La formation en ligne “Territoires et développements : changeons d’époque” revient dès aujourd’hui !

En raison de la situation exceptionnelle liée à la crise sanitaire, la troisième session du MOOC (formation en ligne) sur le développement local intitulé “Territoires et développements : changeons d’époque” est ouverte dès le 23 mars et jusqu’à mi-juillet (inscription jusqu’au 29 juin)


Nous avons ouvert l’intégralité des séances afin que vous puissiez suivre le MOOC à votre rythme.

Notion à la fois ancienne et fortement questionnée par la période actuelle, le développement local impacte directement les sujets du quotidien : l’alimentation, les mobilités, l’éducation, l’économie ou la santé, mais aussi les questions de participation. Cette notion est pourtant bousculée par un contexte de mutations multiples et les transitions écologiques, administratives ou démocratiques que nous traversons ou cherchons à mettre en œuvre appellent d’autres façons de penser et de faire le développement des territoires.

Il s’agira au cours des quatre séances de ce MOOC, publiées sur la plateforme FunMooc, d’explorer les notions de Développement et de Territoire pour aller vers l’idée que le bien commun d’un territoire incarne l’enjeu de son propre développement. Les enseignements dispensés par des intervenants professionnels du développement des territoires permettront à l’apprenant de construire une vision transversale et complémentaire de ce que pourrait être le développement des territoires à l’avenir.

Pour accéder aux cours :
Inscription (jusqu’au 29 juin)

Pourquoi une formation en ligne sur le développement des territoires ?

Le développement des territoires est une notion à la fois ancienne et fortement questionnée par la période actuelle. De plus, le développement de chaque territoire impacte directement les sujets du quotidien : l’alimentation, les mobilités, l’éducation, l’économie ou la santé… mais aussi les questions de participation.

Qui prend part à quel développement ? Dans quel but ?

Ce croisement entre objet du quotidien et question participative, est actuellement bousculé par un contexte de mutations multiples. Les transitions écologiques, administratives ou démocratiques que nous traversons ou cherchons à mettre en œuvre, appellent d’autres façons de penser et de faire le développement des territoires.

Tout en prenant en compte les singularités de chaque territoire, apparaissent aussi des points communs :

  • des constats partagés : une distance entre les institutions publiques et les citoyens, et parallèlement l’émergence de multiples initiatives plutôt locales.
  • des objectifs communs : faire autrement et faire ensemble pour assurer un développement durable partout et pour tous.

Cette formation en ligne débute par une exploration des notions de Développement et de Territoire pour aller vers l’idée que le bien commun d’un territoire incarne l’enjeu de son propre développement.

Une grande diversité d’acteurs a contribué à cette formation afin de construire une vision transverse et complémentaire de ce que pourrait être le développement de nos territoires à l’avenir. Ainsi des techniciens, des associatifs, des chercheurs et des formateurs proposeront leur travaux et leurs expériences pour vous apporter des pistes de réflexions et d’actions concrètes pour expérimenter et s’inspirer les uns des autres.

Samedi 5 octobre : Rencontres fertiles à Ayguesvives (Haute-Garonne)

L’Unadel et Territoires et citoyens en Occitanie ont le plaisir de vous inviter aux « Rencontres fertiles », place du marché des initiatives citoyennes de développement local en Occitanie.

La journée commence à 9h15 et se tiendra dans la salle de l’Orangerie à Ayguevives (Plan)

Lire et télécharger le flyer, avec programme et plan d’accès

Attention, l’inscription est obligatoire (participation aux frais de repas de 15 €) : http://territoiresetcitoyens.fr/?InsCriptionPDM

Déjà plus de 100 participants inscrits, voir qui y sera.

