Retour sur les première séances du séminaire « Le développement territorial d’aujourd’hui et de demain : Postures, ingénierie et savoir-faire »

La première séance du séminaire « Le développement territorial d’aujourd’hui et de demain : Postures, ingénierie et savoir-faire » organisée dans le cadre du Carrefour des métiers du développement territorial, en partenariat avec le LADYSS (www.ladyss.com),  le LabSIC (https://labsic.univ-paris13.fr), le Centre d’Economie de l’Université Paris 13 (https://cepn.univ-paris13.fr) et le réseau Metis Europe, a eu lieu le mercredi 16 janvier à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord.

Photos ADREHS

La conférence de Pierre Antoine LANDEL, intitulée « L’ingénierie territoriale à l’heure de la délibération », a ouvert le séminaire en présence d’une trentaine de participants (Universitaires, Professionnels du DSU, de la démocratie locale, militants associatifs, experts…).

Pierre-Antoine LANDEL est ingénieur en agriculture et diplômé en sciences économiques. Ingénieur en chef des collectivités territoriales, il y a occupé durant 20 ans des emplois de direction dans des collectivités territoriales. Il a rejoint l’Université Grenoble Alpes en 2000, et développe des travaux de recherche dans le domaine du développement territorial, en particulier dans les arrière-pays méditerranéens. Il a en outre été élu local de 2008 à 2013, Vice Président d’une Communauté d’agglomération et Président d’un Syndicat Mixte de SCoT.

Vous trouverez, ci-dessous, le résumé ainsi que le support de son intervention.

La décentralisation à la française a près de 40 ans. Sa construction s’est accompagnée de la mise en place d’une ingénierie territoriale qu’il est intéressant d’interroger. La figure du projet y occupe une place centrale et plusieurs figures des porteurs de cette ingénierie peuvent être évoquées : l’agent de développement, l’administrateur, l’ingénieur, le médiateur etc. Chacune d’entre elle pose la question du rapport avec l’élu, de la construction des compétences, de leur place dans les organisations, des relations avec l’innovation.

La question centrale reste celle de l’autonomie des territoires, pensée au travers de la capacité de leurs acteurs à être auteurs de leur propre projet. Les pays ont parfois permis de penser le passage du statut de territoire de projet à celui de projet de territoire. Avec d’autres cadres, tels que les SCoT, ils ont contribué à faire vivre la notion d’inter territorialité. La notion d’ingénierie de projet, et plus particulièrement, celle d’ingénierie de la participation s’est alors affirmée.

La réforme territoriale engagée depuis 2014 affirme la place centrale des métropoles, et refonde profondément la carte intercommunale, sous l’impulsion des préfets. L’efficacité des services devient le critère de choix, et le citoyen reste le grand oublié. Cette dynamique contribue à la crise de la délibération, pensée comme la capacité des sociétés à débattre, décider et agir. La situation actuelle laisse à penser que la décentralisation n’est plus le cadre de ce renouvellement démocratique. Il se situe ailleurs, et en particulier dans la multiplication des innovations sociales, portées par des collectifs de natures très diverses. Ils mobilisent l’échelle du territoire, mais aussi les lieux et les réseaux, en remettant au cœur la question de la délibération. Peut en parler d’une ingénierie de la délibération, qui deviendrait centrale dans la capacité des sociétés à penser la transition ?

 Support : Présentation Pierre-Antoine Landel

La deuxième séance s’est tenue le Mercredi 13 février 2019 de 14h00 à 17h00, avec les conférences de :

  • Laura SEGUIN (IRSTEA de Montpellier, UMR G-EAU), intitulée « Les apprentissages de la participation. Regards croisés entre dispositifs institués et mobilisations contestataires»,

« Dans le domaine environnemental, la participation peut s’exercer tant dans des dispositifs institués destinés à inclure l’ensemble des acteurs et citoyens dans les prises de décision, que dans des mouvements de contestation voire de résistance à des projets d’aménagement ou à certains usages de l’espace. Ces deux types d’expériences participatives constituent pour ceux qui y prennent part – citoyens, acteurs économiques et associatifs, élus, professionnels des politiques publiques, experts, scientifiques – de véritables lieux d’apprentissages.

Par l’exploration d’une procédure institutionnalisée de participation (une conférence de citoyens sur l’eau), d’une mobilisation contestataire (contre le gaz de schiste) et d’un projet de recherche participatif (un dialogue territorial sur les pollutions agricoles) nous reviendrons sur la diversité des savoirs et savoir-faire développés au cours de ces expériences. Nous nous intéresserons également aux modalités par lesquelles s’effectuent ces apprentissages, donnant à voir et questionnant les méthodes, outils et « ingénieries participatives » mis en œuvre sur ces terrains. »

 Support : Présentation Laura Seguin

  • Jean-Michel FOURNIAU (Directeur de Recherches à l’IFSTTAR, Programme CIT’IN), « L’agir citoyen pour la transition écologique »

Compte rendu à paraître, voir également : https://citin.hypotheses.org/

 

La prochaine séance du séminaire est prévue le mercredi 13 Mars 2019 de 14h00 à 17h00 avec les interventions de Sylvie LARDON (géographe, INRA AgroParisTech Clermont-Ferrand, UMR « Territoires La construction du projet territorial au prisme de l’alimentation : un nouveau levier de développement territorial ou comment inventer notre alimentation de demain ? »  et Pauline SALCEDO, Coordinatrice INPACT Centre (sous réserve de confirmation).