Coopération métropolitaine : une voie de réconciliation avec le Politique ?

Publié le 12 février 2006 | dans Lu ou vu pour vous | par Jean Maillet
De Jacques Petit, membre du Comité de développement du Grand Lyon.
De nombreux discours et écrits dénoncent régulièrement la morosité des Français et leur défiance grandissante vis à vis de la vie politique. Le souhait d’une démocratie plus participative est souvent exprimé au sujet de la société civile ou de la société du savoir. Rares sont pourtant les occasions concrètes de mise en œuvre proposées à nos concitoyens et qui seules pourraient amorcer une telle avancée.

 

Une opportunité de ce type risque aujourd’hui de passer inaperçue par beaucoup de Français : l’Appel à coopération métropolitaine de la Datar qui vient de sélectionner 15 métropoles parmi les plus importantes de France. En effet l’Etat s’engage à accompagner un maximum d’acteurs de ces territoires afin qu’ils puissent réfléchir avec leurs élus locaux à un devenir partagé. Il s’agit de relever des enjeux de visibilité et d’attractivité au sein de l’Union Européenne. Une alliance stratégique est préconisée entre des grandes villes de France qui prises isolément ont un déficit dans ces deux domaines par rapport à leurs concurrentes en Europe. Le processus est suffisamment long, il se déroulera jusqu’à fin décembre 2006 et structuré, il mettra en œuvre des groupes de travail par thème, pour assurer une réflexion de fond.

 

 

Cette initiative aborde deux axes de progrès essentiels à notre pays. Elle mérite d’être  partagée par tous ceux qui espèrent une amélioration de nos performances:

 

Sur le plan civique et politique ce texte sollicite spécifiquement la société civile citoyenne dans le cadre notamment des Conseils de développement. Ceux-ci sont installés aujourd’hui dans la plupart des grandes agglomérations dynamiques par des collectivités qui souhaitent les associer à leur réflexions prospectives. Leurs délégués seront conviés au coté de ceux des CCI, des Autorités organisatrices de transport, du Monde universitaire, des Inter-scot à participer aux groupes de travail pour y apporter notamment le regard du bon sens et d’une ambition collective. Il y a là l’amorce en France d’une culture de collaboration entre des entités qui souhaitent restées « concurrentes » mais ne renoncent pas pour autant à réaliser ensemble les progrès qu’elles ne peuvent réaliser seules. Les exemples tels que ceux de Metz/Nancy, de Lyon/Grenoble, de Rennes/Nantes…. sont autant de perspectives nouvelles de succès pouvant améliorer l’efficacité des régions françaises dont ces métropoles sont les moteurs.

 

Sur le plan du développement économique, bien qu’occulté par la légitime médiatisation organisée autour des Pôles de compétitivité, l’Appel à coopération apporte à ces derniers une complémentarité décisive. Le croisement de filières technico-industrielles avec les ressources de l’économie territoriale doit permettre un fort ancrage par le territoire dans l’esprit des clusters anglo-saxons. En effet les recommandations qui seront faites par les groupes de travail, préfigureront les très importants investissements financiers qui se négocieront lors des prochains Plans Etat/Région. Elles pourront viser tant la mobilisation de ressources financières régionales qui font encore défaut pour les étapes de pré-industrialisation, que toutes les synergies nécessaires avec les filières connexes, que la mise à disposition des fonctions métropolitaines supérieures indispensables et la constitution de territoires dits « intelligents » offrant un contexte attractif et convivial.

 

A cet égard il est intéressant de noter qu’hormis l’Ile de France (qui n’est pas concerné par l’Appel ; est-ce une autre raison de l’absence de communication ? ) la quasi totalité des Pôles, qu’ils soient à vocation mondiale ou régionale, est située dans les 15 territoires retenus par la Datar.

 

Ce n’est pas une coïncidence fortuite encore devons-nous en être conscients, être créatifs et bâtir sur la convergence exceptionnelle qui est actuellement offerte.

Auteur : Olivier Dulucq