Les objectifs de ces rencontres

– Réunir les différents acteurs.trices qui agissent sur leur territoire dans une logique de « bien commun »,

– Permettre des échanges de pratiques, des repérages d’initiatives, des connexions fructueuses en proposant des . supports innovants,

– Susciter des envies d’agir en collectif,

– Alimenter notre vision de la société et de ses évolutions avec une entrée par le territoire, la gouvernance démocratique, la coopération, la participation, l’éducation populaire…

Les publics visés

– Agents et élus de collectivités locales en lien avec l’innovation territoriale locale, durable, la participation citoyenne, l’économie sociale et solidaire…

– Entreprises, associations, citoyen.ne.s oeuvrant dans le champ des transitions : écologique, économique, sociale, démocratique, institutionnelle…

Le programme

9h15 : Accueil café croissant

10h00 : On fait connaissance, Brise-glace ludique et créatif

10h15 : On donne à voir et à connaître des initiatives : BarCamp, découvertes d’initiatives en région

11h45 : On identifie ce qui est commun : Qu’y a-t-il de commun à toutes nos expériences ? / Initiation à la pensée visuelle et production collective

13h00 : Apéro des territoires : Apportez une spécialité à partager / Buffet de produits du Lauragais

14h30 : On produit, on invente on se projette : Forum ouvert « faire réseau aujourd’hui », choisissons les thèmes sur lesquels avancer ensemble !

16h00 : On respire, on s’inspire : Les territoires à la loupe…!

Regards croisés de Laurence Barthe (enseignant chercheur en géographie, aménagement à l’Université de Toulouse), Benoît Prévost (maître de conférences en sciences économiques à l’Université de Montpellier)

Analyse à partir de l’étude de 42 initiatives rencontrées par Coline Babaudou (Master APTER et stagiaire TCO au printemps 2019)

17h00 : Fin de la journée : Perspectives du réseau régional

Voir également la liste des initiatives qui seront présentées

Plus d’infos et contact (TCO) : http://territoiresetcitoyens.fr / reseau.tco@gmail.com / 07 67 77 76 43

Grand Est #3 / De la laine pour des matelas, des emplois pour la Lorraine

L’entreprise à but d’emploi De laine en rêves, installée en Meurthe-et-Moselle, valorise le travail des éleveurs et emploie six personnes.

Article de Sylvain Adam publié dans la revue Transrural initiatives n°475 / juillet-août 2019

Lire et télécharger cet article au format pdf

Matelas, couettes, oreillers, coussins… Depuis le printemps 2018, De laine en rêves transforme la laine de moutons élevés en Lorraine en produits de literie. L’entreprise est installée sur la Communauté de communes du Pays de Colombey et du Sud Toulois, un territoire rural de 11 500 habitants1. Refusant de considérer la privation d’emploi comme une fatalité, le territoire s’est porté candidat pour l’expérimentation nationale Territoires zéro chômeur de longue durée (cf. TRI n°454). En 2016, il a été retenu comme neuf autres territoires en France et accueille aujourd’hui deux entreprises à but d’emploi (EBE) : la Fabrique à Bulligny et De laines en rêves à Allain.

Cette dernière est désormais une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) où six anciens chômeurs de longue durée travaillent : Basile, Cosette et Catherine en tant qu’agents de production, Claude pour le secrétariat et la partie commerciale, Djefferson pour un service de tonte de moutons et Philippe, gérant et lui-même ancien tondeur avec trente ans d’expérience. Comme dans les autres EBE, tous sont employés en CDI et payés au SMIC. La réaffectation des coûts et des manques à gagner liés la privation durable d’emploi (environ 18 000 € par personne et par an) assure le versement des salaires et une activité répondant aux besoins du territoire.

 

Valoriser la laine des élevages de Lorraine

Une trentaine de matelas sortent chaque mois de l’entreprise qui propose trois types de conforts – souple, mi-ferme, ferme – pour ces matelas faits main, anti-bactériens, anti-acariens et durables, vendus environ 1 000 € pièce. Les sommiers et la literie sont fabriqués en partenariat avec la Fabrique, l’autre EBE du territoire, où travaillent des menuisiers et ébénistes.

Grâce à des reportages, à la participation à des salons locaux et aux réseaux sociaux et, bien sûr, au bouche-à-oreille, De laine en rêves se fait connaître et les commandes affluent. Si bien que le gérant souhaiterait ouvrir prochainement un site de vente.

