Plus de place pour les habitants dans la gestion communale : une commune vosgienne relève le défi !
Créé par délibération du conseil municipal le 23 avril 2026, le Comité Participatif des Picosés (CPP) concrétise un engagement de campagne de l’équipe municipale entrée en fonction en mars 2026 : être à l’écoute et associer davantage les habitants à la réflexion sur les projets de Dommartin-lès-Remiremont.
Un comité composé d’habitants
Le CPP réunit vingt habitants bénévoles : quatorze retenus parmi les trente-quatre candidatures reçues lors de l’appel public et six désignés par tirage au sort sur les listes électorales. La composition a été établie avec une attention portée à la parité, à la diversité des générations et à la représentation des différents hameaux et écarts du village de près de 2000 habitants.
Officialisé par arrêté du maire le 8 juin, le comité a été installé le 13 juin 2026. Son renouvellement par moitié tous les deux ans permettra à d’autres habitants de rejoindre cette démarche. Le maire et la 1ère adjointe sont les interlocuteurs privilégiés du comité. Un animateur et une secrétaire du comité ont été choisis parmi les membres lors de la réunion d’installation.
Échanger, proposer et éclairer les décisions
Le CPP est une instance consultative : il formule des avis et des propositions sur les sujets soumis par le maire ou le conseil municipal. Il peut également proposer lui-même un sujet, une fois par an, avec l’accord d’au moins deux tiers de ses membres.
Son règlement intérieur et sa charte d’engagement fixent les principes des échanges : écoute, respect de la parole de chacun, intérêt collectif et confidentialité lorsque celle-ci est nécessaire. Les membres ont convenu de se réunir autant que de besoin et au moins une fois par trimestre. Dans les faits ils se sont déjà réunis 4 fois en 5 mois et ont réalisé une visite de terrain avec les élus. Leurs avis sont transmis à la municipalité ; le conseil municipal conserve la responsabilité des décisions et s’engage à faire connaître les suites données aux propositions formulées par écrit.
Un premier travail consacré aux jeunes
Saisi par la municipalité sur l’opportunité d’un équipement de loisirs destiné aux jeunes, le CPP a choisi de commencer par recueillir leurs attentes. Un questionnaire a été réalisé et diffusé à destination des jeunes sur les supports de communication de la commune, par les réseaux sociaux et par voie de presse.
Au 30 septembre, 84 réponses avaient été enregistrées. Elles font ressortir une forte demande d’espaces dédiés, notamment un city stade, un skatepark et/ou des équipements de fitness, dans un environnement propre, ombragé et sécurisé, plutôt en proximité des écoles et du centre bourg, accessible à pied ou à vélo.
Une visite de terrains communaux, organisée le 6 octobre avec des élus, a permis d’examiner les possibilités d’implantation.
Une expérience à suivre ?
Un tel comité peut être une fausse bonne idée et ne pas engager vraiment les élus à fonctionner de manière plus démocratique, encore moins à développer la codécision. Cependant il a déjà permis de faire passer un message : on ne décide pas pour les jeunes mais avec eux. Autre message : il y a des risques de frustration et de désaffection si les travaux ne produisent pas d’effets notables. L’envie de participer dans la durée sera vérifiée si le fonctionnement communal permet plus de transparence dans les décisions et si la volonté politique de faire avec ne faiblit pas avec une certaine routine qui peut s’installer ou sous la pression des contraintes budgétaires notamment.
D’ores et déjà les habitants ont pu constater un réel effort d’information et de communication des élus et de l’administration communale. 3 élus de l’opposition sur 4 ont choisi de s’investir avec les élus majoritaires dans tous les chantiers engagés et dans le fonctionnement au quotidien de la municipalité.
L’administration communale joue également le jeu. Les moments festifs témoignent d’un rapprochement entre quartiers, entre générations, entre élus et habitants. On n’est pas dans une convention citoyenne mais on n’est plus dans le fonctionnement a minima d’un conseil municipal qui ratifie les décisions du maire et des adjoints.
A suivre…
Claude Grivel

