Et si l’on sauvait le département pour de bonnes raisons ?

L’on sent plus fortement depuis le 11 janvier 2015 que notre modèle républicain, notre « vivre-ensemble » est fragile, largement illusoire dans certains territoires de la République, que le communautarisme nous guette et qu’il est plus que temps d’agir, de réagir, avant qu’il ne soit trop tard.

France, départements.

France, départements.

Les recettes ne sont pas simples à trouver. Le Premier Ministre se perd dans des formules à l’emporte-pièce, et ses concurrents de tous bords ne sont pas en reste. L’on soupçonne pourtant que cela passe par de la proximité, par de féconds partenariats avec la société civile, par de la différenciation, de l’expérimentation, l’on serait presque tenté de dire de la dentelle.

Et si c’était là la seule vraie raison de sauver les départements, plus précisément les conseils départementaux, que Manuel Valls dans son discours de politique générale euthanasiait en douceur et que la loi Notre, en cours de discussion au Parlement, dévitalise.

Parions fortement, pleinement sur des départements garants de la cohésion sociale, hérauts de la République se remémorant qu’elle se doit de mettre en œuvre la liberté, l’égalité et la fraternité.

Des départements pleinement sociaux, chargés, en lien avec le ministère de l’Intérieur, de surveiller l’exercice des cultes, missionnés par toutes les collectivités pour œuvrer à la prévention de la délinquance, travaillant à la sécurité publique, en lieu et place d’improbables polices municipales.

Des départements fièrement acteurs de la justice de proximité, de la médiation, de l’intégration des personnes en situation de handicap. Bref, l’échelon territorial de mise en œuvre différenciée des seules politiques régaliennes de l’État.

Alors oui, il faudra sauver les conseils départementaux, pas simplement pour complaire aux radicaux de gauche. Alors oui, il faudra contraindre les départements d’arrêter le tourisme, les transports inter-urbains, les collèges et autres ingénieries publiques.

Plutôt que de se battre pour survivre, en faisant un peu tout et parfois n’importe quoi, sans réels moyens d’agir, si les départementalistes prenaient pleinement au sérieux la plus grande des missions que les français leur demandent : nous rassembler, nous ressembler.

Comme disait Michel Dinet, militant du département de Meurthe et Moselle

« la responsabilité tant des élus que des cadres des collectivités territoriales consiste tout autant à construire et piloter des politiques publiques répondant aux défis sociaux contemporains que de veiller, à travers la manière même dont celles-ci sont mises en œuvre, à reconstituer des liens de confiance pour tisser un vivre ensemble fraternel et solidaire. »

Or des départements taillent aujourd’hui dans les budgets de prévention de la délinquance, de protection de l’enfance ou d’insertion. Ils courent le risque de démontrer ainsi leur inanité.

Si l’on élève le social au rang des priorités de la Nation, cela justifie de sauver les conseils départementaux, d’aller voter les 22 et 29 mars et d’éviter que les séides de la droite nationaliste en prennent les commandes.

 Olivier Dulucq, administrateur de l’Unadel