Valoriser localement la laine semble aller de soi mais, avant la création de l’EBE, elle était bradée à 40 ou 50 centimes le kilo et majoritairement exportée en Asie. Comment lui redonner de la valeur et assurer quelques revenus aux éleveurs – qui ne parvenaient même pas à couvrir les frais de tonte –, tout en étant attentif au principe de non concurrence avec les entreprises locales ? L’idée de produire des matelas est venue suite à une étude réalisée par la communauté de communes et une étudiante de l’Ensaia2. Contrairement au textile, produire des matelas nécessite une laine gonflante et un matériel relativement limité. Aujourd’hui, treize éleveurs de la région – avec des cheptels allant de 25 à 1 000 moutons – sont intégrés à la SCIC qui leur achète la laine à 1,50 € le kilo.

 

Maîtriser l’ensemble du processus

Entre la tonte et la transformation de la laine, il y a une étape essentielle : le lavage. Comme il n’existe pas actuellement de station dans la région, Philippe fait lui-même l’aller-retour à Verviers en Belgique où 100 tonnes de laine sont lavées tous les jours. Pour ancrer l’ensemble de la chaîne de production localement, l’idée est de créer une station de lavage à proximité, plus petite que celle de Verviers et surtout plus « propre ». Philippe espère que ce projet verra le jour dès la fin de l’année.

Sylvain Adam (Unadel)

 

Plus d’infos : www.de-laine-en-reves.fr et www.facebook.com/De-laine-en-r%C3%AAves-167319087455217.

  1. Pour en savoir plus sur cette communauté de commune pionnière du développement local, lire un entretien avec son directeur Xavier Loppinet sur : https://unadel.org/grand-est-2-rencontre-avec-avec-xavier-loppinet-colombey-les-belles-et-sud-toulois/

  2. École nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires de Nancy.

Rencontre apprenante le 20 septembre à Sarrant (Gers)

Le vendredi 20 septembre 2019, de 9h30 à 17h30 à la librairie Tartinerie (place Eglise 32120 Sarrant)

Inscription obligatoire : https://www.helloasso.com/associations/unadel/evenements/rencontre-apprenante-autour-du-livre-vous-avez-dit-developpement-local

(achat du livre sur place, 25 € et possibilité de déjeuner sur place, participation au repas, 10 €)

Affiche et programme complet à lire et télécharger

La librairie des territoires, l’Unadel et Territoires et citoyens en Occitanie (TCO), avec le soutien des Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, ont le plaisir de vous inviter à une rencontre-apprenante sur le livre “Vous avez dit développement local ?” en présence de Georges Gontcharoff, auteur qui a coordonné l’ouvrage.

Cette rencontre permettra de découvrir et d’approfondir l’histoire et les fondements du développement local, et d’échanger sur les défis et enjeux actuels. En fin de journée, un temps d’échange est également proposé avec l’Unadel, le réseau régional TCO, le Centre de ressources Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine et les Agents de développement de Nouvelle-Aquitaine (ADENA).

Qu’est-ce qu’une rencontre apprenante ?

La Librairie des territoires a développé le concept de « rencontres apprenantes » pour permettre à tout un chacun d’être armé pour, demain, être acteur et auteur de ses projets.

Les rencontres apprenantes visent à :

construire ensemble une culture citoyenne autour d’une thématique qui repose sur un problème social, intellectuel, humain pour participer à une dynamique de décision et d’action territoriale,

utiliser comme outils de réflexion et de travail le livre, la lecture et l’échange,

proposer un programme de travail autour de thèmes qui en émergeront.


Qu’est-ce que le développement local ?

Le livre “Vous avez dit développement local ?” est le fruit d’un travail initié par l’Unadel. Écrit par Georges Gontcharoff et cinquante acteurs militants du développement local, il est publié par la librairie des Territoires.

Cet ouvrage collectif propose une histoire incarnée du développement local. Né dans les années 1960, le développement local est un mouvement ascendant à la fois culturel, économique et social, qui place en son cœur la prise en compte des besoins et des aspirations des habitants, et la valorisation des ressources d’un territoire par et pour les groupes qui occupent ce territoire.

