Le médecin de campagne ?

Publié le 31 janvier 2006 | dans Politique de développement rural | par Jean Maillet
Bénassis, le héros de Balzac, peut revenir s’installer en Savoie… Saint laïc, ami du pauvre, le médecin reviendra à la campagne avec 20% de plus !

Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a annoncé mercredi 25 janvier son plan pour lutter contre la désertification médicale qui touche de plein fouet un grand nombre de territoires ruraux, voire quelques quartiers urbains.

Si le principe du numerus clausus prévoit que le nombre de futurs médecins soit fixé annuellement par l’Etat, il n’existe aucune mesure qui permette réellement d’influer sur la localisation des médecins généralistes. Or, les études prospectives qui se multiplient à l’initiative d’un Pays, d’un département ou d’une région montrent que les scénarii catastrophiques laissent envisager de véritables déserts médicaux.

La mesure phare est de “gagner en quatre jours à la campagne ce que des confrères gagnent en cinq jours en ville…”, soit une augmentation de 20 % du remboursement de la consultation au médecin pour un prix inchangé pour le patient. Cette mesure s’inscrit dans la loi sur le développement des territoires ruraux qui avait évoquée les aides à l’installation par les collectivités territoriales, sans que l’on ne voit, alors, clairement les mesures incitatrices de la part de l’Etat.

Profitons en au passage pour relire ce court chef d’oeuvre de Balzac. Benassis le héros est non seulement médecin, mais il est aussi maire. Et l’on voit se dessiner derrière le programme politique d’un Balzac qui envisageait de se présenter à la députation. Il nous fait partager sa visIon du monde: une économie libérale et inventive qui se développe sans cesse mais dont le seul but n’est pas le profit individuel mais l’amélioration du niveau de vie de la communauté, “l’avenir c’est l’homme social”. Chiche !

Auteur : Olivier Dulucq