Emplois-jeunes : morts et ressuscités…

Publié le 25 août 2005 | dans Politique associative | par Jean Maillet
Mesure phare du gouvernement Jospin, vilipendée, honnie et supprimée par le gouvernement Raffarin, ressuscitée par le gouvernement Villepin. Comprenne qui pourra…

Le Conseil des ministres, pour sa rentrée, a annoncé l’embauche, d’ici fin 2005, de 20 000 jeunes pour des emplois vie scolaire.

Cette mesure, qui s’intègre dans le plan Borloo, ne peut susciter que quelques menues interrogations.

Il est évident désormais que c’est par réaction idéologique que le gouvernement Raffarin, premier du nom, avait décidé de stopper en rase campagne le dispositif nouveaux services – emplois jeunes, imaginé et conduit par Martine Aubry. L’analyse qui avait été faite alors, on n’imagine en effet pas qu’une telle mesure ait pu être prise sans réflexions poussées, n’a désormais plus court. On se perd quelque peu en conjectures sur cette volte-face.

Ils étaient dénoncés alors, par Jean-Pierre Raffarin, comme “précaires et pesant lourdement sur les finances publiques”. Le nouveau dispositif ne prévoit que des contrats de 6 à 24 mois et quasi intégralement dans le cadre de l’éducation nationale. Certes, Jean-Louis Borloo s’est vanté, en son temps, d’avoir lui voté, comme député, le dispositif emplois-jeunes.

Mais errare humanum est…

Autre motif d’interrogation, le profil de ces futurs emplois vie scolaire. L’on avait pu, à juste titre, regretter que les précédents emplois-jeunes soient surqualifiés. Ce dispositif, au départ centré sur la création de nouveaux services et non pas sur l’insertion professionnelle de jeunes en difficulté, avait donc fini par laisser sur le carreau les jeunes en difficulté. Les nouveaux emplois vie scolaire sont tournés vers l’accompagnement des jeunes en difficulté, dans le cadre scolaire. Les futurs bénéficiaires de ces emplois seront les jeunes en difficulté, sortis en échec la plupart du temps du cadre scolaire. Cela peut interroger quelque peu sur le pari pédagogique… Il n’est pas question de condamner a priori, mais un contrat de 6 à 24 mois ne facilitera pas l’investissement de ces jeunes et leur formation.

Qu’il y ait des jeunes en difficulté à l’école, c’est évident. Qu’il y ait des jeunes en difficulté pour accéder à l’emploi, c’est tout aussi évident. Que les seconds doivent accompagner les premiers, c’est moins évident !

Auteur : Olivier Dulucq