Parce que l’ouvrage “Vous avez dit développement local ?” révèle le pouvoir d’agir issu de l’initiative individuelle et collective des citoyens et d’élus créatifs et visionnaires, il est un recueil de clefs pour comprendre et se projeter dans un monde en profonde mutation.

Socle de transmission de savoirs agissant comme une boussole, il s’adresse aux étudiants, aux chercheurs et à tous les observateurs avisés de la résilience des hommes et des territoires. Il s’adresse aussi aux militants et à tous ceux qui, dans leurs responsabilités respectives, œuvrent pour une société plus juste, plus humaine et plus désirable.

Programme

9h30 : Accueil

10h-12h : Découverte de textes du livre avec les lecteurs
14h-15h30 : Échanges avec Georges Gontcharoff (auteur) et les contributeurs présents

16h-17h30 : Échanges avec l’Unadel, le réseau régional TCO, le Centre de ressources Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine et ADENA

illustration Brigitte Lannaud Levy

Transitions et conduite coopérative du changement, pour développer le pouvoir de vivre et d’agir dans les territoires

Retour sur l’AG de l’Unadel et projet 2019

L’Assemblée générale de l’Unadel a eu lieu cette année le vendredi 17 mai, de 9h30 à 13h à la Fédération des centres sociaux. 32 personnes y ont participé (pour information, il est toujours possible d’adhérer à l’association et de prendre part à ses activités). 

L’ordre du jour de cette AG :

  1. Ouverture et bilan 2018
  2. Chantiers 2019 et perspectives
  3. Élection du CA

Lire et télécharger le Procès-verbal de l’assemblée générale du 17/05/2019

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Lire et télécharger le Rapport moral 2018

Extrait :

L’Unadel fédère, mutualise et fait connaître les savoirs, les savoir-faire, les pratiques et les initiatives qui réenchantent la démocratie et redonnent sens au projet et au collectif. Nos forces restent cependant limitées et nous ne pouvons agir avec efficacité que dans le cadre d’alliances et de partenariats. Il ne sert à rien d’avoir raison tout seul, comme il est dangereux d’avoir tort avec tous. De plus en plus d’acteurs économiques et de corps intermédiaires partagent avec nous la conviction que nous devons travailler au changement de modèle de société, construire une pensée en adéquation avec la finalité et mettre en place des actions concrètes à toutes les échelles pour engager un processus de changement de modèle dans tous les domaines. Il s’agit de provoquer, d’accompagner et de faire vivre les transitions, aussi bien dans la gouvernance – nos concitoyens veulent être associés aux décisions et contrôler directement l’efficacité de leur mise en œuvre – que dans les modes de production et de consommation.

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Lire et télécharger le Rapport d’activités 2018

Extrait :

Cette année aura été également l’occasion de travailler sur la mémoire du développement local avec la réalisation d’un ouvrage de référence « vous avez dit développement local ? », un ouvrage de près de 400 pages avec les témoignages d’une cinquantaine d’acteurs qui ont été à la base de ces pratiques. L’occasion également de travailler à la réalisation d’un MOOC, pour le compte du CNFPT, pour expliquer concrètement ce qu’est le développement local aujourd’hui, à destination des agents des collectivités territoriales et au-delà à ceux qui s’intéressent aux questions d’aménagement du territoire, de transition, de conduite de politique publiques locales. L’occasion enfin de continuer à travailler avec « l’écosystème » associatif et d’organisations qui œuvrent à des places diverses autour des questions de transition sociale et écologique et de participation citoyenne. La fin de l’année, avec l’irruption du mouvement des « gilets jaunes » constitue un rappel du réel qui ne peut que nous interpeller, nous membres de l’Unadel et tous nos partenaires engagés dans les chantiers de la démocratie locale et de la transition sociale et écologique.

