et intercommunalités et des difficultés rencontrées par les élus locaux. Un pourcentage important de ceux-ci ne souhaitent pas se représenter lors des élections municipales de 2020, tout en restant persuadés que l’engagement local reste fondamental. Le 6 avril, CTGE a également organisé un débat sur l’Europe et la citoyenneté, quelques semaines avant les élections européennes.

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Le 26 février 2019, C&T a organisé à Velle-sur-Moselle, avec Évelyne Mathis maire de cette commune de 300 habitants, un débat intitulé « demain, la commune ? ».

C’est un paradoxe : d’un côté les sondages successifs montrent un fort attachement des français à la commune et de l’autre, un malaise transparaît actuellement chez certains maires, élus municipaux, particulièrement en milieu rural, quant au rôle et à la capacité d’agir de la commune, au rapport à l’intercommunalité, aux citoyens. La moitié d’entre eux pensent ne pas se représenter aux prochaines élections (récente enquête du AMF/CEVIPOF). Dès lors, se poser la question de ce que l’on peut faire et avec qui à l’échelle communale, du lien entre la commune et les autres strates d’organisation territoriale, de l’engagement citoyen à cette échelle, est plus que jamais d’actualité…

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(R)Appel de Carcassonne… 21 octobre .. vers un réseau régional en Occitanie

Le samedi 21 octobre dernier s’est déroulé, dans les locaux du conseil général de l’Aude, une rencontre d’acteurs du développement local en Occitanie.

Cette journée, baptisée le R-Appel de Carcassonne 21 octobre 2017 , s’est voulue un moment fondateur, 20 ans après la rencontre  “Térritoires d’Avenir” qui avait réuni plus de 1500 personnes en 1997, pour amorcer un travail de réseau dans la grande région entre militants et professionnels de développement.

Avec la volonté de se revoir rapidement autour d’une plate forme de travail et un support associatif.

Appel au financement participatif et solidaire de l’Unadel

Depuis 1992, nous avons vécu ensemble des moments extrêmement forts et des périodes de doute profond, non pas sur le bienfondé de notre engagement mais sur notre capacité à surmonter tous les obstacles, notamment financiers. Faire vivre un réseau national est compliqué y compris et surtout quand tout le monde s’accorde à reconnaître son utilité pour la cohésion et pour favoriser l’expérimentation, l’innovation et la construction de nouveaux possibles collectifs.

A chacune de ces étapes les acteurs du développement local ont répondu présent et se sont mobilisés. Nous voulons croire qu’il en sera encore de même cette fois-ci parce que l’action de l’Unadel est reconnue et attendue, que les partenariats traditionnels avec le Commissariat général à l’égalité des territoires, la Caisse des dépôts et Mairie-conseils sont en cours de renouvellement.

Des actions de formation et d’accompagnement sont programmées dans diverses régions ainsi que dans le cadre de la coopération internationale, une nouvelle campagne d’adhésion est lancée.

Les rencontres organisées en région et les écoutes territoriales qui font la spécificité de notre réseau permettent d’élargir le cercle de nos adhérents, notre savoir-faire et notre expérience ont fait leur preuve, que ce soit dans l’animation des plateformes collaboratives comme le Carrefour des métiers du développement territorial ou dans l’aide à l’installation et à l’animation des conseils citoyens et des conseils de développements dans les pôles, les pays et les intercommunalités.

Notre manque de trésorerie et de fond de roulement provient :

  • des délais de négociation des contractualisations,

  • de la frilosité des banques qui préfèrent nous facturer des frais sur des dégagements financiers autorisés dans le cadre de la loi Dailly plutôt que d’ouvrir une ligne de trésorerie dans l’attente des notifications de subventions,

  • de l’augmentation de nos charges de fonctionnement pour nous permettre de faire face au développement de notre activité

  • de l’obligation de développer et de diversifier l’activité et les prestations pour réduire notre dépendance,

  • des contraintes qui nous sont imposées et qui ont conduit à accepter de porter des actions, indispensables pour rester partenaires, mais insuffisamment financées et finalement déficitaires.

Le paradoxe est que nos budgets augmentent d’année en année avec le développement de nos actions mais que les recettes afférentes s’échelonnent sur plusieurs exercices et servent la plupart du temps à financer des dépenses réalisées sans nous permettre de dégager les marges nécessaires pour prévoir les dépenses à venir.

Aussi le conseil d’administration a décidé de réduire les dépenses de fonctionnement en prenant plusieurs mesures contraignantes comme celle de ne pas remplacer la déléguée générale pendant une période de 6 mois, de coopter un nouvel administrateur en la personne de Jean Maillet et de lui confier le secrétariat général de l’association qu’il assurera bénévolement pendant cette période, et enfin de reconstituer la trésorerie en faisant appel au financement participatif incluant l’adhésion au réseau.

Toutes les contributions peuvent être apportées, quel que soit leur montant.

Vous trouverez toutes les indications pour nous envoyer votre contribution dans le bulletin de soutien.

Bien entendu nous nous engageons à rendre compte régulièrement du résultat de cet appel.

Nous devons garantir notre indépendance et honorer nos charges actuelles et à venir d’ici l’été, ce qui ne permet pas d’envisager de contreparties à votre don. Les engagements de nos partenaires financiers nous permettront ensuite de reprendre un suivi de gestion normal.

Comptant sur votre bonne compréhension, votre soutien et votre engagement selon vos moyens, je vous remercie de votre confiance et vous invite d’ores et déjà à participer à notre prochaine assemblée générale qui se déroulera le vendredi 10 juin à l’assemblée nationale.

Fidèlement vôtre et pour le conseil d’administration

Claude Grivel, président

Un nouveau secrétaire général pour l’Unadel

Arrivée de Jean Maillet comme secrétaire général de l’Unadel

11 avril 2016. Le conseil d’administration a coopté un nouvel administrateur, Jean Maillet, à qui il a été confié une mission de secrétariat général du réseau, en lien direct avec le président, le bureau et les collaborateurs.

Il assurera cette mission jusqu’à l’automne à titre bénévole.

Pour le joindre:  jean.maillet@unadel.org