Lassalle de garde !

Publié le 21 mars 2006 | dans Autres catégories | par Jean Maillet

Le député UDF béarnais, Jean Lassalle, entame sa troisième semaine de grève de la faim, dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Tenu au courant, jour après jour, par l’association des populations des montagnes du monde, nous n’avons pas d’emblée réagi. Il est, en effet, quelque peu dérangeant de voir un élu "se mettre ainsi en spectacle". Mais d’interviews en portraits dans la presse, cette ambiguité a été estompée. Viennent le temps de la solidarité et des questions posées par ce spectaculaire combat.

Jean Lassalle veut alerter sur ce qui lui semble être la délocalisation annoncée d’une entreprise de la vallée d’Aspe.Cette usine ne va pas partir à l’Est ou en Chine, mais migrer de 150 km vers la ville. Si l’on ne s’interroge qu’en termes de capitaux, d’économie, c’est tout sauf un drame. Mais, le combat de Jean Lassalle nous invite à poser la question en termes humains, ce qu’il écrivait déjà, après son périple aux négociations de l’OMC à Cancun : "être humain à Cancun".

Se pose aussi la question du rôle, des capacités de l’élu face à l’économique. Il peut dépenser sans fond pour encourager implantations et créations d’activités, mais il se trouve fort démuni une fois l’hiver venu… On voit se multiplier les annonces et contrats pour faciliter embauche et licenciement, mais comment travailler à la durabilité de l’investissement des entreprises sur un territoire ? Les réactions politiques sont nettement moins nombreuses…

Jean Lassalle, dans Libération du jour, pointe aussi l’incohérence du "patriotisme économique". Tous ensemble pour "sauver" Danone ou Suez, tous silencieux ensuite. Dans le triptyque politique – économique – social et culturel, le politique est bien démuni. Il suit l’économique, tâche parfois de devancer ses demandes, mais c’est le plus souvent sans contrepartie et sans contrôle.

Cette question du rôle de l’économique sur les territoires, fussent-ils de projets, se doit d’être plus fortement appréhendée. C’est peut être le sens du message intransigeant de Jean Lassalle. En garde !