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Lire et télécharger le Rapport d’orientations et projet d’activités 2019

Orientations :

  1. Être davantage présent sur la scène publique et médiatique en affirmant un discours politique fort : le pouvoir de vivre et d’agir dans les territoires
  2. Construire une contribution à la réforme du CESE et soutenir l’initiative des gilets citoyens
  3. Améliorer la lisibilité de l’Unadel et nourrir l’envie d’Unadel
  4. Poursuivre les actions et chantiers traditionnels de l’Unadel, et les partenariats qui permettent de faire réseau et de développer des relais en région.
  5. Renforcer la vie associative avec un développement de l’implication bénévole et une articulation administrateur/salarié renforcée sur le suivi des chantiers et sur la constitution d’équipes d’intervention dans les territoires auprès des candidats aux municipales.
  6. Renforcer l’écosystème et les partenariats
  7. Renforcer l’indépendance de l’association
  8. Affirmer nos convictions, notre spécificité et nos analyses

Hommage à Hubert Favre, figure emblématique du développement local

Hubert Favre, figure emblématique du développement local, qui a consacré sa vie à sa terre du Beaufortain, nous a quittés le 5 mai 2019.

Hubert Favre a été à sa manière comme un Paul Houé pour le mouvement du développement local. L’Unadel exprime tout l’attachement que lui doit le réseau de ceux qui l’ont connu, et de tous ceux qui s’en inspiraient.

Il déployait pour son Beaufortain, et bien au-delà, des capacités étonnantes avec une liberté et une audace capables de mettre en mouvement ce qui pouvait paraître parfois invraisemblable. Il a donné et transmis un vrai élan de vie au mouvement du développement local.

Il a été un personnage marquant, qui continuera à nous accompagner en étant une marque forte du développement local.

Après avoir couru toute ma vie pour mon Beaufortain,

Semé des graines d’Associations,

Cultivé des amitiés et la joie d’être Ensemble,

Récolté la mémoire de mon territoire,

Je suis parti tranquillement vers les étoiles.

Je ne sais pas si le Paradis est aussi joli que mes montagnes,

Mais j’y trouverais sûrement des amis,

Avec lesquels nous formerons le club des millénaires !

Arvi Pà

Hubert FAVRE

1932-2019

L’alliance des territoires au service des transitions : retour sur le colloque du 18 juin à Rennes

Sabine Hutareck et Valérian Poyau, de l’Unadel, ont participé au Colloque national « L’alliance des territoires au service des transitions / Urbain, périurbain, rural / Dialoguer, expérimenter et agir ensemble » organisé par le le Pôle métropolitain Loire-Bretagne le 18 juin 2019 à Rennes.

Synthèse des échanges

Dans le contexte de crise et fractures sociales qu’a connu le pays (mouvement des gilets jaunes), il y a un retour vers le local et le renforcement des coopérations entre les métropoles et leurs territoires environnants engagés depuis deux ans.

Certains éléments énoncés sur les métropoles sont infondés :

  • il n’y a aucun effet mécanique/automatique au ruissellement des métropoles vers les autres territoires. Le modèle de développement territorial équilibré est d’abord volontariste et ne doit pas être descendant,
  • le fait que les métropoles capteraient toutes les richesses même si l’emploi qualifié est effectivement concentré dans les métropoles. Le taux de chômage est plus élevé dans la métropole de Rennes qu’à ses portes. Les métropoles concentrent les quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville.

Il faut bâtir des coopérations dans un rapport gagnant/gagnant via les nouveaux enjeux liés aux nouvelles transitions (les sociétés post carbone, les mobilités à une plus grande échelle). Il faut également prendre en compte la réalité des besoins des habitants, faire confiance au local, avoir conscience du défi climatique et ne pas oublier la dimension économique et sociale.

Le local est le lieu de toutes les expérimentations et coopérations sectorielles autour de dispositifs et/ou processus (comme le plan climat-air-énergie territorial), démarches de développement durable, gouvernance polycentrique à l’œuvre autour des communs, dans l’économie sociale et solidaire….

La coopération localisée reste un chantier prometteur mais émergent : il y a encore beaucoup de freins à ce qu’elle se développe massivement (opposition urbain/rural, fief à tenir, peur de perdre du pouvoir, des prérogatives…).

Il y a un lien justice sociale/justice spatiale. La question d’équité territoriale se pose en France car notre État keynésianiste a fracturé spatialement les territoires. Il est nécessaire de mettre en œuvre des gouvernances horizontales à l’inverse de notre culture verticale. Cela ramène aux questions d’organisation de l’État et où l’on situe la justice sociale.

En conclusion sur ce thème : pour réussir les coopérations/alliances entre les territoires, il faut

  • faire évoluer les mentalités (la peur de la grande ville qui « mange » les petits territoires),
  • établir un rapport d’égalité entre les élus quel que soit la nature et taille de leur territoire,
  • se donner du temps pour se rencontrer et travailler ensemble,
  • prévoir des temps réguliers de travail en commun,
  • ne pas oublier que si la notion de dialogue est importante, les objectifs communs que l’on vise, le sont aussi,
  • se donner le doit à l’expérimentation et ne pas oublier que l’on expérimente,
  • faire une place aux citoyens, qui reste à inventer,
  • évaluer les politiques publiques.

Les territoires évoqués en exemple :

  • le Pays de Retz et Nantes Métropole,
  • Angers Métropole et le pôle Métropolitain Loire/Angers,
  • la Région Bretagne et la Breizh Coop,
  • les Mauges,
  • le Pays de Vitré,
  • Brest Métropole,
  • les villes de Rennes et Nantes.

Rapport de l’AITEC : “Collectivités locales, reprendre la main, c’est possible !”

Lire et télécharger le rapport de l’AITEC “Collectivités locales, reprendre la main, c’est possible !”

Le nouveau rapport de l’AITEC « Collectivités locales, reprendre la main, c’est possible ! Politiques publiques de transition démocratique et écologique : résistances et alternatives locales à la libéralisation » se fonde sur une enquête approfondie menée en 2017 auprès d’élu-e-s, d’agents territoriaux, et d’acteur-trice-s du monde associatif. Il met en avant des politiques publiques locales alternatives, plus démocratiques, plus justes et plus durables, à rebours de la libéralisation des marchés, du tout-privé et d’une économie hors-sol.

L’aspiration modeste est de dresser un paysage non exhaustif des contraintes réglementaires que rencontrent les collectivités locales progressistes pour porter des politiques publiques locales de transition démocratique et écologique. Ce rapport propose des pistes pour saisir les opportunités permettant de créer un “écosystème” d’alternatives afin de renouveler ou inventer des formes de gouvernance locale plus démocratiques, justes et durables.

Contact : contact.aitec@reseau-ipam.org

Illustration : Claire Robert

Points que soulève le rapport de l’AITEC et liens avec les actions menées par l’Unadel (par Sabine Hutareck, membre du bureau de l’Unadel) :

Cette étude renvoie à la nécessité d’un développement endogène dans les territoires par rapport au modèle dominant qui est exogène et qui dépossède les acteurs locaux, dont les collectivités territoriales, de leur pouvoir au profit du privé et de grands groupes.

Cette nécessité d’un développement endogène des territoires pour redonner du pouvoir au local et contrebalancer les effets pervers de la mondialisation et de la délocalisation de l’emploi, renvoie aux dynamiques de développement local. Par ses valeurs, ses actions, ses publications et sa mission d’accompagnement au développement des territoires, l’Unadel s’inscrit dans un certain nombre de préconisations du rapport : sur les transitions énergétiques et la mise en réseau des territoires (voir par exemple le rapport de synthèse « Transition et conduite du changement »), sur la mobilisation d’acteurs et l’implication citoyenne (voir par exemple les écoutes territoriales et citoyennes, le Carrefour des métiers, les Journées des territoires)…

Le rapport de synthèse « Transition et conduite du changement » est disponible !

Lire et télécharger le rapport de synthèse « Transition et conduite du changement »

Ce rapport retrace les enseignements que l’Unadel a tirés de sa collaboration à l’étude ADEME de 2018-2019, en partenariat avec Quadrant conseil et JFC3D.

L’Unadel y analyse les ressorts d’une transition énergétique de territoires à partir des exemples :

  • de la ville de Malaunay (Normandie),
  • de la Communauté de Communes du Val d’Ille-Aubigné (Bretagne),
  • de celle des Crêtes Préardennaises (Grand Est),
  • de l’Établissement Public Territorial de Plaine Commune (Île-de-France),

en s’appuyant sur l’expérience de 20 ans de la commune de Loos en Gohelle.

Ce rapport complète utilement les rapports de synthèse des écoutes de territoires en transition réalisées par l’Unadel déjà publiés sur ce site.

 

Comprendre son passé pour préparer son avenir : retour sur la rencontre-débat du 6 mai 2019

Le lundi 6 mai, Georges Gontcharoff, les administrateurs et l’équipe de l’Unadel, tous celles et ceux qui ont contribué à la rédaction du livre “Vous avez dit développement local ?” publié par la librairie des Territoires, ont organisé une rencontre de présentation de l’ouvrage [disponible en cliquant ICI].

Celle-ci a permis d’échanger sur l’histoire et les fondements du développement local, son actualité (enjeux et controverses) et son devenir. Les échanges se sont prolongé autour d’un verre. Organisée avec le concours de Territoires conseil, la rencontre a rassemblé 40 participants dans une salle mise à disposition par la Caisse des dépôts et consignation à Paris.

Extraits du propos d’ouverture, par Claude Grivel, président de l’Unadel :

[…] Parler développement local aujourd’hui, est-ce faire preuve de résistance et de crispation passéiste ? ou n’est-ce pas davantage s’inscrire délibérément dans une approche avant-gardiste de la transformation sociale et sociétale, capable de faire germer les graines de la résilience des territoires et des hommes ?

Pour l’Unadel le développement local est un incubateur de projet, un accélérateur de changement, un levier pour développer la culture de la démocratie d’implication et du débat, comme de la co-construction de politiques publiques adaptées aux besoins et non imposées par les objectifs comptables et la réduction de pseudo déficits.

Le développement local est une méthode, une démarche et un engagement : celui de mettre l’humain au centre, de développer la qualité du vivre ensemble sans oublier l’importance du faire ensemble et de prendre toute sa part des responsabilités ; celle de construire du commun et de la coopération plutôt que de la concurrence et de la compétition.

Le développement local, c’est une histoire et un savoir à partager pour construire demain. […]

Ce livre est un recueil de clefs pour comprendre et se projeter dans un monde en profonde mutation. C’est un socle de transmission de savoirs. Écrit à plusieurs mains autour du métier à tisser de Georges Gontcharoff, dont la plume est toujours aussi précise et alerte, il est mis à disposition des étudiants, des chercheurs et tous les observateurs avisés de la résilience des hommes et des territoires ; il s’adresse également aux militants et à tous ceux qui, dans leurs responsabilités respectives, œuvrent pour une société plus juste, plus humaine et plus désirable. […]

Lire le propos d’ouverture de Claude Grivel en entier

Extraits du texte de Patricia Andriot sur la rencontre du 6 mai :

[…] A travers le rappel historique du développement local tel que présenté dans le livre, et quelques témoignages de contributeurs, la discussion porte sur le chemin parcouru, le sentiment d’une institutionnalisation des politiques territoriales qui n’a pas laissé une vraie place au local et à la créativité citoyenne. Les débats laissent rapidement transparaître un sentiment d’échec quand à la reconnaissance du rôle des mouvements de développement local face aux enjeux actuels. […]

Mais il ne faut pas sous-estimer l’apport des mouvements de développement local à la reconnaissance des territoires, à la culture de l’éducation populaire ou à celle du débat… et à leur reconnaissance par les politiques publiques, qui permettent quand même de maintenir un champs des possibles ouvert pour résister à l’uniformisation et au rouleau compresseur du néo-libéralisme. […]

Selon l’adage qui veut qu’il faut comprendre son passé pour préparer son avenir, cet ouvrage tombe à point nommé en ces temps de grandes transitions, de pertes de repères généralisés et ou le territoire fait figure d’ancrage ou de boussole. A saluer la lucidité d’un mouvement qui ose regarder sans complaisance son bilan, ose dire son incompréhension ou son questionnement pour contribuer aux débats actuels. Cet ouvrage est une riche contribution au débat, qui fait attendre avec impatience le second volume qui devrait analyser la complexité et profiter des enseignements du passé pour participer à l’avenir.

Lire le texte de Patricia Andriot en entier